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Malgré la fermeture imposée aux lieux culturels en novembre 2020, La Kunsthalle a fait le choix de maintenir l’exposition La fête de l’insignifiance et de l’ouvrir « à distance » dans un premier temps au public, avec une série de rendez-vous.
Ainsi, le public a été invité à visiter à distance l’exposition, projetée en boucle sur la façade de la Fonderie, le bâtiment qui héberge le centre d’art.
Pendant cette plage de deux heures, un diaporama d’une dizaine de minutes était à découvrir à la convenance de chacun·e !

Marion Aeschlimann et Arthur Debert, "Wuthering", 2020 - Capture d'écran du site Internet

Sélection d’œuvres de l’exposition à voir de chez soi.

Pour faire vivre l’exposition La fête de l’insignifiance en dehors des murs du centre d’art, nous vous invitons à en découvrir les œuvres vidéos, sonores et performées confortablement installé·e·s dans votre canapé. Faites chauffer du pop corn ou un bol de chocolat et rejoignez le Ciné-Club !

Au programme :

  • Marion Aeschlimann & Arthur Debert, Wuthering 3 – Les Martiens, 2020 – performance en direct – disponible en podcat ainsi que les deux précédents épisodes sur : https://wuthering.hotglue.me/
  • Amélie Bargetzi, Mon-Idée, 2017 – vidéo
  • Kaltrinë Rrustemi, Hommage à la Guerre que je n’ai pas vécue, 2019 – capture vidéo et sonore de l‘installation
  • Jannik Giger, Sunday lovers, 2017 – vidéo
  • Eva Borner, Morgen nicht, 2018 – capture vidéo et sonore de l‘installation

Durée une heure environ. Accès libre et gratuit.

Vue de l'exposition "La fête de l'insignifiance", 2020. Flurina Sokoll, "Abounding", 2020 © La Kunsthalle - photo : Sébastien Bozon

Immersion dans l’exposition et l’œuvre de Milan Kundera.

La fête de l’insignifiance, tirée du roman éponyme de Milan Kundera et construite à partir de toute l’Œuvre de l’auteur, propose au visiteur de faire l’expérience d’une aventure romanesque parfaitement ordinaire et pourtant source des plus grandes questions existentielles : la vie humaine.
Une sélection de textes de Milan Kundera sera lue au sein de l’exposition par Emmanuelle Filippi-Hahn, conteuse et Eric Kheliff, comédien.

Accès libre et gratuit.

 

Capture d'écran de la soirée en ligne

Découverte de l’exposition La fête de l’insignifiance devant un verre de vin, à travers les yeux et les crayons d’un·e autre.

La Kunsthalle vous propose un Kunstapéro sous forme d’une dégustation et d’un « Colin-Maillard »* à distance… L’exposition n’étant pas accessible au public, nous vous invitons à la découvrir de chez vous. Via la description orale d’une sélection d’œuvres et par le dessin que réaliseront en direct et à l’aveugle deux illustrateurs·trices, Fanny Delqué et Vincent Vanoli, La fête de l’insignifiance vous sera peu à peu dévoilée. Chaque œuvre dessinée sera ensuite confrontée à sa photographie commentée par Leïla Couradin, commissaire de l’exposition.

Afin de garder l’esprit du Kunstapéro, Nicolas Jeangeorges et Dominique Bannwarth ont sélectionné un vin en écho à l’exposition et qu’ils vous présenteront : Muscat d’Alsace Mittelweg, 2019 – Domaine Gross (Gueberschwihr)

* Protocole de visite d’exposition Colin-Maillard
Visite en duo mise au point par le Laboratoire de Tourisme Expérimental de Strasbourg (Latourex). Privé de la vue par un bandeau, le visiteur est guidé par son binôme qui lui fait découvrir les œuvres avec une description orale personnelle. Jouant sur une approche subjective, cette découverte verbale peut être suivie, au choix, d’une visite où, la vue retrouvée, le visiteur confronte son imaginaire à celui de l’artiste et des œuvres décrites.

Accès libre et gratuit sur la chaîne Youtube de La Kunsthalle.

En partenariat avec la Fédération Culturelle des Vins de France et Mulhouse Art Contemporain.

L’exposition La fête de l’insignifiance, construite à partir de l’œuvre de Milan Kundera, propose aux visiteurs·ses de faire l’expérience d’une aventure romanesque parfaitement ordinaire et pourtant source des plus grandes questions existentielles : la vie humaine.

La fête de l’insignifiance réunit des artistes qui ouvrent différentes portes d’accès au monde et tentent de percer le mystère de l’existence humaine, alors même que « le sens de la vie, c’est justement de s’amuser avec la vie ! »1. On y découvre les thématiques du kitsch et de l’humour, de l’identité et de l’altérité, de la matérialité du monde et de l’ironie de l’Histoire. Les chapitres de l’exposition s’enrichissent de séries de réflexions qui se déploient dans l’espace, se répondent avec légèreté ou se contredisent avec aplomb. Composée comme une pièce musicale faite de variations, l’exposition interroge les règles qui s’y jouent avec malice : une grande fête de l’insignifiance où, comme les personnages des romans de Kundera, l’on refuse d’être sujet d’une épopée trop sérieuse.

Marion Aeschlimann & Arthur Debert, Pável Aguilar, Amélie Bargetzi, David Berweger, Eva Borner, Vincent Gallais, Jannik Giger, Danae Hoffmann, Kaltrinë Rrustemi, Flurina Sokoll

Curatrice / Kuratorin : Leïla Couradin


[De]

Aufgebaut nach Milan Kunderas Werk bietet die Ausstellung Das Fest der Bedeutungslosigkeit dem Zuschauer an, eine ganz gewöhnliche, literarische Erkundungsreise anzutreten, die doch zu den größten existentiellen Fragen führt: dem menschlichen Leben. Das Fest der Bedeutungslosigkeit bringt Künstler*innen zusammen, die unterschiedliche Zugangstüren zur Welt öffnen und versuchen, das Mysterium des menschlichen Lebens zu lösen, und das obgleich „der Sinn des Lebens eben ist, sich mit dem Leben zu amüsieren!“1. Es sind darin viele Themen enthalten: Kitsch und Humor, Identität und Anderssein, die Materialität der Welt und die Ironie der Geschichte. Gedankenketten bereichern die Kapitel der Ausstellung, die sich im Raum entfalten, mit Leichtigkeit einander antworten oder einander energisch widersprechen. Aufgebaut wie ein musikalisches Stück mit Variationen hinterfragt die Ausstellung übermütig die Regeln, die ihrem Spiel zugrunde liegen: ein großes Fest der Bedeutungslosigkeit, bei dem man sich wie die Figuren aus Kunderas Romanen weigert, Teil eines zu ernsten Epos zu sein.

1 Milan Kundera, Risibles amours (1968)

Die Ausstellung wird im Rahmen des jährlich trinationalen Kunstprojektes Regionale stattfinden.
L’exposition est organisée dans le cadre de la Régionale, programme trinational annuel.

 

Leïla Couradin est née à Grenoble en 1991, elle vit et travaille à Reims.
Après une formation à l’École des Beaux-Arts d’Annecy puis à l’Université Lumière Lyon 2 en Histoire de l’Art où elle entreprend un travail de recherche sur les notions de satire, d’ironie, et d’humour citationnel dans les œuvres du collectif bordelais Présence Panchounette, Leïla Couradin a occupé différents postes dans des lieux d’exposition tels que l’Institut d’art contemporain de Villeurbanne, La BF15, La Fondation Bullukian, La Salle de bains, le FRAC Champagne-Ardenne. En 2019, elle fonde, dirige et assure le commissariat du local, un lieu d’exposition et de diffusion d’œuvres d’art et d’éditions d’artistes à Reims, résolument tourné vers la jeune création de la région Grand Est. Elle développe une activité d’écriture critique notamment pour les artistes ou pour les revues spécialisées Zérodeux, La belle revue, La critique, Artaïs et Point Contemporain. En 2020, Leïla Couradin lance, aux côtés de Chloé Godefroy (autrice) et d’Anaëlle Rambaud (artiste) la revue POST-it, une microédition indépendante mensuelle qui donne la parole aux artistes.

L’exposition bénéficie du soutien de Prevel Signalisation, Rixheim et des Artisans du Son, Mulhouse.

© Hélène Bleys, 2020

Afin de (re)découvrir les vidéos présentées dans les salles d’exposition, La Kunsthalle vous propose un programme de diffusion des films de l’exposition Le monument, le labeur et l’hippocampe sur internet, en accès libre pendant 24 heures.
Les liens vers les vidéos apparaîtront sur cette page et sur les réseaux sociaux : Facebook, Twitter et Instagram.

Samedi 7 novembre
Irina Botea Bucan et Jon Dean, The Building Will Have a Future, She said, 2018


Vidéo HD, 15’10. Courtesy des artistes.


Dimanche 8 novembre
Zhanna Kadyrova, Second Hand, 2015-2019


Documentation vidéo – Darnitsky Silk Factory. Courtesy de l’artiste et de Galleria Continua


Mercredi 11 novembre
Igor Grubic, How steel was tempered, 2018


Vidéo, animation 2D, couleur, son – 12’40. Courtesy de l’artiste et de Laveronica arte contemporanea


Samedi 14 novembre
Irina Botea Bucan et Jon Dean, Worker’s Club: Victoria, 2019


Vidéo HD, 10’6. Courtesy des artistes

 


Les deux films avec Tanja Boukal, réalisés par Marie Bannwarth et produits par La Kunsthalle à l’occasion de l’exposition, sont disponibles en continu.


Sur les traces de DMC… avec Tanja Boukal, 2020

La Kunsthalle remercie chaleureusement Le 19 – CRAC de Montbéliard pour l’hébergement en ligne des vidéos

 

 

© La Kunsthalle, 2020

Marie-Claire Vitoux, historienne et Véronique Arnold, artiste tenteront ensemble de confronter leurs interrogations réciproques, de comprendre en quoi la création peut être tour à tour considérée comme une citation, une relecture, une réactivation et une réactualisation du passé. Elles se demanderont si le tissage et la broderie seraient les métaphores d’un monde féminin souhaitable et désiré ?

Dialogue entre Marie-Claire Vitoux, historienne et Véronique Arnold, artiste autour de ses œuvres.
La rencontre sera transmise en direct sur Radio MNE (en ligne ou DAB+ ; à Mulhouse 107.5 FM)

Gratuit, sur réservation obligatoire (places limitées à 15 personnes) 03 69 77 66 47 / kunsthalle@mulhouse.fr

Marie-Claire Vitoux est maître de conférences en histoire contemporaine. Elle a consacré ses travaux de recherche au monde ouvrier des XIXe et XXe siècles en tentant d’en saisir les mutations et les recompositions. Elle s’est tout particulièrement intéressée à la question de la constitution de la culture ouvrière et a donc rencontré la question du genre dans la question sociale: les fils des identités de classe, de genre, ou encore de nationalité tissent l’histoire du monde ouvrier.

© La Kunsthalle, 2020

Visite/atelier proposée aux enfants et à leurs parents à partir de 6 ans.

Partant des œuvres présentées dans l’exposition Le monument, le labeur et l’hippocampe, l’artiste Véronique Arnold propose aux jeunes et à leurs parents de découvrir et de s’imprégner de son univers artistique. Par le jeu et l’expérimentation de ses techniques, ils réaliseront à leur tour une création en lien avec son travail. Une belle occasion d’échanger avec un artiste à travers son langage spécifique et de s’exprimer en famille.

Durée : 2 heures. Gratuit, sur inscription obligatoire au 03 69 77 66 47 ou kunsthalle@mulhouse.fr

 

Tanja Boukal, "Rewind: Industry", 2019
Tanja Boukal, "Rewind: Industry", 2019

A l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine, le centre d’art contemporain et les Archives de Mulhouse proposent un parcours autour des recherches de l’artiste autrichienne Tanja Boukal que les deux structures ont accueillie dans le cadre de son projet de recherche et de création autour des archives de DMC.

Les trois étapes de la déambulation donnent l’occasion de découvrir les brins composant le fil de cette histoire.
Au programme : la visite du fonds archivistique de la société DMC ; l’architecture du bâtiment de La Fonderie ; les œuvres de Tanja Boukal présentées dans Le monument, le labeur et l’hippocampe.

A partir de 12 ans. Parcours d’environ 1h30, gratuit sur réservation (5 personnes maximum par groupe), au départ des Archives Municipales à 14h, 14h30, 15h, 15h30, 16h et 16h30.
Informations/réservations : kunsthalle@mulhouse.fr / 03 69 77 66 47

En partenariat avec les Archives de Mulhouse et l’Université de Haute-Alsace.

© La Kunsthalle, 2020

A l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine, le centre d’art contemporain et les Archives de Mulhouse proposent une rencontre à propos des recherches de Tanja Boukal que les deux structures ont accueillie dans le cadre de son projet de recherche et de création autour des archives de DMC.

Tanja Boukal a été accueillie, pendant plusieurs mois par La Kunsthalle et Les Archives de Mulhouse pour un projet de recherche et de création. De ce travail est né un ensemble d’œuvres exposées à La Kunsthalle.
Tanja s’est intéressée au fonds documentaire de DMC et au travail de Thérèse de Dillmont (1846-1890), brodeuse, formée à l’Académie de broderie de Vienne, auteure de l’Encyclopédie des ouvrages de dames, fondatrice d’un atelier de broderie à Dornach, créatrice et éditrice de modèles pour DMC.
Sous la forme d’un dialogue Tanja Boukal et Eliane Michelon interrogeront la place et la valeur des souvenirs et documents retenus et réinvestis par l’artiste.
Ensemble, elles se demanderont si les œuvres participent à dessiner un futur raisonné ?

Dialogue entre Tanja Boukal, artiste et Eliane Michelon, directrice des Archives de Mulhouse.
Modération : Loïc Beck, archiviste.
La rencontre sera transmise en direct sur Radio MNE

Gratuit, sur réservation obligatoire (places limitées à 15 personnes) 03 69 77 66 47 / kunsthalle@mulhouse.fr

Eliane Michelon est conservateur en chef du patrimoine et directrice des Archives de Mulhouse. De par ses fonctions, elle s’implique particulièrement dans la collecte et à la mise en valeur des archives privées et notamment des archives d’entreprises. En charge des collections patrimoniales de DMC, elle s’intéresse notamment aux « arts de faire » dans les travaux d’aiguilles féminins, en lien avec les temporalités multiples de la vie des femmes.

Loïc Beck est né à Mulhouse. Diplômé d’un Master en art de la Haute école des arts du Rhin, il complète sa formation par un Master Histoire MECADOC dans la spécialité archivistique à l’Université de Haute-Alsace.
Il réalise plusieurs missions de classements de fonds d’archives associatives et d’archives d’artistes avant de participer puis de conduire des projets d’exposition. En 2018, il lance son activité d’archiviste indépendant dans l’optique de réaliser des classements d’archives suivis de la conception de projets de valorisation mettant en valeur et sensibilisant la sauvegarde du patrimoine de l’Alsace. Passionné d’histoire contemporaine, il cherche à développer des projets autour des archives privées.

Capture d'écran de la vidéo tutoriel, septembre 2020 | Réalisation Marie Bannwarth - production Kunsthalle

Tanja Boukal propose des vidéos afin de partager avec les publics son processus d’exploration des archives de DMC lors de sa résidence de recherche 2018-2020.

La première vidéo, réalisée dans le cadre de l’exposition Le monument, le labeur et l’hippocampe,  se présente sous la forme d’un tutoriel autour de l’œuvre « Broder la machine », 2020.

Réalisé par Marie Bannwarth, avec la participation de Tanja Boukal, le film a été produit par La Kunsthalle Mulhouse.


Dans le second film, l’artiste présente  les lieux qui l’ont inspirée.
Sur les traces de DMC… avec Tanja boukal, 2020

Le document propose aux spectateurs une immersion dans les différents lieux qui ont nourri la création des œuvres de l’exposition Le monument, le labeur et l’hippocampe : la friche DMC et les Archives de Mulhouse. Cette déambulation, menée par l’artiste, nous fait visiter ces endroits qui la fascinent, et évoque son travail de recherche et de mémoire, au cœur de l’élaboration de ses œuvres.

Réalisé par Marie Bannwarth, avec la participation de Tanja Boukal et Eliane Michelon, directrice des Archives de Mulhouse, le film a été produit par La Kunsthalle Mulhouse.

© Hélène Bleys, 2020 (détail)

Pour respecter les consignes sanitaires, le vernissage de l’exposition « Le monument, le labeur et l’hippocampe » prendra une forme inédite puisqu’il s’installera sur un temps long pendant lequel les artistes et l’équipe de La Kunsthalle recevront le public pour échanger autour des œuvres.

L’inauguration sera accompagnée d’une performance culinaire de Mélanie Boissié.

La résidence culinaire de neuf mois de Mélanie Boissié, designeure culinaire prend fin avec ce troisième opus.
Elle a panaché des temps d’ateliers de création, menés par l’artiste en collaboration le public d’ÉPICES, et des temps de restitution à La Kunsthalle lors des vernissages. Ce projet a bénéficié du soutien de la Direction Régionale des Affaires Culturelles Grand Est.
Aujourd’hui intégrant les mesures sanitaires, Mélanie Boissié nous propose une expérience culinaire sous forme d’énigmes gustatives interrogeant notre compréhension de faits alimentaires passés et actuels en sollicitant notre mémoire individuelle et collective.

Mélanie Boissié est diplômée du Master Design et Culinaire de l’ESAD de Reims.

En partenariat avec l’association Épices, la résidence culinaire bénéficie du soutien de la Direction Régionale des Affaires Culturelles Grand Est.

Véronique Arnold (FR), Hélène Bleys (FR), Irina Botea Bucan (RO) et Jon Dean (UK), Tanja Boukal (AT), Igor Grubic (HR), Zhanna Kadyrova (UA)

[English and German below]

L’hippocampe est un organe du cerveau, de petite taille, qui ressemble grandement à un cheval de mer. Situé dans le lobe temporal, il est le siège d’une mémoire à long terme, autrement dit de la mémoire de l’individu depuis le moment où il est capable de se souvenir. Cet organe joue un rôle central dans le stockage des connaissances dites explicites, celles que l’on peut formuler par le langage. Il est aussi le siège de ce qu’on appelle la mémoire épisodique, celle qui nous permet d’enregistrer des informations factuelles et contextuelles, celle qui nous sert aussi à voyager mentalement dans le temps et l’espace.
Cette capacité à nous remémorer une époque passée ou à nous projeter dans un futur imaginaire, c’est à notre hippocampe que nous le devons. Il enregistre des événements, des détails, des lieux, des ambiances sonores, des états émotionnels qui réaffleurent au détour d’indices ou de ressemblances.
Et si l’on partait du principe que non seulement les hommes mais aussi les objets possèdent un hippocampe ? Alors cette mémoire enfouie dans les chairs et les pierres aurait non seulement un rôle majeur à jouer dans nos projections, mais confirmerait l’importance de préserver aussi bien un témoignage oral que matériel. Reconnaître à la mémoire le pouvoir de dessiner le futur, c’est aussi faire le choix de la transmission plutôt que de la reconstruction.
On pourrait avancer que l’histoire pas si lointaine du XXème siècle est dite contemporaine parce qu’elle est encore mobilisable par de nombreuses mémoires. Les artistes de l’exposition ont écouté, retranscrit ou filmé des souvenirs toujours vivants ; ils les ont aussi prolongés. Ils sont allés à la rencontre de traces qui à l’épreuve du temps n’ont pas toutes eu les mêmes résistances. Certains souvenirs sont sortis grandis, d’autres noircis. Tous s’inscrivent dans des récits inachevés.
Le monument, le labeur et l’hippocampe est une exposition conçue à partir de l’exemple mulhousien. L’histoire récente de la ville sert de modèle mais pas d’unique point de repère. Ce qu’elle livre de son passé, la façon dont elle s’en accommode vaut pour d’autres villes, d’autres régions. Elle est représentative d’une histoire industrielle faite de constructions, de travailleurs et d’une certaine idée du progrès qui a traversé son siècle mais pas forcément tenu ses promesses.
Petit à petit, les événements ou les habitudes d’une époque deviennent des faits ou des documents classés. On les révèle ou les consulte pour écrire une histoire que les artistes de l’exposition ont souhaité enrichir. Ils ont  choisi de ne pas s’en tenir à la version archivée des souvenirs mais les ont réactivés, sans concessions ni préjugés. Ils ont redonné vie à des paroles, des gestes ou des  lieux qu’ils ont confortés dans leur rôle de passeurs d’un avant à un après.


[Eng]

The hippocampus is a small brain organ that looks very much like a seahorse. It is located in the temporal lobe and it is involved in long-term memory, in other words our memories from the moment we are able to remember. It plays an important role in the storage of explicit knowledge, that which can be articulated through language. It is also the seat of what is known as episodic memory, which allows us to record factual and contextual information, and to travel mentally through time and space.
We owe our ability to remember past events, and to project ourselves into an imaginary future, to our hippocampus. It records events, details, places, sounds and emotional states which can reappear as triggered memories.
What if we assumed that objects, not only humans, had hippocampi? Not only would this memory, buried in bodies and stones, play a major role in our projections, it would also confirm the importance of preserving oral and material testimonies. Recognizing the power of memory to shape the future also means choosing transmission over reconstruction.
One could argue that the not so distant history of the 20th century is called contemporary because it is still present in many people’s memories. The artists in the exhibition have listened to, transcribed or filmed memories that are still vivid; they have also extended them. They have looked for traces which have resisted the passing of time in different ways. Some memories have become greater, others have become darker. All of them are parts of unfinished stories.
The Monument, the Toil and the Hippocampus is an exhibition based on the case of Mulhouse. The recent history of the city provides a model but it is not the only point of reference. What the city reveals from its past, and how it deals with it, is valid for other cities and other regions. It exemplifies an industrial history made up of buildings, workers and a conception of progress which remained dominant for a long time but whose promises were not necessarily fulfilled.
The events and habits of a period gradually become facts and sorted files. They are released and consulted to write a history to which the artists in the exhibition wished to contribute. They have chosen not to limit themselves to the archived versions of the memories, but to reactivate them, with no compromise or prejudice. They have revived words, gestures and places which can bridge the gap between then and now.


[De]

Der Hippocampus ist ein kleines Organ im Gehirn, das weitgehend einem Seepferdchen ähnelt. Er befindet sich im Temporallappen und ist der Sitz des Langzeitgedächtnisses, oder anders gesagt: des Gedächtnisses des Menschen vom Moment an, da er erinnerungsfähig ist. Dieses Organ spielt eine zentrale Rolle in der Speicherung des sogenannten expliziten Wissens, das heißt des verbalisierten und kommunizierbaren Wissens. Auch das episodische Gedächtnis ist dort verortet, das es uns ermöglicht, sachliche Informationen und Zusammenhänge zu speichern und gedanklich durch Zeit und Raum zu reisen.
Diese Fähigkeit, uns vergangene Zeiten wieder ins Gedächtnis zu rufen, oder uns in eine imaginäre Zukunft zu versetzen, verdanken wir unserem Hippocampus. Er nimmt Ereignisse, Details, Orte, Geräuschkulissen, Gemütszustände auf, die bei bestimmten Signalen oder Ähnlichkeiten wieder hochkommen.
Und was wäre, wenn man davon ausginge, dass nicht nur Menschen, sondern auch Gegenstände einen Hippocampus besäßen? Dann hätte dieses in Fleisch und Stein eingebettete Gedächtnis nicht nur in unseren Projektionen eine wesentliche Rolle zu spielen, sondern würde auch die Bedeutung eines nicht nur mündlich, sondern auch materiell überlieferten Zeugnisses bekräftigen. Dem Gedächtnis zuzugestehen, dass es Zukunft gestalten kann, bedeutet auch, sich bei der Wahl zwischen Überlieferung und Rekonstruktion für die Überlieferung zu entscheiden.
Man könnte die jüngere Geschichte des 20. Jahrhunderts als zeitgenössisch bezeichnen, weil sie im Gedächtnis vieler Menschen noch abrufbar ist. Die Künstler der Ausstellung haben sich lebendige Erinnerungen angehört, sie übertragen oder gefilmt; sie haben sie weitergeführt. Sie sind auf die Suche nach Spuren gegangen, die nicht alle gleichermaßen dem Zahn der Zeit standgehalten haben. Einige Erinnerungen sind daran gewachsen, andere haben sich dabei verdunkelt. Sie alle sind unvollendete Erzählungen.
Das Monument, der Fleiß und der Hippocampus ist als Ausstellung am Beispiel von Mulhouse entstanden. Die jüngste Geschichte der Stadt dient als Vorbild, aber nicht als einziger Bezugspunkt. Was die Stadt aus ihrer Vergangenheit preisgibt, wie sie damit umgeht, gilt auch für andere Städte, für andere Regionen. Sie ist repräsentativ für eine industrielle Geschichte von Bauwerken, Arbeitern und einer bestimmten Vorstellung von Fortschritt, die das Jahrhundert geprägt, aber nicht unbedingt alle ihre Versprechen gehalten hat.
Nach und nach werden die Ereignisse oder Gepflogenheiten einer Epoche zu Fakten oder abgelegten Dokumenten. Man enthüllt sie oder nimmt Einsicht in sie, um eine Geschichte zu schreiben. Diese Geschichte möchten die Künstler der Ausstellung bereichern. Sie haben sich entschieden, sich nicht mit der archivierten Version von Erinnerungen zu begnügen, sondern haben sie reaktiviert, ohne Einschränkungen oder Vorbehalte. Sie haben Worten, Gesten oder Orten wieder neues Leben eingehaucht und sie dabei in ihrer Rolle als Vermittler zwischen einem Vorher und einem Nachher bestärkt.

 

L’exposition est réalisée avec le partenariat des Archives de Mulhouse et avec le soutien de  DMC / Die Ausstellung wurde in Partnerschaft mit den Archives der Stadt Mulhouse und mit Unterstützung der Firma DMC produziert / The exhibition is produced in partnership with the Archives of Mulhouse and with the support of the company DMC.

Pour notre sécurité à toutes et tous, et jusqu’à nouvel ordre, l’accès à l’espace d’exposition est limité à 30 personnes et le port du masque est obligatoire.

 

Youssef Tabti, Istanbul Trilogie 2015 2016 2017
Article écrit par Tuncay Kulaoglu*

Durant son séjour à l’Académie culturelle de Tarabya à Istanbul Youssef Tabti a développé trois projets influencés par la situation politique en cours de mutation. Ils sont ainsi l’expression d’une confrontation avec les événements en Turquie.

«C’est là que j’ai réalisé que soit j’étais fou, soit le monde l’était. Et je pariais sur le monde. Et, bien sûr, j’avais raison.»
Jean-Louis Lebris de Kérouac

La première partie de la trilogie était l’installation « Basaksehir : Exploration psychogéographique Istanbul #2 », que l’artiste a développée en collaboration avec des étudiants de la faculté d’urbanisme et d’aménagement du territoire de l’université Mimar Sinan. L’accent a été mis sur le quartier de Basaksehir à Istanbul avec sa « psychogéographie », un terme développé par l’International Situationisme, et qui explore la nature psychogéographique d’un espace urbain en utilisant des moyens tels que le cinéma, la photographie, les sons et la cartographie. Dans le cas de Basaksehir, un quartier en plein essor depuis l’arrivée au pouvoir de l’AKP en 2002, il s’agit d’une communauté invisible, fermée, habitée par une classe moyenne supérieure archi-conservatrice qui a bénéficié du boom économique des années 2000. L’enquête psycho-géographique de Tabti, liée à l’art, l’architecture, la géographie et la psychologie, prend Basaksehir comme symbole d’un développement national en Turquie, de plus en plus confronté à la division de la société. Les mécanismes profonds d’exclusion dans la société turque ont également eu un impact direct sur le projet de Youssef Tabti. Une interview d’une heure que la chaîne de télévision publique TRT a réalisée avec lui n’a pas été diffusée, les critiques de magazines d’art renommés ont été censurées et par la suite, les annonces de l’exposition sur différents sites web ont été supprimées.

 Basaksehir – Psychogeografic exploration Istanbul #2, 2015 © Youssef Tabti 2017


Tabti a réalisé le deuxième volet de sa trilogie à la Biennale de Sinop, une ville sur la côte de la mer Noire où, selon une enquête menée l’année dernière dans toute la Turquie, vivent les personnes les plus heureuses du pays. Tabti y a mis en scène le «jeu de guerre», un jeu de société dans lequel il ne s’agit pas de conquérir des territoires, mais de vaincre l’ennemi. Ici aussi, Tabti fait référence à l‘International Situationisme, à Guy Debord, qui a compris le jeu de société, apparu à la cour de Prusse à la fin du 18e siècle, non pas comme une «guerre» mais comme une «rupture de communication» et l’a développé plus avant. Initialement, Tabti d’une part voulait mettre le projet en scène dans la prison historique de Sinop, connue pour avoir accueilli de grands intellectuels turcs et aujourd‘hui transformée en musée d’histoire, d’autre part, il souhaitait choisir ses joueurs. Non seulement il n’y a pas été autorisé, mais le titre de son œuvre « War Game » a également été renommé « Game ». De plus, Tabti n’a pu activer le jeu qu’avec les joueurs qu’il avait préinscrits.

Kriegsspiel. 2016 © Youssef Tabti 2017


RHETORIQUE – La Colline du PNIX est la conclusion de la trilogie. L’installation vidéo, qui se concentre sur le thème de la liberté d’expression en démocratie, a dû être déplacée à Athènes suite au coup d’État en Turquie en 2016. Dans la dernière partie de sa trilogie sur Istanbul, Youssef Tabti a voulu aborder le thème de la liberté d’expression et de la démocratie, en échos à ses expériences récentes en Turquie. Cependant l’aggravation du climat politique dans le pays, notamment les arrestations massives d’intellectuels, y compris étrangers, ont obligé l’artiste à délocaliser son projet en Grèce voisine. Ce déplacement involontaire a mené le projet vers le berceau de la démocratie, plus précisément vers la colline du Pnix à Athènes, où les premières assemblées populaires se sont tenues 500 ans avant la naissance du Christ.
Le point de départ de Tabti a été de contextualiser historiquement la rhétorique, qui est à la fois art et science, en lien avec la liberté d’(in)expression et de montrer les références au présent. Ainsi Pnix a servi de décor, de berceau de la rhétorique, qui depuis lors a une longue tradition. Certains discours ont fait l’histoire, comme celui de défense de Socrate en 399 avant J.-C. jusqu‘au discours de Martin Luther King du 28 août 1963 à Washington D.C.

Rhetoric – Hill of the Pnix. 2017 © Youssef Tabti

Sur la colline historique, Pnix, Tabti a rencontré et conversé avec le théologien grec Christos Yannaras, controversé, pas seulement en Grèce, pour ses thèses progressistes. Yannaras plaide pour une réflexion sur la liberté d’expression et la démocratie telle qu’elles étaient pensées à l‘origine. Selon le théologien elles n’ont véritablement été pratiquées que pendant 50 ans et ceci, 500 ans avant la naissance du Christ. Tout ce qui a suivi n’est, pour le philosophe engagé, qu’une recherche constante de la démocratie originelle, que l’on n’a jamais su retrouver.
La conversation avec Christos Yannaras est filmée par Youssef Tabti et retransmise dans l‘installation vidéo RHETORIC – Hill of the PNIX présentée à l’occasion du 3e Salon d’automne du théâtre Maxim Gorki à Berlin. L’aspect psychogéographique est également présent dans cette œuvre de l’artiste qui représente la colline de Pnix et le forum de pierre dans des esquisses réparties dans tout l’espace d’exposition. Par contre la tribune à laquelle jadis tout le monde avait accès, l’artiste l’a déconstruite et matérialisée par des tiges de métal réparties dans tout l’espace. Elle symbolise une rupture de la communication, non seulement en Turquie, où la liberté d’expression est remise en question, mais dans le monde entier.

* Tuncay Kulaoglu est un auteur, cinéaste, dramaturge, conservateur et traducteur à Berlin. Co-fondateur du Festival du Film Turquie/Allemagne à Nuremberg et de la Ballhaus Naunynstraße (Co directeur artistique 2013-2014). Conseiller dramatique et co-directeur artistique pour le 3ème Salon d’automne de Berlin au Maxim Gorki Theater Berlin.

Ces projets ont précédemment été présentés dans différents lieux :
Basaksehir – Psychogeografic exploration Istanbul #2. 2015

Galerie REM Artspace, Istanbul, Turkey 2016
Mimar Sinan Fine Arts University Istanbul. Turkey 2017

Kriegsspiel. 2016
6. Sinopale (Biennale), Sinop. Turkey 2017
Hamburger Bahnhof-Museum für Gegenwart-Berlin 2018
8.Salon Hamburg. Germany 2019
Kunsthaus Hamburg. Germany 2020

Rhetoric – Hill of the Pnix. 2017
3. Berliner Herbstsalon. Gorki Theater Berlin. 2017
Frise-Künstlerhaus Hamburg. 2017

 

Youssef Tabti est né en 1968 à Paris, il vit et travaille à Hambourg.
Artiste conceptuel né en France, vivant en Allemagne, d’origine algérienne par son père, il se nourrit de ses multiples racines et attaches pour développer un travail qui tient compte à la fois d’un contexte sociétal et d’une réalité politique. Ses médiums sont divers allant de l’installation sonore, spatiale, à la photographie ou la vidéo. Ses processus de recherche passent par des méthodes souvent systématiques telles que l’archivage ou la collection. Il rassemble des données qu’il restitue dans ses œuvres sous la forme d’une invitation au public à venir activer ou prolonger un travail entamé. Le langage, la parole, le déplacement, l’errance sont autant de thèmes que l’on retrouve dans ses projets.

Le Petit Programme réunit 12 artistes familiers et partenaires fidèles de la programmation du centre d’art. Ce projet inédit et inhabituel leur consacre tour à tour une semaine de carte blanche pendant laquelle ils proposent chacun trois œuvres.
Le Petit Programme est également présenté dans l’espace d’exposition de La Kunsthalle Mulhouse, tel un projet en construction alimenté au fur et à mesure des semaines.

Stine Marie Jacobsen, Direct Approach, 2012-
Série de vidéos courtes HD, durées variables


Capture d’écran

Victime, auteur ou témoin ? Il n’est pas facile de reconnaître la notion de violence, ni d’en tracer les contours. Il n’y a en fait aucune façon directe de l’aborder. La violence est souvent taboue ou fait partie de l’inconscient collectif. L’expérience ou le jugement des différentes formes et mécanismes de violence est, en d’autres termes, un sujet sensible à cerner. « Direct Approach » est un projet artistique participatif qui a pour résultat une série de films – il vise à cartographier la relation des civils à la violence travers les références de chacun, leurs identifications et la reconstitution de scènes choisies par eux-mêmes dans des films d’horreur violents. Présenté comme une fiction, le sujet est plus facile à aborder.
Les participants au projet ont été invités à décrire de mémoire la scène de film la plus violente qu’ils aient jamais vue puis à choisir ensuite l’un des personnages de la séquence : victime, auteur ou témoin. Après avoir mené une réflexion sur la violence au cinéma et à la manière dont elle reflète la société actuelle et leurs expériences personnelles, chaque participant rejoue – sans parole – le rôle qu’il a retenu, dans les scènes choisies.
Ces trois vidéos montrent Karl Schlarb, Gita Ratzinger et Udo Loeb, interviewés et filmés à Berlin, en 2012-13.


Stine Marie Jacobsen et Yulia Hontaruk, Direct Approach, Ukraine, 2019
Vidéo HD, 31’18


Capture d’écran

Aux premières lignes de la violence dans l’est ukrainien, « Direct Approach, Ukraine » est le dernier volet de la série de films de l’artiste.
Depuis 2012, le projet « Direct Approach » est basé sur des conversations autour de la violence dans le cinéma et dans la réalité.
En Ukraine, pays qui a accueilli deux révolutions depuis son indépendance de l’Union soviétique en 1991 et qui est actuellement le théâtre d’un conflit armé, le projet prend un nouveau sens. Chacune des trois personnes interrogées dans la vidéo raconte les détails de la séquence de film la plus violente qu’elle ait jamais vue. En se souvenant – et en se méprenant – de ces détails, elles inscrivent des aspects biographiques dans la scène. Être le héros n’est pas un choix ; pourtant, tous finissent par imaginer ce que ce rôle pourrait leur faire ressentir, exposant un désir inné de parvenir à le jouer au mieux. Alternant entre un cadre d’interview en studio et une reconstitution en direct, l’artiste fait de ces fantasmes une réalité. Si « Direct Approach » est un projet universel qui atteint la psyché intérieure à travers des cultures disparates, la proximité de l’Ukraine avec une zone de guerre ne peut pas passer inaperçue, car le choix du personnage (victime, auteur ou témoin) est amplifié par la vie quotidienne des participants.
Avec la participation d’Alexey Kelt, Irina Prudkova et Maria Pronina, « Direct Approach, Ukraine » est issu d’une collaboration entre l’artiste danoise Stine Marie Jacobsen, la cinéaste ukrainienne Yulia Hontaruk et l’Institut culturel danois.
Pour en savoir plus : www.direct-approach.org / stinemariejacobsen.com/direct-approach


Stine Marie Jacobsen, IMF, 2019
Vidéo HD, 8’19


Capture d’écran

Le cœur du film « IMF » (I Mørket er vi alle Forbrydere – Dans le Noir, nous sommes Tous des Prédateurs, en français) est une expérience linguistique, menée à l’origine par un psychologue du langage au Danemark qui a montré que 3 souvenirs sur 4 sont potentiellement biaisés.
Ainsi, les participants à l’expérience ont été invités à se remémorer et à raconter un article de presse qui évoquait l’agression d’un migrant par trois hommes (sans mentionner l’origine ethnique ou la nationalité). 3 personnes sur 4 ont affirmé que trois migrants avaient attaqué un Danois sans défense. L’objectif n’étant pas de pointer du doigt les personnes qui se souviennent mal de l’article, mais plutôt d’ouvrir la discussion sur les raisons pour lesquelles la majorité blâme inconsciemment les immigrants.
Le processus de réalisation du film a commencé par un atelier de cascade dans lequel un instructeur professionnel a appris aux participants à mimer les scènes assez brutales de l’article et les différentes façons de les relater. La simulation de la violence dans le jeu oblige les acteurs à prendre particulièrement soin les uns des autres pour ne pas les blesser. Ainsi, la performance transforme une scène d’agression en une chorégraphie où les personnes font preuve de beaucoup d’attention. C’est là un aspect emblématique du travail de l’artiste : traiter un sujet lourd comme la violence, dans un souci pacifiste et de manière non violente.
Le film est réalisé dans un style imitant le film danois des années 1980 de l’OBS (Oplysning til Borgerne om Samfundet / message d’intérêt public) reprenant également les scènes de reconstitution des documentaires télévisés. Ici, les scènes de violence sont moins réalistes et voire un peu maladroites.
Pour en savoir plus : https://www.4cs-conflict-conviviality.eu/post/mediation-lab-roskilde

 

Stine Marie Jacobsen, née en 1977 au Danemark, est diplômée de la Royal Danish Academy of Fine Arts et du California Institute of the Arts de Los Angeles. Elle vit et travaille à Copenhague et à Berlin.
Afin de donner aux participants un espace de collaboration et en tant qu’artiste conceptuelle, elle crée des projets artistiques socioculturels et participatifs avec des thèmes clairement définis.
Pour explorer des sujets tels que le cinéma, le langage, le genre, la violence, la mort, les tabous, l’anonymat et la psychologie, Jacobsen mène des expériences performatives et crée des plateformes participatives pour stimuler la pensée critique et générer de nouvelles perspectives sur l’éthique, l’identité, le contrôle, la peur et la confiance.
Au fil des ans, elle a conceptualisé de nombreux projets participatifs et éducatifs tels que « Direct Approach », où les participants sont invités à se souvenir et à raconter de nouveau une scène de film violente, à choisir s’ils joueront la victime, le criminel ou le spectateur ; ou dans « Mann beißt Hund » (un remake du film belge « C’est arrivé près de chez vous »), sans acteurs à l’écran, l’artiste vise à déchiffrer le film en tant que système juridique. Avec « Law Shifters », elle organise, avec des avocats, des ateliers de rédaction de lois pour des personnes du monde entier afin de les aider à rédiger leurs propres lois, à les traduire dans le langage législatif officiel et enfin à les présenter au public.

Le Petit Programme réunit 12 artistes familiers et partenaires fidèles de la programmation du centre d’art. Ce projet inédit et inhabituel leur consacre tour à tour une semaine de carte blanche pendant laquelle ils proposent chacun trois œuvres.
Le Petit Programme est également présenté dans l’espace d’exposition de La Kunsthalle Mulhouse, tel un projet en construction alimenté au fur et à mesure des semaines.

Jan Kopp, Rien d’extraordinaire, des idées trouvées sur la route, 2020
2 vidéos, couleur, son et 1 dessin

« J’ai fait cette marche de deux jours en espérant provoquer une situation dans laquelle quelque chose se révèlerait : un événement, une expérience, une rencontre, un objet, une forme.
Marcher : le flux des pensées, l’isolement dans des paysages anonymes et passagers, l’observation, des états d’exaltation. Soumise à la réalité des routes et des sentiers, la marche est physiquement et spatialement conditionnée. Elle est une succession de possibilités et d’obstacles. Marcher c’est négocier continuellement avec ce paradoxe, qui m’absorbe entièrement.
Cette marche est le prolongement d’une proposition que j’ai faite à un groupe d’étudiants des universités de Lyon pendant le confinement, avec lequel j’avais entrepris des balades urbaines entre octobre 2019 et février 2020. Je leur ai demandé de filmer trente pas de leurs déplacements quotidiens sur le kilomètre autorisé. Il s’agissait de filmer en marchant, d’abord les pieds, puis de monter la caméra (en l’occurrence de téléphones portables) et revenir sur le même cadrage des pieds en plan séquence. La vidéo de ce travail de groupe à distance présente un assemblage de lieux et de paysages plein de contrastes. »

Jan Kopp, Rien d’extraordinaire 1, 2020
Vidéo, couleur, son, 8’23


Capture d’écran


Jan Kopp, Rien d’extraordinaire 2 (Mücken über meinen Kopf), 2020
Vidéo, couleur, son, 41 »


Capture d’écran

« Le premier périmètre du déconfinement, 100 km, correspond à la distance qui sépare l’appartement où je vis à Lyon de la maison-atelier en Bourgogne du Sud où j’étais confiné avec ma famille. C’est ce que j’ai choisi comme trajet pour cette marche de deux jours.

A l’aide de cartes IGN et du GPS de mon smartphone, j’ai navigué en évitant les trop grandes routes et en cherchant malgré tout le parcours le plus proche du « vol d’oiseau ». Ainsi mes yeux passaient constamment du paysage autour de moi à sa représentation cartographique et vice versa. Trois ou quatre fois j’ai mal interprété ce que je lisais et ai du rebrousser chemin. Il est arrivé aussi qu’un sentier inscrit sur les cartes soit en réalité englouti par une végétation probablement de plusieurs années, et me force à ressortir d’un champ de blé que j’avais espéré comme voie alternative, mais qui ne menait nulle part. Ce type d’événement dans ce contexte peut se vivre comme une catastrophe.
Marcher est un rythme, d’abord donné par le pas puis par une ou deux branches transformées en bâtons, et la respiration.
Sur ce rythme se sont malheureusement accrochés des airs de musique pop glanés dans une superette où j’avais acheté mon pique-nique (tel Black is Back, Los Bravos, 1965). Pour changer ce répertoire, je n’ai rien trouvé d’autre dans ma radio cérébrale qu’une chanson mélancolique de Sting entendue deux jours plus tôt dans un petit restaurant indonésien à Nantes. Une bizarrerie musicale mentale s’imposait également : une version a cappella d’une chorale d’homme de (Hey) You’ve got to hide your love away des Beatles, entendue sur les ondes de SWR2 en voiture deux semaines plus tôt non loin de Stuttgart. »


Jan Kopp, Le Cow-boy de Lamure-sur-Azergues, 2020
Dessin

« Je suis assis en train de boire un grand café au lait sur une terrasse. Il est 8h. Déjà 3h que j’ai quitté le col de Saint Cyr du Chatoux où j’ai passé la nuit. Je suis à Lamure sur Azergues. Nous sommes samedi jour de marché. La masculinité de la clientèle s’affiche. Sur le parking d’en face un homme sort d’une fourgonnette blanche. Son contraste avec le reste du public qui m’entoure retient mon attention. Il porte un chapeau de cow boy noir, un gilet en cuir sans manche de la même couleur, un pantalon bleu vif, et des boots, talons biseautés, avant pointu. De longs cheveux gris dépassent sur ses épaules. Une visière anticoronavirus protège son visage. Des croissants de lune dorés ornent ses oreilles, le même motif lui sert de pendentif. Il se dirige vers une coopérative bio, en ressort avec un litre de lait, et repart. Je le reverrai une heure plus tard sur ma route en train de laver sa voiture. J’hésite à lui parler. »

 

Jan Kopp est né en 1970, il vit et travaille à Lyon.
Dessin, vidéo, sculpture, performance, l’ensemble de ces médiums sont présents dans sa pratique, pourvu qu’ils lui laissent la possibilité de prolonger une rencontre. L’ »être ensemble » est un thème qu’il explore sous différentes formes aussi bien participatives que contemplatives. Il s’intéresse à la ville qui est un vivier formidable d’architecture mais aussi de chaos, d’organisations sociales et de personnes. Elle lui offre des espaces à arpenter et des détails à observer.

Le Petit Programme réunit 12 artistes familiers et partenaires fidèles de la programmation du centre d’art. Ce projet inédit et inhabituel leur consacre tour à tour une semaine de carte blanche pendant laquelle ils proposent chacun trois œuvres.
Le Petit Programme est également présenté dans l’espace d’exposition de La Kunsthalle Mulhouse, tel un projet en construction alimenté au fur et à mesure des semaines.

Guillaume Barborini, Dessin pour une texture souterraine, 2020 – en cours
Vidéo, couleur, son (3 extraits de 11′)

Dessin pour une texture souterraine a débuté à l’automne 2019 avec la rencontre d’un monument aux morts en Corée. Ce monument, par son histoire, en appelait avec insistance un autre, à Alger, qui à son tour pointait vers d’autres constructions encore, ailleurs. D’appels en échos, je déroule depuis lors ce fil fait d’affinités subjectives et précaires. A travers l’évocation de constructions diverses, affleurent et s’envisagent progressivement des formes d’échappées, d’autres manières d’être et d’habiter. Une architecture nouvelle s’esquisse alors, appuyée sur toutes les autres, plus fragile, qui accepterait de s’ériger sans laisser de traces.
Dessin pour une texture souterraine est une digression qui recherche encore son nord. Elle s’active et se maintient par la voix, avec urgence ou lenteur, elle ne se partage que par bribes, sous des formes variées.

Guillaume Barborini, Dessin pour une texture souterraine, 2020 – en cours
Extrait 1 : De la tour
Chunghon à Temi_Shelter
Vidéo, couleur, son, 11’


Capture d’écran

L’extrait « De la tour Chunghon à Temi_Shelter » constitue le point de départ de Dessin pour une texture souterraine . Celui-ci commence sur le toit d’une résidence coréenne, pour ne pas le quitter ou mieux y revenir, différemment.


Guillaume Barborini, Dessin pour une texture souterraine, 2020 – en cours
Extrait 2 : De Ice Watch aux bomb ponds d’Apaj
Vidéo, couleur, son, 11’


Capture d’écran

L’extrait  « De Ice Watch aux bomb ponds d’Apaj« , constitue un fragment de Dessin pour une texture souterraine qui se déplie et gravite autour de glissements, de devenirs et de dommages collatéraux.


Guillaume Barborini, Dessin pour une texture souterraine, 2020 – en cours
Extrait 3 : De The World aux Aborigènes
Vidéo, couleur, son, 11’


Capture d’écran

L’extrait « De The World aux Aborigènes » constitue un fragment de Dessin pour une texture souterraine qui s’emporte et s’attache à divers mouvements de disparition.

 

Guillaume Barborini est né en 1986 à Chambéry, diplômé de l’École Supérieure d’Art de Lorraine, il réside principalement à Metz où il poursuit ses recherches artistiques.
Sa pratique déplie des gestes fragiles, à l’échelle du corps, qui se veulent attentifs aux choses, aux matières et aux terrains de vie. Elle entend prendre soin de ce qui résiste à l’aménagement corrosif du monde et consiste en la considération et l’expérience de ce dernier plutôt qu’en sa consommation. Guillaume Barborini intervient et expose régulièrement en France, notamment au Frac Lorraine (Metz), au Magasin des Horizons (Grenoble), au Granit (Belfort), à L’attrape-couleurs (Lyon), à Ergastule (Nancy) ainsi qu’au Luxembourg : les Rotondes (Luxembourg ville), Nei Liicht (Dudelange). Il développe également depuis peu une partie de son travail en Asie, à Daejeon (Corée du Sud) et à Tokyo (Japon).

Le Petit Programme réunit 12 artistes familiers et partenaires fidèles de la programmation du centre d’art. Ce projet inédit et inhabituel leur consacre tour à tour une semaine de carte blanche pendant laquelle ils proposent chacun trois œuvres.
Le Petit Programme est également présenté dans l’espace d’exposition de La Kunsthalle Mulhouse, tel un projet en construction alimenté au fur et à mesure des semaines.

Cet été, dans le cadre de l’opération « Musées en plein air », à l’initiative de la Ville de Mulhouse, La Kunsthalle invite Laurence Mellinger à présenter une série de dessins au parc Jaquet, situé à deux pas du centre d’art.

En ligne, les dessins issus d’un carnet de voyage réalisé en 1996 (techniques mixtes sur papier demi-teinte, doubles pages 30 x 20 cm) sont augmentés de sons et textes lus issus des carnets qui replacent le contexte et donnent une dimension plus intime à cette trace :

Laurence Mellinger, Voyage en Italie, Roma gare !, 1996
Crayon, encre de chine et gouache


Laurence Mellinger, Voyage en Italie, amphithéâtre, 1996
Encre de chine


Laurence Mellinger, Voyage en Italie, fontaine de Trevi, 1996
Mine de plomb, crayon blanc, aquarelle


Laurence Mellinger, Voyage en Italie, îles éoliennes, 1996
Aquarelle, gouache, crayons gras


Laurence Mellinger, Voyage en Italie, Stromboli ,1996
Stylo bille, aquarelle et gouache

 

Artiste plasticienne engagée dans le milieu de l’art contemporain, Laurence Mellinger est affiliée à la maison des artistes depuis 1999.
Designer titulaire d’un diplôme supérieur d’arts appliqués obtenu à l’ENSAAMA (Ecole Nationale Supérieure des Arts Appliqués et des Métiers d’Arts) à Paris (option design industriel et master en espace architectural) et également diplômée de l’Ensba (Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Paris, option multimédia).
A travers une réflexion portée sur les interactions entre l’homme et son environnement, son travail  traverse les disciplines en fonction du contexte. Entre dessin, installation multimédia, création sonore, picturale, conférence déambulatoire ou design, ses recherches transdisciplinaires l’ont menée à collaborer avec nombreux artistes, associations et institutions et à développer de nombreux projets collectifs. Sa forme de prédilection est l’installation et elle privilégie l’économie de moyen. Elle s’intéresse aux problématiques générées par la société émergente (rapport aux objets, à la nourriture, relation avec la nature, la construction du  paysage…) et oriente ses partis pris artistiques à partir de l’analyse des contextes et des espaces dans lesquels sont produites les  œuvres.
Avec ses reportages dessinés et ses « fictions architecturales », elle contribue depuis 2010 au journal L’Alsace avec le collectif « Les Mains Nues ».
Elle s’intéresse aux processus de création collective notamment dans l’espace public et cette démarche a reçu un bel écho à Mulhouse, où elle a pu expérimenter différentes formes, du  chantier participatif inscrit dans la durée, aux performances collectives pendant des festivals.. mais aussi en milieu scolaire, carcéral ou psychiatrique.
Régulièrement invitée par La Kunsthalle, le centre d’art contemporain de Mulhouse, elle mène un travail plastique expérimental en écho aux expositions et avec les différents publics.
Adepte des voyages au long cours, elle a rapporté de nombreux carnets de voyage d’Europe, d’Afrique et d’Asie… appréciés d’un large public.
Ses œuvres ont été montrées en France, à Paris, Metz, ainsi qu’ à l’étranger en Australie, à Freiburg et Cassel en Allemagne lors d’expositions collectives. Son travail a fait l’objet de commandes lors de résidences à Grigny et Montpellier.
Lauréate de la Filature à «Mulhouse 003», exposition des jeunes diplômés des écoles d’art de France, elle vit et travaille à Mulhouse depuis 2004.

 

Avec Musées en plein air, les musées sortent de leurs murs et exposent une sélection d’œuvres sur les grilles des parcs mulhousiens.
A l’initiative de la Ville de Mulhouse, le projet est réalisé en partenariat avec Musées Mulhouse Sud Alsace.

Katrin Ströbel, Becoming sculpture. Undoing sculpture. (Les confiné·e·s), 2020
Diaporama de collages en trois parties

Devenir sculpture. Défaire la sculpture.
« Pendant les deux mois de la période de confinement en France, nous étions censés devenir des sculptures. Nos corps n’ont plus bougé, nos mains ne se sont plus touchées, nos peaux ne se sont plus rencontrées. Les épines se sont raidies, les cœurs se sont alourdis. La plupart d’entre nous étaient peu doués pour être des sculptures. Les oiseaux se sont moqués. Les rats ont ri aussi. Du moins ici à Marseille.
Pourtant, à y regarder de plus près, on découvrait de minuscules fissures sur les peaux croûtées, des lignes de magma d’amour, de rage, de solitude, de colère, d’empathie, de souffrance, de frustration, de solidarité, de peur, de résistance. La nuit, on voyait les petites rivières de lave couler par les fenêtres sombres de nos voisins. L’effusion d’une femme qui pleure dans la rue. On les sentait flotter à travers les corps postés devant les supermarchés. Presque invisibles. Un doigt de la main droite tremblant. Une paupière tremblante. Un esprit agité.
Les confiné·e·s (devenir sculpture. défaire sculpture.) sont une quarantaine de collages réalisés à partir de restes et de déchets de papier pendant 8 semaines, de mars à mai 2020. »

Katrin Ströbel, Becoming sculpture. Undoing sculpture. (Les confiné·e·s) Part.1, 2020
Diaporama de collages, 5’17


(Extrait)


Katrin Ströbel, Becoming sculpture. Undoing sculpture. (Les confiné·e·s) Part.2, 2020
Diaporama de collages, 5’43


(Extrait)


Katrin Ströbel, Becoming sculpture. Undoing sculpture. (Les confiné·e·s) Part.3, 2020
Diaporama de collages, 4’52


(Extrait)

 

Katrin Ströbel est née en 1975, elle vit et travaille à Marseille, Stuttgart et Rabat.
Ses dessins, œuvres in situ et installations sont basés sur un questionnement critique des conditions sociales et géopolitiques qui définissent notre quotidien. Le travail de Katrin Ströbel porte sur les codes culturels et les langages (visuels), mais aussi sur des sujets tels que le colonialisme, la migration et le déplacement forcé et montre à quel point les politiques du genre et de l’espace sont liées. Avec une perspective critique et ironique, l’artiste déconstruit les relations de genre et les stéréotypes féminins dans ses dessins et collages.
Depuis 2004, elle a travaillé régulièrement au Maroc, au Nigeria, au Sénégal, en Afrique du Sud,
au Pérou, en Australie et aux États-Unis. Katrin Ströbel a fait des études d’arts plastiques et de
littérature. Elle est docteure en histoire de l’art. Elle est mère. Depuis 2013, elle est professeure à la Villa Arson, École nationale supérieure d’art de Nice.

Le Petit Programme réunit 12 artistes familiers et partenaires fidèles de la programmation du centre d’art. Ce projet inédit et inhabituel leur consacre tour à tour une semaine de carte blanche pendant laquelle ils proposent chacun trois œuvres.
Le Petit Programme est également présenté dans l’espace d’exposition de La Kunsthalle Mulhouse, tel un projet en construction alimenté au fur et à mesure des semaines.

Elise Alloin, carte postale, 2020
Carte postale numérique

Elise Alloin initie avec le Petit Programme un projet participatif sur le territoire dans le cadre d’une résidence de recherche artistique à La Kunsthalle/CRESAT autour de la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim.
Le projet se poursuit jusqu’en 2022 et votre contribution viendra nourrir la recherche artistique de l’artiste, dessiner les reliefs d’une carte de géographie émotionnelle collective et éclairer ce territoire de transitions.
Les deux réacteurs nucléaires de la centrale électrique de Fessenheim sont aujourd’hui définitivement arrêtés.
Installé depuis un demi-siècle au bord du Rhin, cet équipement industriel a modelé et transformé votre expérience et votre relation au territoire.
Vous êtes invité à exprimer un souvenir, une émotion, une anecdote, une question, un vœu qui décrive votre lien personnel à cette histoire-là. En mots, en dessin, dans la langue de votre choix.
Il vous suffit de télécharger la carte postale sur votre appareil, remplir le champ de correspondance et la renvoyer automatiquement à l’artiste par la touche envoi prévu à cet effet.
Vous pouvez également la renvoyer ou contacter directement l’artiste à l’adresse suivante : rech.artistique.fessenheim@gmail.com


Elise Alloin, Diverger, 2020
Bande sonore, 31’33


Capture d’écran

Un réacteur nucléaire est un creuset élémentaire du monde.
À partir de l’uranium et de la fission de son noyau qui produit beaucoup d’énergie, une quantité extraordinaire d’éléments chimiques sont créés.
Agités, excités, instables, ils tendent alors – avec leur temporalité propre – vers des états plus calmes, en changeant de nature et en exprimant leur radioactivité.
Lorsqu’on arrête le réacteur, ces noyaux restent en quête de stabilité.

 

Elise Alloin est née en 1971, diplômée de la Haute école des arts du Rhin, elle vit et travaille à Strasbourg.
Elle développe son œuvre plastique dans une dynamique de recherche par l’art, notamment en explorant les liens que nous entretenons avec la radioactivité.
Comment cet « invisible » modèle-t-il notre conscience des lieux, notre relation au temps, à la mémoire sociale et à la transformation du vivant ?
Sa pratique, polymorphe et transdisciplinaire, se construit en collaboration avec des équipes de recherche : en physique nucléaire (CNRS-Institut pluridisciplinaire Hubert Curien, Strasbourg), en sciences humaines (Anthropologie Contemporaine, Université de Stockholm, Suède) et en sciences du vivant (Institut Océanographique et Laboratoire de Biotechnologie Marine, Université de Gdansk, Pologne).
Récemment accueillie en qualité de chercheur associée au CRESAT (Université de Haute Alsace), elle participe au programme de recherche Post-atomic Lab porté par le Centre sur la transition énergétique des territoires du Nucléaire. Elle y explore les questions qui traversent son travail sur la construction de nos paysages physiques et psychiques, nos circulations et nos modes d’habiter, en lien avec le démantèlement annoncé de la centrale nucléaire de Fessenheim.

Le Petit Programme réunit 12 artistes familiers et partenaires fidèles de la programmation du centre d’art. Ce projet inédit et inhabituel leur consacre tour à tour une semaine de carte blanche pendant laquelle ils proposent chacun trois œuvres.
Le Petit Programme est également présenté dans l’espace d’exposition de La Kunsthalle Mulhouse, tel un projet en construction alimenté au fur et à mesure des semaines.

Pusha Petrov, NEMAPARA, 2020
Vidéo en trois parties (Citći, Pišćir et Néma para na palucenska muma), durée totale 26’21
Camera : Rafael Vasilcin. Remerciements : Petrov Petronela, Rafael Vasilcin, Emil Madosa.

Pusha Petrov, Ćitći, 2020
Photographie couleur, 15 x 20 cm
Objet prêté gracieusement par le collectionneur Emil Madosa

« Pour le geste défaire je me suis arrêtée sur le plus petit accessoire de costume, le Ćitći qui accompagne le Pišćir est qui se porte à l’extrémité de l’arcade sourcilière. Il a le rôle d’une broche et représente le dernier accessoire ajouté à une jeune femme mariée. »


Pusha Petrov, Pišćir, 2020
Photographie couleur, 100 x 100 cm

« Pour la reconstruction, ce sont les mains de ma mère qui présentent la fabrication d’un Pišćir. Ses gestes filmés sont la passation d’une tradition. »


Pusha Pétrov, Néma para na palucenska muma / Aucune n’égale une mariée bulgare / The beauty of a Bulgarian bride goes unriaveled, 2020
Photographie couleur, 100 x 150 cm

« La vidéo revisite le principe de création des tresses perlées qui prolongent les cheveux des jeunes filles. Le titre, fait référence à une des chansons populaires les plus connues dans la communauté. Elle raconte la beauté féminine universelle. J’apprends ici le geste banal d’enfiler des perles sur un fil noir en vue de la réalisation de la pièce. »

Le village de Dudestii-Vechi est le foyer d’une petite communauté connue sous le nom de Palcene ou Bulgares du Banat en Roumanie. L’identité de ce groupe, forgée dans la tradition et la religion, est imprégnée d’un grand sens communautaire, qui a marqué leur costume traditionnel féminin. Ces costumes, riches de détails et longuement préparés, sont conçus selon une tradition qui témoigne de la fierté. En résulte une image riche d’identité et prête pour la fête.
Composé d’éléments minutieusement brodés et tissés à la main, avec des insertions de fil d’or, le costume féminin traditionnel est fabriqué intégralement par les femmes de la famille. Il représente une dote ou un héritage transmis de génération en génération. Son histoire est de presque un siècle et demi, il est créé habituellement pendant l’hiver, dans des conditions de faible lumière naturelle, il suscite un véritable effort générationnel.
Habillées par leurs proches, selon un protocole très précis, les femmes revêtent ce costume particulièrement important lors de différentes célébrations, notamment quand il est porté par la marraine dans une fête de mariage.
Dans le costume, le Pišćir est un accessoire particulier rajouté sur la tête. Fait de métal et de carton, la pièce a un statut sculptural qui fige la personne qui le porte et lui apporte une certaine dignité. Le costume devient une armure, d’apparence colorée et brillante, mais assez lourde à porter pour le corps et la tête.
Pour le Petit programme, Pusha Petrov propose 3 vidéos d’initiation autour du Pišćir (le chapeau), du Ćitći (l’agrafe) et des Manišćen plitći (les tresses de perles). Les trois accessoires génèrent des gestes particuliers : défaire, reconstruire et tresser des perles sur des fils. Exercices familiaux, ces trois temps de préparation filmés sont aussi la transmission d’un savoir-faire.

 

Pusha Petrov est née en 1984, elle vit et travaille à Timisoara en Roumanie.
Elle fait partie de la toute nouvelle génération d’artistes contemporains roumains. À travers ses photographies et ses installations, l’artiste cherche à guider le spectateur vers une identité cachée des objets personnels. Elle observe l’intimité des gens en se concentrant sur les détails de la vie quotidienne et les attitudes spécifiques qui préservent la singularité de chacun. En photographiant des objets ou des espaces habités, elle montre symboliquement le contexte ordinaire des gens, offrant une lecture sociologique et esthétique des modes de vie.

Le Petit Programme réunit 12 artistes familiers et partenaires fidèles de la programmation du centre d’art. Ce projet inédit et inhabituel leur consacre tour à tour une semaine de carte blanche pendant laquelle ils proposent chacun trois œuvres.
Le Petit Programme est également présenté dans l’espace d’exposition de La Kunsthalle Mulhouse, tel un projet en construction alimenté au fur et à mesure des semaines.

Marianne Marić, Terre, 2009-2020
Vidéo, couleur, son, 52″


Capture d’écran

Le visage est ici un paysage qui s’anime au gré d’une physionomie et d’un souffle extérieur. A la manière d’une terre balayée, il livre des instants fugaces et insaisissables en proie au vent qui chahute. Le noir des pupilles, au plus profond du regard, semble refléter une éclipse du soleil. Le monde sous les traits et la douceur du visage apparaît d’une grande beauté menacée par un tir, un seul, capable de tout anéantir.


Marianne Marić, Pierre, 2017
Photographie, couleur

D’un alliage fragile le sculpteur a tiré sa statue, un homme qui sue et qui symbolise le travailleur. Nu, il n’a pour habits que le dessin qui s’est inscrit sur la surface du matériau : un réseau de lignes semblables à des veines. Le temps et l’usure l’ont vêtu de la vie. Dans ses images, Marianne Marić sublime l’homme et offre une peau à la sculpture. Elle en fait un paysage infini à explorer.


Marianne Marić, Chair, 2016-2020
Vidéo, couleur, son, 52″


Capture d’écran

De la farine et de l’eau naît la pâte. De la pâte et de la peau Marianne Marić joue la ressemblance. Les mains et les pieds s’emparent avec sensualité de la préparation, la malaxent et lui donnent vie comme un sculpteur extrait de la terre une forme façonnée. Il y a lutte, violence et résistance jusqu’au coup final qui scelle la fin d’un combat. La pâte s’apprête à devenir pain.

 

Marianne Marić est née en 1982, diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure d’Art et Design de Nancy, elle vit et travaille à Paris et Mulhouse.
À l’âge de dix ans, Marianne Marić s’enfuit en pleine nuit par la fenêtre de sa chambre après avoir vu « L’Enfant sauvage » de François Truffaut à la télévision. Le lendemain, elle est découverte par un garde forestier qui la raccompagne chez ses parents. Après cet épisode marquant, Marianne se jure de tout faire pour devenir artiste, afin de réaliser ses fantasmes sans que personne ne puisse la ramener à la raison. Ainsi, depuis 2007, elle développe un travail transdisciplinaire, dans lequel elle déconstruit les frontières entre les médiums en utilisant le corps comme une arme sculpturale. Dans ses créations, l’art, la mode, le design, la photographie, la musique et la vidéo fusionnent à travers l’utilisation des corps de femmes comme « une extraordinaire et fascinante architecture ». Elle déconstruit des stéréotypes pour mieux les réemployer, s’amuse à jouer avec les symboles pour mieux les détourner. En 2018, elle a eu une exposition personnelle en Suède (par Christian Caujolle), puis elle a représenté la France à la Biennale d’Athènes (Poka-Yio) et enfin elle fut invitée d’honneur en novembre 2019 au plus grand festival de Photographie d’Amérique Latine : le FIFV au Chili.

Joël Riff à propos de son travail :
De la faille minérale d’un monument aux Morts, à la fente précieuse d’un sexe féminin, Marianne Maric positionne son objectif dans une même familiarité, qui fait de toutes ses images des témoignages. Désirer une photographie de Marianne Maric, c’est la posséder en petit, et la projeter en grand. Sensuels inédits.
Marianne Maric impose une con ance manifeste. Face à elle, les sujets ne s’offrent comme à personne d’autres. Cette alchimie unique, c’est chaque cliché qui la contient.

Pierre Bal-Blanc :
Signalons aussi ce contraste tangible tout au long de sa production, entre l’urgence d’un contexte, et la tendresse que l’artiste y cristallise. Dans une forêt vierge, dans les ruines d’un parc ou les quais sales du métro parisiens, des corps se donnent passionnément.
Une architecture vernaculaire et corporelle

Le Petit Programme réunit 12 artistes familiers et partenaires fidèles de la programmation du centre d’art. Ce projet inédit et inhabituel leur consacre tour à tour une semaine de carte blanche pendant laquelle ils proposent chacun trois œuvres.
Le Petit Programme est également présenté dans l’espace d’exposition de La Kunsthalle Mulhouse, tel un projet en construction alimenté au fur et à mesure des semaines.

Lena Eriksson, LODYPOP.COM
Diaporama de dessins.


(capture d’écran)

(Performance sans pression et projet sans panique)
À l’envers, en allemand, le mot vie (Leben) devient brouillard (Nebel). Lena Eriksson se positionne entre ces deux états et par le dessin propose une narration personnelle du monde dans lequel elle vit et tel qu’elle aimerait qu’il soit. Les dessins l’accompagnent partout et toujours, ils racontent sa vie et sa quête de sens, de convivialité, d’altruisme, d’émerveillement.


Lena Eriksson, Tierfilm (Film animalier), 2002
Vidéo, couleur, son, 19’15. Caméra : Andrea Saemann


(capture d’écran)

Le film est tourné dans une forêt près de Bâle, on aperçoit l’agglomération en arrière-plan. Le personnage est fait d’édredons, d’oreillers de duvets cousus entre eux. Animal, seul, un peu monstrueux, il occupe ce territoire, erre, s’attarde paresseusement au milieu des arbres sous l’objectif d’une caméra. Il semble confiant, insouciant et presque seul au monde. Il vit. La condition animale renvoi à l’évidence et la simplicité tandis que l’homme s’en fait l’observateur.


Lena Eriksson, Au-dessus de tous sommets, 2004
Vidéo, couleur, son. Caméra : Jan Eriksson, musique : Philippe Schwarz


(capture d’écran)

À la recherche de l’image du bonheur, Lena Eriksson tombe sur une photo de Björk à Cannes. L’actrice, au sommet de sa gloire, toute vêtue de rose, obtient la Palme d’or. Et si la robe rose était la clé du bonheur ? A son tour, Lena Eriksson tente sa chance et se construit sa propre robe en papier rose…

 

Lena Eriksson est née en 1971 à Viège en Suisse, elle vit et travaille à Bâle.
En fine observatrice du monde qui l’entoure, au contact de ses rencontres et au fil de ses voyages, elle développe des projets de recherche au service de nouvelles formes de médiation de l’art. Son travail s’exprime principalement dans le dessin, la vidéo et la performance. Entre 2004 et 20009, elle a dirigé le Kunstraum Lodypop à Bâle et depuis 2014 elle enseigne en Master Art à l’école de Design et d’Art de Lucerne.

Le Petit Programme réunit 12 artistes familiers et partenaires fidèles de la programmation du centre d’art. Ce projet inédit et inhabituel leur consacre tour à tour une semaine de carte blanche pendant laquelle ils proposent chacun trois œuvres.
Le Petit Programme est également présenté dans l’espace d’exposition de La Kunsthalle Mulhouse, tel un projet en construction alimenté au fur et à mesure des semaines.

A l’occasion du vernissage de Petit Programme, La Kunsthalle et l’association Épices proposaient une performance culinaire de Mélanie Boissié.

Plus que jamais la cuisine est un lien de partage et de solidarité, et la nourriture un moyen de découverte et de voyage tout en étant une pratique intime et réconfortante, d’autant plus essentielle lors de cette période si particulière.
Ce vernissage à emporter est l’occasion de mettre à l’honneur les valeurs et les personnalités de l’association Épices.
Dans ce format inédit un dialogue singulier s’établit avec le participant à travers des mets de saison et des mots écrits et choisis par les membres de l’association.
L’installation à déconstruire invite à se questionner sur des notions qui nous ont collectivement accompagnés ces derniers mois : espace privé et public, isolement et solidarité, individualité et unité.

Mélanie Boissié.

Cette performance a eu lieu dans le cadre de la résidence culinaire annuelle initiée par Épices et La Kunsthalle.
Le projet panache des temps d’ateliers de création, menés par l’artiste en collaboration ÉPICES, et des temps de restitution à La Kunsthalle lors des vernissages.

Mélanie Boissié est diplômée du Master Design et Culinaire de l’ESAD de Reims.

En partenariat avec l’association Épices, la résidence culinaire bénéficie du soutien de la Direction Régionale des Affaires Culturelles Grand Est.

Chourouk Hriech, Bird’s Fountain, 2017
Vidéo HD, couleur, son, 4’16 – Courtesy de l’artiste et de la Galerie Anne-Sarah Bénichou


(capture d’écran)

Une femme porte une cruche d’eau qui se remplit… on ne sait pas d’où vient l’eau qui déborde peu à peu sur la toge blanche immaculée de la jeune femme. Cette dernière tourne sur elle-même et nous fixe, le regard de plus en plus intense, l’eau de plus en plus noire.
Cette vidéo fait références à « tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse » (proverbe populaire), « La pluie » de Marcel Broodthaers (1969), le corps des femmes en lien avec les différents vases que chacune porte dans « Rebecca et Eliezer » de Nicolas Poussin 1643, enfin un lien avec le tour du potier suggéré ici par le modèle qui tourne sur lui-même, et dont l’eau et l’encre façonnent ses expressions au fur et mesure qu’elles se déversent sur lui.


Chourouk Hriech, Effeuillages – Robe 2, 2018
Vidéo HD, couleur, son, 14’15 – Courtesy de l’artiste et de la Galerie Anne-Sarah Bénichou


(capture d’écran)

« Nous retrouvons l’eau dans l’œuvre vidéo intitulée Effeuillage (2018) où l’artiste, debout dans une piscine, dessine des fleurs sur un carnet posé au-dessus de sa tête. Elle dessine à l’aveugle un motif commun, presque enfantin. Lorsque le dessin est terminé, elle arrache la page et la jette à l’eau. Dans une énergie absurde et poétique qui rappelle l’œuvre de Marcel Broodthaers (La Pluie, 1969), elle essaye, rate et recommence, sans jamais renoncer. Le dessin participe ici à la fois d’une impuissance et d’une résistance. » Julie Crenn


Chourouk Hriech, Le réel étant…, 2020
Vidéo HD, couleur, son , 8’38 – Courtesy de l’artiste et de la Galerie Anne-Sarah Bénichou


(capture d’écran)

Chourouk Hriech est rejointe par Hélène Kheletter, France/Paris, BryceAndCamille France/un duo Niçois, Timothée Monier France/Marseille, Béatrice Leitonaite France/Lituanie, Elias Kurdy France/Syrie, Vincent Pajot. Le temps d’un projet, ils se partagent un espace et proposent à la suite des uns et des autres un « haiku peint ou dessiné ».

 

Chourouk Hriech est née en 1977, diplômée de l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Lyon, elle vit et travaille à Marseille.
L’artiste pratique le dessin, comme une promenade dans l’espace et le temps. Ses œuvres, sur le papier, sur les murs, sur les objets qui nous entourent, appellent à la contemplation d’architectures anciennes et récentes, réelles et imaginaires, de personnages, d’animaux et de végétaux. Ses dessins articulent et entrechoquent des motifs urbains, du quotidien, en suivant sereinement la course folle du monde, comme un désir de résistance et d’utopie. Chourouk Hriech pratique avec la même énergie la vidéo ou la photographie, ainsi que la performance, souvent entourée d’oiseaux, de musiciens et de danseurs.
Son œuvre est présente dans de nombreuses collections publiques et privées.

Les autres artistes de « Le réel étant… » :

Elias Kurdy est né en 1990 à Damas (Syrie).
Je commence mes études d’architecture à l’Université arabe internationale de Damas en 2008, je suis venu à Marseille en 2012 après les événements qui ont suivi la révolution dans mon pays et intégré l’école d’architecture de Marseille -ENSAM jusque dans 2015, je suis entré à l’école d’art ESADMM pour obtenir un DNA 2017 et un DNSEP 2019. Aujourd’hui, je fais de la sculpture en carton, en papier, en terre, en granules de plastique, en jello. Je teste les limites de ces matières fragiles et leur résistance, mais surtout, je m’intéresse aux limites de mon corps et comment nos corps façonnent notre perception de l’échelle et des matériaux, de l’architecture qui nous entoure. Bien que mes gestes de dessinateur, de sculpteur ou d’interprète me semblent souvent futiles face aux crises politiques et aux bouleversements, j’ai un besoin compulsif de créer des formes, de dessiner des figures. La compulsion me sert à combattre le doute le temps d’un geste, d’une forme ou d’une performance. Mes personnages ont tendance à avoir du mal à rester debout, avec le risque de disparaître aussi facilement qu’ils ont émergé. www

Vincent Pajot est né en 1991 à Massy (91), il vit et travaille à Marseille.
Après des études d’architectures à l’ENSA Paris-Malaquais, il poursuit son cursus aux Beaux-arts de Marseille, et obtient son DNA en 2014. Il réalise pendant trois ans des reportages et clips musicaux pour un label de musique, puis retourne aux Beaux-arts dans le but d’élargir sa pratique, et obtient son DNSEP en 2019. Les notions d’échelles d’espace et de temps guident souvent ses créations, produisant des objets pouvant faire penser aux décors de film ou à la maquette. Il cultive par ailleurs une mythologie de la science, en opérant des détournements, des inventions, des assemblages d’objets techniques. www

Thimotée Monier est né en 1990 à Marseille où il vit et travaille.
Après avoir travaillé dans le bâtiment jusqu’à mes 25 ans, j’ai décidé d’intégrer l’Esadmm. En 2020 j’ai obtenu mon DNSEP. Mon travail s’articule entre peinture, dessin, collage et sculpture. Les médiums et les matériaux se reflètent sans pour autant révéler les mêmes choses. Je suis toujours en recherche de différentes dimensions envisageables créées par tous ces outils, ainsi, la construction, l’équilibre et la rencontre matérielle est l’essence de mon travail.

Beatrice Leitonaite est née en 1995 à Kaunas (Lituanie), elle vit et travaille à Marseille.
J’ai terminé les Beaux-arts de Kaunas en 2014 et la même année je suis arrivée en France pour continuer mes études d’art dans l’Ecole Supérieure d’Art et de Design Marseille-Méditerranée. Diplômée du DNA en 2017 et du DNSEP en 2019, mes réalisations sont comme une sorte de journal personnel, habité et nourri par mes pensées, mes réactions, mes souvenirs, mes batailles, mes attentes. C’est une pratique quotidienne qui vient d’une observation de la société, le monde qui m’entoure et de ma place dedans. Proche des dessins d’enfants, non sans faire penser aux dessins d’animation, ou aux griffonnages, l’ensemble de mes dessins dissimulent en réalité des expériences ou des craintes intimes comme des détails qui “grattent”, une espèce de fausse légèreté. Ces images sont faites pour que le spectateur se les approprie et les relie avec son propre vécu. 

Hélène Kelhetter est née en 1994 à Clamar (92), elle vit et travaille à Paris.
Elle est diplômée de l’Esad de Reims depuis juin 2018.
Le dessin, la vidéo et la céramique lui permettent de défendre des valeurs « décoloniales » dans l’art depuis la rédaction de son mémoire « Plonger au fond de l’inconnu pour trouver du nouveau ».

Bryce Delplanque et Camille Chastang sont né.e.s respectivement en 1993 et 1994, ils vivent et travaillent à Nice.
En 2015, ils se rencontrent à la Villa Arson autour du projet éditorial Pierre-Joseph, (mené par la graphique designer Susanna Shannon) dont ils deviennent les directeurs artistiques. La pratique du graphique design sera le point de départ de leur duo d’artistes tout comme leur goût pour la peinture, les reproductions d’images, le dessin, les fleurs, le papier peint, la sérigraphie et les big dots. Un duo  animé par l’envie de renverser la hiérarchie des genres picturaux, en redonnant au statut décoratif une valeur artistique.

 

Le Petit Programme réunit 12 artistes familiers et partenaires fidèles de la programmation du centre d’art. Ce projet inédit et inhabituel leur consacre tour à tour une semaine de carte blanche pendant laquelle ils proposent chacun trois œuvres.
Le Petit Programme est également présenté dans l’espace d’exposition de La Kunsthalle Mulhouse, tel un projet en construction alimenté au fur et à mesure des semaines.

Anna Byskov, La dérive de l’imbécile, 2020
Vidéo en trois parties, 39’40 au total

La situation récente a propulsé Anna Byskov en arrière… A resurgit un sentiment d’impossibilité de faire, de difficulté à s’exprimer. Aux séquences enregistrées il y a 15 ans, elle rajoute de nouvelles actions et réalise un film en 3 parties. La dérive de l’Imbécile est une tentative d’organiser des bribes d’expressions librement tournées. S’y retrouvent l’idée de l’autre, du collectif, du dialogue (parfois de sourd), du désordre, du doute et du dérisoire.

Partie 1 – Il y a 15 ans / 15 years ago (Dialogues, Les têtes/Faces, Les gestes/Gestures)
Vidéo bilingue français-anglais, 19’40. Extraits de vidéos réalisées il y a 15 ans remontés, réagencés, recoupés et réactualisés en mai 2020


(capture d’écran)


Partie 2 – Aujourd’hui à la maison / Today at home
Vidéo bilingue français-anglais, 10’, réalisée pendant la période de confinement, 2020


(capture d’écran)


Partie 3 – SORTIR / OUTSIDE
Vidéo bilingue français-anglais, 10’, réalisée pendant la période de confinement, 2020


(capture d’écran)

« La situation actuelle m’a propulsée en arrière.
A la maison, face à mon travail, j’ai eu une difficulté à sortir une production satisfaisante. La forme était rarement juste ou aboutie. Impossible d’exprimer ce que je voulais. Cette situation m’a propulsé en arrière lorsque j’étais étudiante et que j’étais face au même problème. Comment donner un statut, une justesse à quelque chose que nous voulons exprimer et qu’on n’y arrive pas ?
J’ai repris et sélectionné des rushs et séquences d’il y a 15 ans que j’avais faites précisément à la maison, en 8 clos, face à moi-même. Cette volonté acharnée de trouver une forme avait engendré beaucoup de tentatives sans réel succès.
Aujourd’hui, je les ai remontées entre elles pour redonner vie et un statut à ces séquences perdues.
Avec la situation actuelle, je retrouve cette incertitude d’il y a 15 ans. A nouveau, dernièrement, j’ai fait des tentatives de formes, sans grande conviction, j’ai filmé et remonté des bouts de séquences faites à la maison pour tenter de produire quelque chose.
Cette obstination finalement est une recherche de l’extérieur, de l’air frais, une escapade- et enfin NOUS la retrouvons ! »   Anna Byskov, mai 2020

Anna Byskov est née en 1984, diplômée de la Villa Arson (Nice), elle vit et travaille à Mulhouse.
Mettant son corps (et parfois son esprit) en jeu dans des actions décalées dans lesquelles le non-sens l’emporte sur la raison (comme plonger jusqu’à n’en plus pouvoir dans une piscine après avoir enfilé un maillot de bain trop grand, ou comme se taper la tête contre les arbres jusqu’à perdre le nord…), Anna Byskov ne rechigne pas à la tâche. Engagée physiquement dans son œuvre, pour la cause de l’autodérision, du burlesque et pour l’envie de tenter l’impossible, ses vidéos comme ses actions montrent une artiste déterminée dans son projet.
Anna Byskov se met également en scène en incarnant des personnages extravagants et stéréotypés. Ceux-ci empêtrés dans des conversations saugrenues déploient des dialogues paradoxalement absurdes et plausibles qui tendent souvent à relativiser la notion de folie ou d’idiotie.
Son travail de sculpture s’appuie lui aussi sur cette nécessité de contrer la valeur et la pérennité des choses et c’est donc avec le déséquilibre et le carton qu’elle construit. Comme pour être sûr que rien ne résistera au temps. Qu’une fois montrées, ses formes fragiles tomberont comme elle-même tombe quand elle tente de gravir ses escaliers de papier (L’escalier).

Le Petit Programme réunit 12 artistes familiers et partenaires fidèles de la programmation du centre d’art. Ce projet inédit et inhabituel leur consacre tour à tour une semaine de carte blanche pendant laquelle ils proposent chacun trois œuvres.
Le Petit Programme est également présenté dans l’espace d’exposition de La Kunsthalle Mulhouse, tel un projet en construction alimenté au fur et à mesure des semaines.

Eddie Ladoire, Intimité zéro, avril 2020
Photographies, bande son

Cette proposition, regroupe un ensemble de captations sonores et photographiques du paysage quotidien de l’artiste, réalisées pendant la période de confinement.
En marge de la série Intimité (1 à 10), Eddie Ladoire envisage ce numéro « zéro » comme un acte de résistance poétique et un retour à l’essentiel…

Partie 1 (7H)

Partie 2 (12H)

Partie 3 (21H)

« Ma démarche d’écriture sonore a pour point de départ les enregistrements des propriétés de lieux d’architecture, de villes ou de paysages, sur le terrain. De cette collecte minutieuse de sons et par des montages étudiés, naissent mes travaux de composition ou d’installation et, notamment, la série intitulée Intimité, de 1 à 10. A chaque fois, je dédie une Intimité à un lieu à l’architecture particulière, à un quartier, à une ville. Ces installations faites de micro-fictions, de bribes d’intimités, de discussions, de sons du quotidien aptes à créer des images mentales, mêlent le temps figé par l’enregistrement et le temps présent de l’auditeur. La frontière entre le réel et l’imaginaire devient fragile. D’où proviennent les sons ? S’agit-il de sons diffusés ? De sons naturels ? Ces œuvres en écho se déploient comme une large partition sonore aux fragments multiples pour écrire un seul et même récit, celui des lieux traversés.
Ma pratique habituelle est nomade, je voyage. J’enregistre partout pour saisir les sons cachés sous les bruits ambiants, les variations infimes, les ondes mineures. Je rencontre aussi. Je capte les mouvements humains et les intimités en recueillant des paroles, confidences chuchotées, chants, cris. Je dois glaner des matériaux et sortir de mon atelier pour mieux y revenir.
Avec le confinement, bien sûr, je ne peux plus présenter mes travaux normalement mais, surtout, je ne peux plus développer ma pratique librement. Double peine. Pas de déplacement, pas de rencontres, le point mort a priori. Et une grande envie d’aller enregistrer les villes en partie désertées à laquelle je dois renoncer alors que l’occasion est inédite.
Confiné face au même paysage, je me découvre pourtant chanceux d’avoir une fenêtre avec vue, ouverte sur la nature.
J’observe avec plus d’attention ce paysage familier qui se modifie parfois de manière très subtile au fil des heures. Et j’écoute. Au bout de quelques jours déjà, je perçois de nouveaux sons, des chants d’oiseaux jamais entendus, des insectes qui investissent sans crainte les espaces abandonnés par l’homme. Plus de voiture, moins de trains, moins de sons liés à l’activité viticole, quelques voix depuis les jardins alentours. J’avais déjà beaucoup enregistré cet environnement que je ne reconnais plus à l’oreille.
Confronté à ma propre intimité, avec le besoin de retrouver l’extérieur et la nature, je reprends mes micros et mon appareil photo pour capter, matin, midi et soir, ce qui est désormais mon paysage quotidien et ses imperceptibles variations. Ce retour sur soi est aussi un retour à l’essentiel, l’Intimité zéro avant les autres Intimités.
L’installation Intimité zéro est comme un acte de résistance poétique : travailler malgré tout, créer malgré tout et fixer pour après cette nature retrouvée, la préserver au-delà du confinement, faire en sorte que l’homme y reprenne sa place mais plus modestement, avec humilité. C’est possible, je le vois et l’entends tous les jours.
Intimité zéro est mon témoignage. L’installation est composée de trois tirages photographiques et d’une bande-son »  Eddie Ladoire, avril 2020

Eddie Ladoire est né en 1975, il vit et travaille dans la région de Bordeaux.
Ayant suivi un double parcours en Arts appliqués et en musique électroacoustique au Conservatoire de Bordeaux, Eddie Ladoire est à la fois plasticien et compositeur. Cet artiste-activiste est aussi à l’aise dans ses projets d’expositions où le rapport à l’intime est omniprésent, que dans ses productions sonores où il nous invite à repenser nos rapports au son, à l’écoute, à l’espace et à la ville. Auteur de pièces radiophoniques et de cartes postales sonores, il a exposé dans de nombreux centres d’art ou manifestations d’art contemporain en France et à l’étranger. Il réalise des créations sonores pour des scénographies d’exposition, compose des bandes-son pour le cinéma, des vidéos ou des documentaires et développe aussi des projets numériques dont Listeners application pour des parcours sonores géolocalisés et Audio Room, outil pédagogique.
Depuis 2014, il déploie l’ensemble de ses projets au sein d’Unendliche Studio, son agence de production.

Le Petit Programme réunit 12 artistes familiers et partenaires fidèles de la programmation du centre d’art. Ce projet inédit et inhabituel leur consacre tour à tour une semaine de carte blanche pendant laquelle ils proposent chacun trois œuvres.
Le Petit Programme est également présenté dans l’espace d’exposition de La Kunsthalle Mulhouse, tel un projet en construction alimenté au fur et à mesure des semaines.

Chourouk Hriech, "La voce della luna #3" (détail), 2020 - impression et gouache sur toile, 280 x 70 cm - Courtesy de l’artiste et de la galerie Anne-Sarah Bénichou

Eddie Ladoire, Anna Byskov, Chourouk Hriech, Lena Eriksson, Marianne Marić, Pusha Petrov, Elise Alloin, Katrin Ströbel, Guillaume Barborini, Jan Kopp, Stine Marie Jacobsen, Youssef Tabti

Le 28 avril dernier, le Premier Ministre français annonçait une réouverture des « petits musées » à la sortie du confinement. Cette toute première mesure en faveur d’un retour à la vie culturelle sur site laissait un grand nombre d’acteurs dans le flou et l’interrogation. Comme beaucoup d’autres, nous nous sommes réjouis mais avons aussi douté de notre capacité à revenir à la vie d’avant.
À cette invitation à ouvrir nos petits musées, La Kunsthalle Mulhouse a choisi de répondre par un Petit Programme, construit dans l’urgence et assumant la nécessité absolue de reprendre le travail avec les artistes et de montrer leurs œuvres.
Le Petit Programme réunit 12 artistes familiers du centre d’art. Ce sont des partenaires fidèles de la programmation de La Kunsthalle. Ce projet inédit et inhabituel leur consacre tour à tour une semaine de carte blanche pendant laquelle ils proposeront chacun un ensemble de trois œuvres.
Le Petit Programme de chaque artiste sera visible en ligne, pendant une semaine, sur les réseaux sociaux et le site internet du centre d’art. En parallèle, l’espace de La Kunsthalle sera un lieu de consultation dans lequel les œuvres s’accumuleront au fur et à mesure de l’été. Le public pourra se rendre dans l’espace d’exposition pour des visites pas tout à fait ordinaires mais résolument sécurisées.
En reprenant dans ses codes et ses formats les contraintes dictées par la crise sanitaire et ses répercussions sociales, en s’inscrivant dans un temps suspendu et propice à la réflexion, l’équipe de La Kunsthalle espère participer à un vaste débat consacré au monde d’après.

Vernissage le vendredi 19 juin : « Pack Drive » de Mélanie Boissié, en partenariat avec Epices.

Programme en cours de construction :
La page dédiée à chaque artiste s’activera au fur et à mesure des semaine, cliquez sur son nom  pour la découvrir…

Du 1er au 7 juin – Eddie Ladoire
Intimité zéro (avril 2020) – photographies, bande son


Du 8 au 14 juin – Anna Byskov
La dérive de l’imbécile (mai 2020) – vidéo en trois parties


Du 15 au 21 juin – Chourouk Hriech
Bird’s Foutain (2017) | Effeuillages #2 (2018) | Le réel étant… (2020) – vidéos


Du 22 au 28 juin – Lena Eriksson 
LODYPOP.COM | Tierfilm (2002) | Au-dessus de tous sommets (2004) – diaporama de dessins et vidéos


Du 29 juin au 5 juillet – Marianne Marić
Terre (2009-2020) | Pierre (2017) | Chair (2016-2020) – photographie et vidéos


Du 6 au 12 juillet – Pusha Petrov
NEMAPARA |Citći | Pišćir | Néma para na palucenska muma (2020) – vidéos


Du 13 au 19 juillet – Elise Alloin
Carte postale | Diverger (2020) – Carte postale et bande sonore


Du 20 au 26 juillet – Katrin Ströbel
Becoming sculpture. Undoing sculpture. (Les confiné·e·s) (2020) – collages


Du 27 juillet au 2 août – Guillaume Barborini
Dessin pour une texture souterraine, (2020 – en cours) – 3 extraits vidéos


Du 3 au 9 août – Jan Kopp
Rien d’extraordinaire, des idées trouvées sur la route (2020) – 2 vidéos et dessin


Du 10 au 16 août – Stine Marie Jacobsen
Direct Approach (2012)| Direct Approach, Ukraine (2019) | IMF  (2019) – vidéos


Du 17 au 23 août – Youssef Tabti
Istanbul Trilogie 2015 2016 2017 – photographies et texte

Vue de l'exposition 'Se suspendre aux lendemains' - Régionale 20 , 2019
Elise Alloin, 'Prendre position' (détail de l'installation, 2019
© La Kunsthalle - photo : Sébastien Bozon

Le projet de recherche artistique d’Elise Alloin prend appui sur une situation territoriale inédite en France : l’arrêt des réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim en février et juin 2020 jusqu’à son démantèlement dans les années à venir.
Alliant temps de recherche et de créations, le projet déployé sur 3 ans se situe sur le terrain de l’observation et du sensible, en double regard d’artiste et de chercheure. Il tisse des liens entre l’art et les différentes questions soulevées par la transition d’un territoire (incluant l’approche artistique dans un débat sociétal contemporain).
Document de présentation

Quatre axes de recherche, associés à des projets artistiques et à destination des publics, composent la démarche de l’artiste :

I. FONCTIONNEMENT D’UN ORGANISME

Appréhendée à la manière d’un organisme vivant, la centrale nucléaire est perçue comme l’articulation de mécanismes humains et matériels, voués à assurer le bon fonctionnement du site, et la sécurité de tous.
Chaque machine, chaque procédure, chaque agent, chaque geste codifié constitue un dispositif que l’artiste vient interroger.

 

II. PROCESSUS D’INTERACTION

Elise Alloin, "Prendre Position", détail, Cattenom, 2016

Une centrale est un lieu quasi inaccessible mais dont le dialogue avec le territoire est constant : l’eau du Rhin refroidit le réacteur, l’électricité produite part sur le réseau de distribution européen, le combustible y est livré et évacué par le train lorsqu’il est usagé, des centaines de personnes travaillent quotidiennement dans l’enceinte, d’autres mettent en place des protocoles de sécurité civile sur le territoire…
L’artiste, par son approche, met en lumière les modifications de ces flux, engendré par l’arrêt des réacteurs.

 

III. PERCEPTIONS INDIVIDUELLES
Elise Alloin, Carte postale, 2020 – invitation aux témoignages

Dans le bassin rhénan nombreux sont ceux qui ont une histoire singulière avec la centrale de Fessenheim. Sa fermeture marque un tournant majeur et génère un glissement de nos perceptions de ce lieu. L’enjeu n’est désormais plus fonctionnel mais patrimonial.
Par une approche empirique des paysages physiques et psychiques du territoire, l’artiste dresse peu à peu une cartographie émotionnelle du site.

 

IV. ENVIRONNEMENT NATUREL
Elise Alloin, Herbier entre Fessenheim - "Rêverie du promeneur solitaire, 7ème promenade", 2012-13

Une centrale s’inscrit dans un environnement naturel fait d’eau, de végétation, de géologie et de faune.
Elise Alloin analyse cet écosystème, qu’il soit compris dans l’enceinte de la centrale ou au dehors, dans la zone de servitude publique, dans laquelle l’intervention humaine est légiférée et où la faune et la flore se développent indépendamment.

 


En 2019, Elise Alloin a été accueillie au Centre de Recherche sur les Économies, les Sociétés, les Arts et les Techniques de l’Université de Haute-Alsace en qualité de chercheure associée. Elle participe au programme de recherche Post-atomic Lab porté par le Centre sur la transition post-nucléaire du territoire lié à la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim.
Parallèlement, elle devient artiste associée à La Kunsthalle qui l’accompagne sur le volet artistique de sa recherche. L’exposition Se suspendre aux lendemains, s’est présentée comme la première étape d’un projet au long cours.
Pendant plus d’un mois, l’artiste a été présente dans l’exposition et disposée à rencontrer les publics avec lesquels elle souhaitait partager durablement ses interrogations et ses pistes de réflexion au sujet de la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, pour mieux cerner les enjeux de l’événement, ses conséquences à court, moyen et long terme.

Pour le Petit Programme, en 2020, Elise Alloin invitait le public à entrer en correspondance avec elle en exprimant un souvenir, une émotion, une anecdote, une question, un vœu qui décrive votre lien personnel l’histoire de la centrale via une carte postale à télécharger.


Diplômée de la Haute école des arts du Rhin en 2013, Elise Alloin développe son œuvre plastique dans une dynamique de recherche par l’art.
Elise s’intéresse aux liens que nous entretenons avec la radioactivité : l’usage que nos sociétés en font construit nos paysages géographiques et mentaux, nos relations spatiales et nos circulations. Comment ce phénomène physique « invisible » modèle-t-il notre conscience des lieux, notre relation au temps, à la mémoire et à la transformation matérielle du vivant ?
Son travail s’exprime par la mise en place, dans l’espace proposé, d’éléments matériels et formels qui dessinent sa réflexion. Bien au-delà d’une démonstration, l’artiste agence les formes issues de ses recherches comme un dispositif d’expérience : une équation spatiale, posée physiquement comme une question, dont le corps du visiteur devient l’inconnue. C’est à lui de faire l’expérience du déplacement physique et mental. Sa pratique, transdisciplinaire, se construit sur le long terme, en collaborations soutenues avec des équipes de recherche : en physique nucléaire (CNRS-Institut Pluridisciplinaire Hubert Curien, Strasbourg), en sciences du vivant (Institut Océanographique de Sopot et Laboratoire de Biotechnologie Marine, Université de Gdansk, Pologne) et en sciences humaines (anthropologie contemporaine, Université de Stockholm, Suède).
Elle se nourrit également d’une riche expérience antérieure de terrain en archéologie et en conservation du patrimoine artistique.

 

La résidence de recherche, en partenariat avec le Centre de Recherche sur les Économies, les Sociétés, les Arts et les Techniques de l’Université de Haute-Alsace, est réalisée avec le soutien financier de la Région Grand Est et le soutien de la Fondation Daniel et Nina Carasso, sous l’égide de la Fondation de France.

        

            

                      

       

Initiation à la programmation par le jeu avec Audrey Lépicier, ingénieure documentaliste & intervenante pédagogique / Atelier Canopé 68, suivie d’une visite guidée de l’exposition Algotaylorism.

Avec trois niveaux de difficultés, Planète Code* est un jeu collaboratif qui propose un apprentissage débranché et progressif du code et de la programmation.
De 2 à 4 joueurs (peut se jouer en équipes), à partir de 8 ans.
Parties de 15 minutes.

Gratuit, sur inscription au 03 69 77 66 47 / kunsthalle@mulhouse.fr
En partenariat avec le Réseau Canopé

* sur une idée originale de Lorin Walter et Matthieu Boucher

"Il était une faim", 2019 © Mélanie Boissié

Le vernissage de l’exposition Algotaylorism s’est poursuivi avec une performance culinaire de Mélanie Boissié.

Le projet panache des temps d’ateliers de création, menés par l’artiste en collaboration avec de jeunes mulhousiens, au sein d’ÉPICES et des temps de restitution à La Kunsthalle lors des vernissages.

Le domaine numérique et ses algorithmes bouleversent l’appréhension de notre alimentation.
En s’inspirant des paramètres algorithmiques – constantes, variables et structures – et en suivant un protocole d’expérimentations et de recherches autour de la nourriture, Mélanie Boissié questionnera l’acte fondamental de cuisiner lors d’ateliers au sein de l’association Épices et le résultat de leurs recherches seront à découvrir et tester lors des vernissages.

En partenariat avec l’association Épices. la résidence culinaire bénéficie du soutien de la Direction Régionale des Affaires Culturelles Grand Est.

"Il était une faim", 2019 © Mélanie Boissié

La Kunsthalle et l’association ÉPICES invitent Mélanie Boissié pour une résidence culinaire de neuf mois.
Le projet panache des temps d’ateliers de création, menés par l’artiste en collaboration avec de jeunes mulhousiens, au sein d’ÉPICES et des temps de restitution à La Kunsthalle lors des vernissages.

Mélanie Boissié est une jeune designeure, diplômée du Master Design et Culinaire de l’ESAD de Reims.
Après une enfance entre la boulangerie-pâtisserie de ses parents et le jardin potager de ses grands-parents, c’est avec évidence  que, des années plus tard, l’artisanat et l’alimentation rejoignent sa pratique du design. Son attachement profond pour la matière l’amène à explorer et expérimenter de la terre à la nourriture, avec une sensibilité accrue pour leur matérialité et leurs caractéristiques techniques, culturelles et symboliques.
À travers sa pratique du design, elle développe des projets pluridisciplinaires avec un regard alerte face aux enjeux de se nourrir. Et c’est avec une sincère volonté de médiation qu’elle questionne aussi bien notre perception de la matière alimentaire que ses processus de transformation œuvrant pour une alimentation et un design aussi sensibles que sensés.

Performance culinaire le 12 février lors du vernissage d’Algotaylorism.
Performance culinaire le 19 juin lors du vernissage de Petit Programme.
Performance culinaire le 17 septembre lors de l’inauguration de Le monument, le labeur et l’hippocampe.

En partenariat avec l’association Épices. la résidence culinaire bénéficie du soutien de la Direction Régionale des Affaires Culturelles Grand Est.

Emanuele Braga & Maddalena Fragnito (MACAO) (IT), Simon Denny (NZ), Elisa Giardina-Papa (IT), Sam Lavigne (US), Silvio Lorusso (IT), Jonas Lund (SE), Michael Mandiberg (US), Eva & Franco Mattes (IT), Lauren McCarthy (US), Julien Prévieux (FR), RYBN.ORG (FR), Sebastian Schmieg (DE), Telekommunisten (CA/DE)
Curatrice : Aude Launay

[English and German below]

Alors que de plus en plus de capacités que l’on pensait propres à l’humain sont applicables à des machines, comment penser le travail qui, longtemps, a caractérisé l’homme ? Qu’est-ce que le travail à l’ère numérique mondialisée ? D’un côté, un taylorisme algorithmique grandissant — la division du travail poussée à l’extrême chez les travailleurs du clic —, de l’autre, une illusion machinique persistante — nombre de tâches que l’on pense effectuées par des ordinateurs le sont en fait par des êtres humains, de manière plus ou moins dissimulée. À l’heure d’une gestion algorithmique du management, qu’en est-il de la mesure de la performance et des instruments d’optimisation des travailleurs ? De la fin du salariat comme organisation dominante du travail ? Et puis, dans ce que l’on nomme désormais l’« économie de l’attention », il n’y a pas que les travailleurs qui travaillent : toute activité en ligne est susceptible d’ajouter à l’accumulation de capital des géants du net par sa marchandisation. Toute donnée est monétisable. Tout internaute est générateur de profit. Être en ligne = travailler ?

Algotaylorism regroupe des artistes qui opèrent à la jonction humain-machine et ont pris cette interaction comme sujet de recherche et comme outil de production. Travailler à son insu ; avoir un algorithme pour supérieur ; faire office d’intelligence artificielle et penser une société non centrée sur le travail formeront les différents chapitres de l’exposition. Interventions et performances humaines seront pour cela couplées à des logiciels créés pour l’occasion sous forme d’une appli de commande de livraison d’art, d’un processus de mining écologique d’une cryptomonnaie d’inspiration marxiste et de robots conversationnels au discours troublant.

L’exposition se poursuit avec Algotaylorism: Rage Against the Machine à l’Espace multimédia Gantner.

Retrouvez l’ensemble des rendez-vous autour de l’exposition dans la rubrique Agenda.

Curatrice et autrice indépendante, Aude Launay est philosophe de formation.
Une partie importante de ses écrits et de ses expositions traite de l’influence d’internet et des technologies avancées sur l’art contemporain et la société. Ces dernières années, ses recherches se sont concentrées sur la prise de décision décentralisée par le biais de processus algorithmiques et de blockchains dans le domaine de l’art. Plus généralement, elle s’intéresse à l’art qui interfère avec les mécanismes de pouvoir qui sous-tendent les structures de gouvernance.


[Eng]

While more and more capacities that we thought of as human-specific are applicable to machines, how can we rethink work that has long been considered part of human characteristics? What is work in the globalized digital age? On the one hand, a growing algorithmic Taylorism—the extreme division of labour among click workers—and on the other hand, a persistent mechanical illusion—many tasks thought to be performed by computers are in fact performed by human beings, in a more or less hidden way. In an era of algorithmic management, what about performance measurement and worker optimization tools? What about the end of wage labour as the dominant structure for work? And, in what is now called the « attention economy », it is not only workers who work: any online activity is likely to add to the capital accumulation of Internet giants through its commodification. All data is monetisable. Every Internet user is profitable. Being online = working?

Algotaylorism brings together artists who work at the human-machine junction point and have taken this interaction as a research subject and as a production tool. Working unwittingly; having an algorithm as a boss; acting as an artificial intelligence and envisioning a society not work-centred: so are the different chapters of the exhibition. For its purpose, human productions and performances will be coupled with custom software in the form of an art delivery order application, an ecological mining process of a Marxist-inspired cryptocurrency and conversational robots with disturbing speech.

The exhibition continue with Algotaylorism: Rage Against the Machine at Espace multimédia Gantner

Aude Launay is an independent writer and curator trained as a philosopher. A significant part of her writings and exhibitions deals with the influence of the internet and advanced technologies on contemporary art and society. In recent years, her research focus has been on crowdsourced and distributed decision-making through algorithmic and blockchain-based processes in art. More generally, she is interested in art that interferes with the power mechanisms underpinning governance structures.


[De]

Immer mehr Fähigkeiten, die man ausschließlich dem Menschen zuschrieb, können inzwischen von Maschinen umgesetzt werden. Wie ist dann das Prinzip Arbeit zu verstehen, das lange kennzeichnend für den Menschen war? Was bedeutet Arbeit im globalisierten Digitalzeitalter? Auf der einen Seite ein zunehmender algorithmischer Taylorismus — Arbeitsteilung ins Extreme getrieben beim Arbeiten per Mausklick — , auf der anderen Seite eine andauernde maschinelle Illusion — zahlreiche Aufgaben, die scheinbar vom Computer, doch in Wirklichkeit vom Menschen durchgeführt werden, auf mehr oder weniger versteckte Weise. Wie sieht es mit der Leistungsbeurteilung und mit Optimierungsmaßnahmen für Arbeitnehmer aus, wenn die Unternehmensführung in Form eines algorithmischen Managements von statten geht? Bedeutet dies das Ende der Lohnarbeit als klassischer Arbeitsform? Nicht nur die Beschäftigten arbeiten bei dem, was man nunmehr „Ökonomie der Aufmerksamkeit“ nennt: Jede Online-Aktivität vermag durch ihre Kommerzialisierung zur Kapitalbildung der Internetriesen verhelfen. Mit allen Daten kann man Geld machen. Jeder Surfer erzeugt Profit. Online sein = arbeiten?

Algotaylorism bringt Künstler zusammen, die an der Schnittstelle zwischen Mensch und Maschine tätig sind und diese Interaktion zu ihrem Forschungsgegenstand und Produktionswerkzeug gemacht haben. Unbewusst arbeiten; einen Algorithmus als Vorgesetzten haben; als künstliche Intelligenz auftreten; eine Gesellschaft entwerfen, die nicht zentral an Arbeit ausgerichtet ist – diese Themen bilden die unterschiedlichen Kapitel dieser Ausstellung. Dazu werden Interventionen und Performances von Menschen mit Software verknüpft, die eigens zu diesem Anlass erschaffen wurden. Sie nehmen unterschiedliche Formen an: eine App für Bestellung und Lieferung von Kunst, ein ökologisches Process-Mining einer Kryptowährung marxistischer Inspiration und Gespräche führende Roboter mit verwirrenden Worten.

Die Ausstellung Algotaylorism: Rage Against the Machine findet im Espace multimédia Gantner…

Die ausgebildete Philosophin Aude Launay ist Kuratorin und unabhängige Autorin.
Ein wesentlicher Teil ihrer Schriften und ihrer Ausstellungen handelt vom Einfluss des Internets und der modernen Technologie auf die zeitgenössische Kunst und die Gesellschaft. In den letzten Jahren haben sich ihre Forschungen auf die dezentrale Entscheidungsfindung durch die Anwendung von Algorithmen und Blockchains im künstlerischen Bereich konzentriert. Allgemein interessiert sie sich für Kunst, die mit den Machtmechanismen interferiert, von denen unsere Führungs- oder Regierungsstrukturen bestimmt sind.


Algotaylorism est réalisée  avec  la participation du DICRéAM /  With the support of DICRéAM / Die Ausstellung wurde durch DICRéAM unterstützt.

Avec 

Mulhouse Art Contemporain est partenaire de La Kunsthalle.

L’exposition bénéficie du soutien de Prevel Signalisation, Rixheim.

Alexia Vettori, Sans titre, 2019

La Kunsthalle accueille Publica(c)tions – Un environnement de possibilités, une proposition des étudiants du groupe Le Plateau, option Art de la Haute école des arts du Rhin de Mulhouse,  construite en une semaine de workshop avec Veronica Valentini, commissaire d’exposition invitée.

Publica(c)tions. Un environnement de possibilités est un cadre de travail qui permet de réfléchir aux notions du vivant, du collectif et de la citoyenneté en jouant sur la mise en commun des idées individuelles dans l’espace partagé : entre l’accès à une pièce nouvelle et sa mise en œuvre par le public participant à la formalisation de cet espace.
Que ce soit un restaurant ou un magasin, une place ou un salon de thé, une salle de danse ou la rue, une friterie ou la colline jouxtant La Kunsthalle, l’espace d’exposition devient un prolongement de l’extérieur, le déroulement du temps en cours, la vie.
Pendant trois jours, les étudiant.es et leurs œuvres, certaines nées de collaborations nouvelles, livrent les implications sociales, éthiques, politiques et poétiques des interactions humaines avec l’environnement, nous invitant à interroger nos acquis, et ainsi, à favoriser la rencontre, l’échange et le dialogue entre tou.te.s les habitant.es de ce lieu.

Avec Isabelle Audoineau-Maire, Xantia Garcia-Luna, Emilie Gentilini-Garsiglia, Victor Giroux, Léna Guicquéro, Karl Houllevigue, Nadjmah Ingar, Hyesung Jung, Nicolas Keller, Ellia Kevorkian, Gihoon Kim, Léa Kreitmann, Louise Leygues, Vincent Lo Brutto, Apolinne Marmin, Laurence Merle, Thibaut Morain, Louis Moreau Avila, Maxime Ta, Alexia Vettori.
Coordination : Edouard Boyer

Laura Vazquez © photo : Erlend Wichne

Auteure associée à la saison culturelle 2019/2020, Laura Vazquez est invitée à s’immerger dans l’univers des quatre expositions annuelles et composer librement autour des œuvres selon son langage spécifique.

Les expositions
Où sommes-nous
Se suspendre aux lendemains
Algotaylorism
Petit Programme

Laura Vazquez vit à Marseille où elle se consacre l’écriture poétique et narrative.
En 2014, elle reçoit le prix de la Vocation pour son livre La main de la main, elle est également lauréate 2016 des ateliers Médicis, et lauréate 2017 des résidences d’écriture de la Fondation
Michalski pour l’art et la littérature.
Ses livres sont publiés aux éditions Maison Dagoit, L’arbre à parole, Plaine Page, et Cheyne éditeur. On trouve ses textes au sommaire de nombreuses revues (If, Nioques, Espace(s), La mer gelée, Littérature…) et certains ont été traduits en chinois, anglais, espagnol, portugais, norvégien, néerlandais, allemand et italien.
Elle donne de nombreuses lectures de ses poèmes à travers le monde : Ming Contemporary Art Museum de Shanghai (Chine), Festival Actoral, Centre Pompidou, Fondation Louis Vuitton, Musée d’art contemporain de Genève (Suisse), Maison de la poésie de Paris, Norsk Litteraturfestival (Norvège),  Festival Voix Vives de Tolède (Espagne), Centre d’art d’Amsterdam Perdu (Hollande) …
Elle anime régulièrement des Masterclass et des ateliers d’écriture, notamment au Centre International de poésie de Marseille, à la médiathèque d’Argenteuil, à l’école nationale supérieure d’art de Paris-Cergy, à l’école supérieure d’art d’Aix, à l’université de Montpellier, à l’école supérieure d’Arts et Média de Caen, ou dans le cadre de festivals comme Oh les beaux jours ! à Marseille, auprès d’enfants, d’adolescents, d’adultes, de documentalistes, de prisonniers, de primo-arrivants, et de professeurs.
Enfin, elle fait partie du groupe Tsuku et, depuis 2014, elle édite la revue MUSCLE avec Roxana Hashemi.