Ferme les yeux et respire – Regionale 23

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Ferme les yeux et respire.

Pendant un mois, trois expositions se succèdent dans une Kunsthalle Mulhouse Ephémère installée au Marché de Noël de Mulhouse.
Dans un petit espace construit pour quelques œuvres, le public est invité à prendre le temps d’une respiration, à se détacher du monde matériel, lourd d’inquiétudes. Trois propositions se succèderont et permettront d’investir des imaginaires qui ont l’immense qualité de nous emmener ailleurs et peut-être même de nous faire du bien.

Johanna Mangold explore les rêves, ceux de quelques habitants de la Forêt-Noire qu’elle a rencontré lors d’une résidence pendant l’hiver 2021. Du 25 novembre au 4 décembre.

Le collectif somebody*ies (Anna Byskov, Stella Meris, Nika Timashkova et Apo Yaşa) nous entraîne vers un monde où les spiritualités se rencontrent et s’inspirent. Du 6 au 15 décembre.

Mathilde Rohr prend soin de la terre et de nos corps, elle les lie et les réconcilie dans des gestes d’attention réciproque. Du 17 au 27 décembre.

Ferme les yeux et respire est présentée au marché de Noël de Mulhouse du 25 novembre au 27 décembre 2022.

L’exposition annuelle de groupe s’inscrit dans le cadre de la Régionale, une coopération transfrontalière de 18 institutions en Allemagne, en France et en Suisse, avec un focus sur la production artistique contemporaine locale dans la région tri-rhénane.


[De]

Augen schließen und durchatmen.

Innerhalb eines Monats finden in einem temporär genutzten Chalet auf dem Weihnachtsmarkt – La Kunsthalle Mulhouse ephemere – drei aufeinanderfolgende Ausstellungen statt. Der kleine, nur wenige Werke umfassende Raum, soll das Publikum dazu Anregen innezuhalten und durchzuatmen, sich von der materiellen Welt und ihren Sorgen zu losen. Gezeigt werden drei verschiedene Ansätze, die eine Atmosphäre schaffen, die uns dabei hilft, loszulassen, und uns mitnimmt auf eine Reise, die sich vielleicht sogar positiv auf unser Wohlbefinden auswirkt.

Johanna Mangold konfrontiert uns mit der Traumwelt von Menschen, die ihr während einer Residenz im Winter 2021 im Schwarzwald begegnet sind. 25. November – 4. Dezember.

Das Kollektiv Somebody*ies (Anna Byskov, Stella Meris, Nika Timashkova und Apo Yaşa) entführt uns in ein Universum, in dem sich verschiedene Formen von Spiritualität begegnen und sich gegenseitig inspirieren. 6. Dezember – 15. Dezember.

Mathilde Rohr untersucht die Verbindungen zwischen der Erde und unseren Körpern und findet Gesten der Versöhnung erfullt von gegenseitiger Aufmerksamkeit. 17. Dezember – 27. Dezember.

Eine jährliche Gruppenausstellung, entwickelt im Kontext der Regionale, einer grenzüberschreitenden Kooperation von 18 Institutionen in Deutschland, Frankreich und der Schweiz mit dem Fokus auf lokale, zeitgenössische Kunstproduktion in der Drei-Länder-Region um Basel.

Anne Marie Maes, “Sensorial Skins”, vue d’installation Cyfest#14 à Yerevan, Arménie, 2022 - Courtesy et crédit photographique : Anne Marie Maes

La Kunsthalle Mulhouse accueille Alchimia Nova, une exposition de l’artiste belge Anne Marie Maes du 17 février au 30 avril 2023.
Depuis plus de 15 ans, elle pose un regard non anthropocentrique sur le monde, orientant sa recherche sur la relation symbiotique entre l’ensemble des micro-organismes vivants comprenant plantes, bactéries et champignons.
Pour son projet mulhousien, Anne Marie Maes poursuit ses investigations dans le cadre d’une résidence de recherche autour des micro-organismes comme mediums de création et s’intéresse, plus particulièrement, à ce que lui offrent les terres alsaciennes pour créer des œuvres inédites en collaboration avec une équipe de microbiologistes du CNRS – Université de Strasbourg. Suite à de nombreuses cueillettes, Anne Marie Maes élabore une palette de couleurs caractéristique de la région grâce aux pigments obtenus par extraction ou décoction de plantes sauvages, champignons et bactéries du sol.
Au cœur de l’exposition sera installé le Lab for Form & Matter, œuvre-laboratoire-atelier d’artiste, cœur battant de l’interaction avec les scientifiques et les publics. Cet espace de recherche sera activé par l’artiste lors de temps forts durant lesquels elle invitera les publics à participer à son projet.
Alchimia Nova est une exposition vivante et évolutive composée de nouvelles expérimentations et d’œuvres existantes, toutes inspirées par le rythme, l’énergie, la beauté et l’inventivité de la nature.

L’exposition Alchimia Nova est soutenue par Flanders state of the Art.
Le projet bénéficie du soutien du fonds d’art contemporain [N.A !] Project.

   


Anne Marie Maes est une artiste multidisciplinaire qui vit et travaille à Bruxelles. Dans sa pratique, elle combine l’art et la science, avec un intérêt particulier pour la biotechnologie, les écosystèmes et les processus alchimiques. Elle travaille avec une gamme de médias biologiques, numériques et traditionnels, y compris des organismes vivants. Sur le toit de son studio à Bruxelles, elle a créé un laboratoire en plein air et un jardin expérimental où elle étudie les organismes symbiotiques et les processus que la nature utilise pour créer des formes. Les projets à long terme “Bee Agency” et “Laboratory for Form and Matter” – dans lesquels elle expérimente avec des bactéries et des textiles vivants – fournissent un cadre qui a inspiré un large éventail d’installations, de sculptures, de photographies, d’objets et de performances – tous à l’intersection de l’art et de l’écologie.
Anne Marie Maes a exposé ses œuvres dans des centres d’art et des festivals du monde entier. Elle a reçu une mention honorable à Ars Electronica pour son projet de recherche en cours intitulé “The Intelligent Guerrilla Beehive”. annemariemaes.net

[English and German below]

L’œuvre de Maarten Vanden Eynde interroge les liens étroits qui existent entre le modèle de croissance économique et le déclin de la Terre.

Après l’exposition au Mu.ZEE d’Ostende en 2021, Exhumer le futur à La Kunsthalle Mulhouse est la deuxième rétrospective de Maarten Vanden Eynde tirée d’un livre éponyme* qui contextualise son travail et retrace 20 années d’une recherche persévérante, toujours active.
Par une fine observation de l’essor industriel et de la mondialisation croissante, Maarten Vanden Eynde confronte l’idée de progrès à l’épuisement des ressources terrestres. Que léguons-nous au futur ?
À Mulhouse, une sélection de ses œuvres répertoriées s’organise autour de la question industrielle, celle des processus de production, de la transformation des matières premières et des produits.

Commissariat d’exposition : Katerina Gregos et Sandrine Wymann.

* A Mulhouse, pendant la durée de l’exposition, le catalogue sera disponible à La Kunsthalle ainsi qu’aux librairies indépendantes 47°Nord et Bisey .

Maarten Vanden Eynde est un artiste visuel basé à Bruxelles, en Belgique, et à Saint-Mihiel, en France. Il est diplômé en 2000 de la Gerrit Rietveld Academie à Amsterdam aux Pays-Bas, et il a également étudié aux États-Unis en 2006, à l’école expérimentale MSA^ Mountain School of Arts à Los Angeles. En 2009, il achève des études de cycle supérieur auprès du Hoger Instituut voor Schone Kunsten (Institut supérieur des beaux-arts) à Gand en Belgique, où il est actuellement un tuteur invité régulier. Depuis 2020, il est doctorant à l’Université de Bergen en Norvège, se concentrant sur l’histoire et l’évolution des dispositifs de mémoire externe. En 2017, il est nominé pour le premier Belgian Art Prize et remporte le prix du public.
En 2005, avec Marjolijn Dijkman, il a fondé Enough Room for Space, une initiative artistique interdépendante qui initie et coordonne des événements, des résidences, des projets de recherche et des expositions dans le monde entier. Parmi ses expositions récentes, citons : Mu. ZEE, Ostende, BE (2021) ; Beaufort 21 Triennial, BE (2021) ; Z33 House for Contemporary Art, Design & Architecture, Hasselt, BE (2020) ; Museum Morsbroich, Leverkusen, DE (2020) ; Tallinn Photomonth – Contemporary Art Biennial, EE (2019) ; 6ème Biennale de Lubumbashi, RDC (2019) ; RIBOCA/Riga International Biennial of Contemporary Art, Riga, LV (2018) ; Belgian Art Prize 2017, Bozar, Bruxelles, BE (2017) ; 2050. A Brief History of the Future au National Museum of Fine Arts, Taichung, TW (2018), Palazzo Reale, Milan, IT (2016) et The Royal Museums of Fine Art, Bruxelles, BE (2015) ; Realitiés Filantes, 4ème Biennale de Lubumbashi, CD (2015) ; Beyond Earth Art au Johnson Museum of Art, Ithaca, US (2014) ; Ja Natuurlijk, Gemeentemuseum Den Haag, NL (2013) ; The Deep of the Modern, Manifesta9, Genk, BE (2012) ; The Museum of Forgotten History, M HKA, Antwerp, BE (2012) et Dublin Contemporary à Dublin, IR (2011). Maarten Vanden Eynde est représenté par la galerie Meessen De Clercq à Bruxelles, Belgique, et la galerie NOME à Berlin, Allemagne.

Mu.ZEE, Ostende (Belgique/Belgium) est partenaire de l’exposition et a présenté le premier volet de / is a partner of the exhibition and presented the first part of  « Exhumer le futur » du 04 septembre 2021 au 16 janvier 2022.
L’exposition bénéficie du généreux soutien de / the exhibition is produced with the support of  Flanders State of the Art, DMC et Prevel Signalisation.

          


[Eng]
After the exhibition at the Mu.ZEE in Ostend in 2021, Exhumer le futur (Digging up the Future) at La Kunsthalle Mulhouse is the second exhibition of Maarten Vanden Eynde‘s work, based on the book of the same name that contextualizes his work and retraces 20 years of persevering research, still active.
Through a close observation of the industrial boom and increasing globalization, Maarten Vanden Eynde confronts the idea of progress with the depletion of the earth’s resources. What are we leaving to the future?
In Mulhouse, a selection of his listed works is organized around the industrial question, that of production processes, the transformation of raw materials and products.

Curators: Katerina Gregos et Sandrine Wymann

Maarten Vanden Eynde is a visual artist based in Brussels, Belgium and Saint-Mihiel, France. He graduated in 2000 from the Gerrit Rietveld Academy in Amsterdam, The Netherlands, attended the experimental MSA^ Mountain School of Arts in Los Angeles, USA in 2006 and finished a postgraduate course in 2009 at the Higher Institute for Fine Arts in Ghent, Belgium where he is currently a regular guest tutor. Since 2020 he has been a PhD candidate at the University of Bergen in Norway, focusing on the history and evolution of external memory devices. In 2017 he was nominated for the first Belgian Art Prize and won the Public Prize. In 2005, together with Marjolijn Dijkman, he founded Enough Room for Space, an interdependent art initiative that develops and coordinates events, residencies, research projects and exhibitions worldwide. Recent exhibitions include: Mu.ZEE, Ostend, BE (2021); Beaufort 21 Triennial, BE (2021); Z33 House for Contemporary Art, Design & Architecture, Hasselt, BE (2020); Museum Morsbroich, Leverkusen, DE (2020); Tallinn Photomonth – Contemporary Art Biennial, EE (2019); 6th Lubumbashi Biennale, DRC (2019); RIBOCA/Riga International Biennial of Contemporary Art, Riga, LV (2018); Belgian Art Prize 2017, Bozar, Brussels, BE (2017); 2050. A Brief History of the Future at National Museum of Fine Arts, Taichung, TW (2018), Palazzo Reale, Milan, IT (2016) and The Royal Museums of Fine Art, Brussels, BE (2015); Realitiés Filantes, 4th Biennale de Lubumbashi, CD (2015); Beyond Earth Art at Johnson Museum of Art, Ithaca, US (2014); Ja Natuurlijk, Gemeentemuseum Den Haag, NL (2013); The Deep of the Modern, Manifesta9, Genk, BE (2012); The Museum of Forgotten History, M HKA, Antwerp, BE (2012) and Dublin Contemporary in Dublin, IR (2011). Vanden Eynde is represented by Meessen De Clercq gallery in Brussels, Belgium, and NOME gallery in Berlin, Germany.


[De]
Nach der Ausstellung im Mu.ZEE in Ostende im Jahr 2021 ist Exhumer le futur („Die Zukunft ausgraben“) in La Kunsthalle Mulhouse die zweite Retrospektive von Maarten Vanden Eynde. Die Ausstellung geht aus dem gleichnamigen Buch hervor, das seine Arbeit kontextualisiert und 20 Jahre einer beharrlichen, immer noch aktiven Suche nachzeichnet.
Durch eine genaue Beobachtung des industriellen Aufschwungs und der zunehmenden Globalisierung konfrontiert Maarten Vanden Eynde die Idee des Fortschritts mit dem Ressourcenschwund der Erde. Was hinterlassen wir der Zukunft?
In Mühlhausen dreht sich die Auswahl seiner aufgelisteten Werke um das Thema Industrie, um Produktionsprozesse, die Umwandlung von Rohstoffen und Produkten.

Kuratorinnen: Katerina Gregos und Sandrine Wymann

Maarten Vanden Eynde ist ein bildender Künstler mit Wohnsitz in Brüssel/ Belgien und Saint-Mihiel/ Frankreich. Er machte 2000 seinen Abschluss an der Gerrit Rietveld Academie in Amsterdam/Niederlande, und studierte 2006 in den USA an der experimentellen MSA^ Mountain School of Arts in Los Angeles. 2009 schloss er ein Graduiertenstudium am Hoger Instituut voor Schone Kunsten (Hochschule für Schöne Künste) in Gent/ Belgien, ab, wo er derzeit regelmäßig als Gasttutor tätig ist. Seit 2020 ist er Doktorand an der Universität Bergen/ Norwegen und konzentriert sich auf die Geschichte und Entwicklung der externer Erinnerungsprozesse. Im Jahr 2017 wurde er für den ersten Belgian Art Prize nominiert und gewann den Publikumspreis.
Im Jahr 2005 gründete er zusammen mit Marjolijn Dijkman Enough Room for Space, eine unabhängige Kunstinitiative, die weltweit Veranstaltungen, Künstlerresidenzen, Forschungsprojekte und Ausstellungen initiiert und koordiniert. Zu seinen jüngsten Ausstellungen gehören: Mu. ZEE, Ostende, BE (2021); Beaufort 21 Triennale, BE (2021); Z33 House for Contemporary Art, Design & Architecture, Hasselt, BE (2020); Museum Morsbroich, Leverkusen, DE (2020); Tallinn Photomonth – Contemporary Art Biennale, EE (2019); 6. Biennale von Lubumbashi, DRK (2019); RIBOCA/Riga International Biennale of Contemporary Art, Riga, LV (2018); Belgian Art Prize 2017, Bozar, Brüssel, BE (2017); 2050. A Brief History of the Future im National Museum of Fine Arts, Taichung, TW (2018), im Palazzo Reale, Mailand, IT (2016) und im Royal Museums of Fine Art, Brüssel, BE (2015); Realitiés Filantes, 4. Biennale von Lubumbashi, DRK (2015) ; Beyond Earth Art im JohnsonMuseum of Art, Ithaca, USA (2014); Ja Natuurlijk, Gemeentemuseum Den Haag, NL (2013); The Deep of the Modern, Manifesta9, Genk, BE (2012); The Museum of Forgotten History, M HKA, Antwerpen, BE (2012) und Dublin Contemporary in Dublin, IR (2011). Maarten Vanden Eynde wird von der Galerie Meessen De Clercq in Brüssel/ Belgien, und der Galerie NOME in Berlin/ Deutschland, vertreten.

[English and German below]

La Kunsthalle Mulhouse accueille Boaz, une exposition de l’artiste Romain Kronenberg et de ses personnages.

Boaz est avant tout l’histoire d’une histoire. Une histoire trouvée au hasard des boutiques de souvenirs de la petite île de Procida, au large de Naples, d’une parole oubliée sur un vieux magnétophone et opportunément trouvée. Sur une cassette abandonnée, la voix calme mais importante d’un enfant qui retrace la vie d’un jeune orphelin, aimé de tous, et dont la simple présence suscite l’apparition de signes ou de scènes de dévotion. Cette histoire est celle de Boaz et de sa famille d’adoption, son frère Malachie, leur sœur Déborah et Amos, le père des trois enfants.
Ce projet complexe que développe Romain Kronenberg est centré sur la question du sacré que l’histoire de Boaz lui permet d’explorer, notamment à travers un quatuor de personnages. Ces personnages incarnent des figures – la légende, le mystique, les sacrifiés – dont le dévoilement débute dans le roman et se poursuit dans l’exposition à travers un ensemble d’œuvres plastiques et sonores, de documents.
L’exposition amplifie le livre ; les formes côtoient et développent le récit pour mieux explorer la construction d’un mythe au dénouement inéluctable.
La fiction permet à Romain Kronenberg d’observer la force d’un mythe et son retentissement sur une communauté en quête de repères et de transcendance.
soma-anders.com

Avec la participation de Meris Angioletti et Emi Yatsuzaki.
Commissariat : Coline Davenne et Sandrine Wymann.


[Engl]

Boaz, an exhibition of the artist Romain Kronenberg and his characters.
Boaz is above all the story of a story. It is a story he stumbled upon in the souvenir shops of Procida, a small island off the coast of Naples ; the story of a voice forgotten on an old tape recorder and rediscovered by chance. On an abandoned cassette, a child’s voice, quiet yet impossible to ignore, recounts the life of a young orphan, loved by all, and whose mere presence leads to signs or scenes of devotion. This is the story of Boaz and his adopted family, his brother Malachie, their sister Deborah, and Amos, the father of the three children.
This complex project developed by Romain Kronenberg is centred on the question of the sacred, which he explores through the story of Boaz, with a quartet of characters. These characters represent figures – the legend, the mystic and the sacrificed – whose unveiling begins in the novel and continues in the exhibition through a set of sound pieces, visual artworks and documents.
The exhibition amplifies the book; the interplay of visual and narrative forms deepens the exploration of the origins of a myth with an unavoidable ending.
Fiction allows Romain Kronenberg to observe the strength of a myth and its repercussions for a community seeking direction and transcendence.
soma-anders.com

With the participation of Meris Angioletti et Emi Yatsuzaki.
Curators: Coline Davenne et Sandrine Wymann.


[De]

Boaz, eine Ausstellung des Künstlers Romain Kronenberg und seiner Figuren.
Boaz ist vor allem die Geschichte einer Geschichte. Eine zufällig in den Souvenirläden der kleinen Insel Procida vor der Küste von Neapel gefundene Geschichte, Worte, die auf einem ausgedienten Tonbandgerät vergessen und im richtigen Augenblick wiedergefunden wurden. Auf einer alten Kassette erzählt die ruhige, aber gewichtige Stimme eines Kindes das Leben eines Waisenjungen, der von allen geliebt wird und in dessen bloßer Präsenz die Anwesenden in Andacht versinken. Diese Geschichte ist jene von Boaz und seiner Adoptivfamilie, seinem Bruder Malachie, ihrer Schwester Deborah und Amos, dem Vater von drei Kindern.
Das komplexe Projekt, das von Romain Kronenberg entwickelt wurde, dreht sich um die Frage des Sakralen, die er im Rahmen von Boaz’ Geschichte vor allem durch vier Figuren näher erkundet. Diese Figuren verkörpern die Legende, den Mystiker, die Geopferten. Sie geben sich im Roman preis und entfalten sich in den Plastiken, Klangwerken und Dokumenten der Ausstellung.
Die Ausstellung baut das Buch aus; die Formen gesellen sich zur Geschichte und entwickeln sie weiter, um die Konstruktion eines Mythos mit einem unvermeidlichen Ende besser zu erforschen.
Die Fiktion ermöglicht es Romain Kronenberg, die Macht des Mythos und dessen Wirkung auf eine Gemeinschaft, die nach Orientierung und Transzendenz sucht, zu beobachten.
soma-anders.com

Unter Mitwirkung von Meris Angioletti und Emi Yatsuzaki.
Kuratorinen: Coline Davenne und Sandrine Wymann.


Le projet Boaz a été sélectionné par la commission mécénat de la Fondation des artistes, avec le soutien de la DRAC Ile-de-France – Ministère de la culture.

     

[English and German below]

Pour la Regionale de cette année, nous proposons une expérience cinématographique à mi-chemin entre salle de visionnage et espace d’exposition.
Chaque jour, nous sommes témoins de la nature de l’impermanence. Pourtant, beaucoup d’entre nous résistent au lâcher prise en s’accrochant à l’illusion que les choses resteront permanentes. Développer la résilience à travers l’adversité nous aide à persévérer dans les voyages périlleux de la vie.
RESISTING PERMANENCE présente six films et vidéos de Ruth BaettigGuillaume Barth, Thomas Georg BlankIşik Kaya, Anuk Jovović, Marian Mayland et Mariana Murcia. Les œuvres de cette exposition abordent les sujets essentiels de notre époque : la surveillance, la liberté, la résistance, les parcours individuels et la responsabilité. Les artistes rêvent d’un avenir plus juste et s’interrogent sur les propriétés belles et douloureuses de l’impermanence. Ils tentent de donner un sens à nos interconnexions, en cherchant le réel sous la surface, en essayant de trouver la justice et la paix et le désir de transcendance.

Commissariat : Chantal Molleur

Exposition annuelle de groupe développée dans le cadre de la Régionale, une coopération transfrontalière de 19 institutions en Allemagne, en France et en Suisse, avec un focus sur la production artistique contemporaine locale dans la région tri-rhénane autour de Bâle.


[Eng]

Every day, we are witnessing the nature of impermanence. Nevertheless, many of us have resistance of letting go holding on to false impressions that things will remain permanent. Growing resilience through adversity helps us to persevere through the perilous journeys of life. For this year’s Regionale, we are proposing a cinematographic experience between the viewing room and the exhibition space at La Kunsthalle Mulhouse.
RESISTING PERMANENCE permanence has six films and videos works from Ruth Baettig, Guillaume Barth,   Thomas Georg Blank & Işik Kaya, Anuk Jovović, Marian Mayland and Mariana Murcia. The works of this exhibition draw on fundamental issues of our time; surveillance, liberty, resistance, personal journeys and accountability. The artists dream of a fairer future and question the beautiful and painful properties of impermanence. They try to make sense of our interconnectedness, looking for the real beneath the surface, trying to find justice and peace and ascertain the desire for transcendence.

Curator: Chantal Molleur

The exhibition is organised on the occasion of Regionale, an annual trinational programme.


[De]

Jeden Tag erleben wir die Natur der Unbeständigkeit.

Doch sträuben sich viele von uns loszulassen, indem sie sich an die Illusion klammern, dass die Dinge dauerhaft sind. Doch nur, wenn wir eine Resilienz gegen die Widrigkeiten des Lebens entwickeln, können wir die herausfordernde Reise durch das Leben bestehen.
Die diesjährige Regionale bietet den Besucher:innen eine filmische Erfahrung zwischen Projektions- und Ausstellungsraum.
Die sechs Filme von RESISTING PERMANENCE greifen grundlegende Themen unserer Epoche auf: Überwachung, Freiheit, Widerstand, individuelle Lebenswege und Verantwortung. Die Künstler:innen träumen von einer gerechteren Zukunft und hinterfragen sowohl die schönen als auch die schmerzhaften Eigenschaften von Unbeständigkeit. Sie versuchen, den Verflechtungen in unseren Leben einen Sinn zu geben, suchen das Reale unter der Oberfläche, versuchen Gerechtigkeit und Frieden und den Wunsch nach Transzendenz zu finden.

Kunstler:innen: Ruth Baettig, Guillaume Barth,  Thomas Georg Blank & Işik Kaya, Anuk Jovović, Marian Mayland, Mariana Murcia
Kuratorin: Chantal Molleur

Eine jährliche Gruppenausstellung, entwickelt im Kontext der Regionale, einer grenzüberschreitenden Kooperation von 19 Institutionen in Deutschland, Frankreich und der Schweiz mit dem Fokus auf lokale, zeitgenössische Kunstproduktion in der Drei-Länder-Region um Basel.

 

Chantal Molleur, suisso-canadienne est co-fondatrice et commissaire de White Frame. Elle a produit et organisé plus de 40 projets avec White Frame depuis sa création en 2011. Avant de s’installer en Suisse en 2005, elle  a travaillé dans le milieu des arts médiatiques canadiens pendant plus de vingt ans. Elle est également promotrice culturelle. Elle soutient les institutions, les réalisateurs et les artistes des prémices d’un projet artistique au lancement et la promotion de ce dernier. Elle encadre également des étudiants en cinéma (baccalauréat et maîtrise), offrant aux diplômés de la Lucerne School of Art and Design un plan promotionnel d’un an et un soutien à la distribution de leurs films. Elle collabore étroitement avec Freihändler Film Production pour l’évaluation et la promotion des films.
witheframe.ch

 

Exposition solo de Clarissa Tossin (BR)

[English and German below]

De l’individu à l’industrie, il y a un monde que Clarissa Tossin observe. Comment exploitons-nous nos ressources naturelles ? Quels événements subissent-elles ? Qu’inventons-nous pour transformer notre environnement en un monde moderne, connecté et respectueux de la planète ?
Il est ici question de cycle de vie, de survie et de recyclage des matériaux.

Vernissage le jeudi 1er juillet de 17:00 à 21:00. Accompagné d’une performance de Hui Zhang, designer culinaire associée au centre d’art.


[Eng]

Circumnavigation jusqu’à épuisement (Circumnavigation Towards Exhaustion)
Solo exhibition by Clarissa Tossin (BR)

From individual experiences of displacement to the global fallout of industrial capitalism, Clarissa Tossin tracks the full scope of the world we inhabit. How do extractive industries underlie even the most everyday aspects of our lives? What transformations are at hand for the natural resources we depend on, and what are the implications for the future? Can we transition away from exploiting our surroundings, towards an understanding that our fate as a species is truly bound up with the broader ecology? Material cycles of an almost unthinkable magnitude circumscribe the Anthropocene and the accelerating economic activity that has characterized « our » world. It too will come back to earth, and be recycled into geology.

Opening on Thursday July 1st from 5:00 to 9:00 pm. Accompanied by a performance by Hui Zhang, culinary designer.


[De]

Circumnavigation jusqu’à épuisement (Weltumrundung bis zur Erschöpfung)
Einzelausstellung Clarissa Tossin (BR)

Vom Individuum zur Industrie gibt es eine Welt, die Clarissa Tossin unter die Lupe nimmt. Wie nutzen wir unsere Bodenschätze? Welcher Behandlung werden sie unterzogen? Was erfinden wir, um unsere Umwelt in eine moderne, vernetzte und nachhaltige Welt umzuwandeln?
Es geht hier um Lebenszyklus, Fortbestehen und Wiederverwertung von Materialien.

Eröffnung Donnerstag den 1.Juli 2021, 17 -21 Uhr. Mit einer Vorstellung von Hui Zhang, kulinarischer Designer.

 

La Kunsthalle remercie les galeries Luisa Strina de Sao Polo et Commonwealth and Council de Los Angeles pour leur aide précieuse, ainsi que l’Office National des Forêts et la Ville de Brunstatt-Didenheim pour leur collaboration.

L’exposition fait partie de l’opération Plein Soleil, l’été des centres d’art contemporain, un projet de d.c.a / Association française de développement des centres d’art contemporain.

Avec la participation de/with Lawrence Abu Hamdan, Sophia Al Maria, Mounira Al Solh, Noureddine Ezarraf, Fehras Publishing Practices, Benoît Grimalt, Wiame Haddad, Vir Andres Hera, institute for incongruous translation (Natascha Sadr Haghighian et Ashkan Sepahvand) avec Can Altay, Serena Lee, Scriptings #47 : Man schenkt keinen Hund, Ceel Mogami de Haas, Sara Ouhaddou, Temporary Art Platform (Works on Paper).
Intervention graphique/graphic intervention : Montasser Drissi
Commissariat/curators : Virginie Bobin et Victorine Grataloup

[English and German below]

La Kunsthalle Mulhouse accueille l’exposition Qalqalah قلقلة : plus d’une langue, conçue par Virginie Bobin et Victorine Grataloup.
Des œuvres qui se font l’écho de langues multiples, hybrides, acquises au hasard de migrations familiales, d’exils personnels ou de rencontres déracinées. Langues maternelles, secondaires, adoptives, migrantes, perdues, imposées, vulgaires, mineures, inventées, piratées, contaminées… Comment (se) parle-t-on en plus d’une langue, en plus d’un alphabet ? Comment écoute-t-on, depuis l’endroit et la langue dans lesquels on se trouve ? L’exposition propose ainsi, en filigrane, d’interroger le regard que nous posons sur les œuvres en fonction des imaginaires politiques et sociaux qui nous façonnent.
Qalqalah قلقلة est une plateforme éditoriale et curatoriale dédiée à la production, la traduction et la circulation de recherches artistiques, théoriques et littéraires en trois langues : français, arabe et anglais.

Une nouvelle collaboration avec la plateforme ∏Node fait l’objet d’un programme radiophonique (en construction).
Le voyage d’une recette, projet de Hui Zhang, designer culinaire associée, accompagne Qalqalah قلقلة : plus d’une langue toute la durée de l’exposition.


[Eng]
La Kunsthalle Mulhouse welcomes “Qalqalah قلقلة : plus d’une langue” an exhibition curated by Virginie Bobin and Victorine Grataloup.
The works echo multiple, hybrid languages, acquired in the course of family migrations, personal exile or uprooted encounters. Native, secondary, adoptive, migrant, lost, imposed, common, minor, invented, pirated, contaminated languages… How do we speak (to each other) in more than one language, using more than one alphabet? How we listen from within the place and language in which we find ourselves? Between the lines, the exhibition examines the perspective from which we view works, according to the political and social imaginations that shape us.
Qalqalah قلقلة  is an editorial and curatorial platform dedicated to the production, translation and circulation of artistic, theoretical and literary research in three languages: French, Arabic and English. It was founded in 2018 in France by Virginie Bobin (curator, researcher and translator) and Victorine Grataloup (curator, researcher and teacher). Today, the editorial collective of Qalqalah قلقلة consists of Line Ajan, Virginie Bobin, Montasser Drissi, Victorine Grataloup,
Vir Andres Hera and Salma Mochtari.


[De]
La Kunsthalle Mulhouse beherbergt die von Virginie Bobin und Victorine Grataloup entworfene Ausstellung „Qalqalah قلقلة : plus d’une langue“ (mehr als eine Sprache).
Die Werke werden zum Echo vielfältiger, hybrider Sprachen, die sich deren Sprecher durch Zufälle der Familienmigration, des persönlichen Exils oder der entwurzelten Begegnungen aneigneten. Muttersprachen, Zweitsprachen, Adoptivsprachen, Migrationssprachen, Volkssprachen, verlorene, aufgezwungene, zweitrangige, erfundene, gehackte, verunreinigte Sprachen… Wie spricht man (miteinander) in mehr als einer Sprache, in mehr als einem Alphabet? Wie hört man zu an dem Ort, wo man lebt, und in der Sprache, die dort gesprochen wird? Die Ausstellung bietet sich als Leitfaden an, um unsere von unseren politischen und sozialen Vorstellungen geprägte Sichtweise auf die Werke zu hinterfragen.
Qalqalah قلقلة ist eine Redaktions- und Kuratorplattform, die der Erstellung, der Übersetzung und der Verbreitung von Forschungsarbeiten in Kunst, Theorie und Literatur in drei Sprachen gewidmet ist: französisch, arabisch und englisch. Sie wurde 2018 von Virginie Bobin (Kuratorin, Forscherin und Übersetzerin) und Victorine Grataloup (Kuratorin, Forscherin und Lehrerin) gegründet. Das Redaktionskollektiv von Qalqalah
قلقلة besteht heute aus Line Ajan, Virginie Bobin, Montasser Drissi, Victorine Grataloup, Vir Andres Hera und Salma Mochtari.

 

« Le nom de Qalqalah قلقلة nous vient de deux nouvelles de la commissaire d’exposition et chercheuse égyptienne Sarah Rifky [1]. L’héroïne éponyme de ces fictions, Qalqalah, est artiste et linguiste et habite un futur proche recomposé par la crise financière et les révoltes populaires des années 2010. Ses méditations poétiques autour des langues, de la traduction et de leur pouvoir critique et imaginant ont accompagné nos réflexions, et ne nous ont plus quittées depuis. Qalqalah قلقلة est ainsi devenue une plateforme de recherche artistique en ligne, entre trois langues et deux alphabets – arabe, français et anglais. Voici qu’elle prend la forme d’une exposition.
Le titre « Qalqalah قلقلة : plus d’une langue » orchestre la rencontre entre notre héroïne et une citation de Jacques Derrida. Dans Le monolinguisme de l’autre [2], le philosophe, né en 1930 en Algérie, raconte sa relation ambigüe à la langue française, prise dans les rêts de l’histoire militaire et coloniale. Le livre s’ouvre sur une affirmation paradoxale : « Je n’ai qu’une langue, ce n’est pas la mienne », contredisant toute définition propriétaire, figée ou univoque de la langue – qu’il s’agisse de français (comme l’exprime joliment la chercheuse Myriam Suchet, lorsqu’on met un « s » à français, il faut l’entendre comme un pluriel), d’arabe (enseigné comme « langue étrangère » dans l’Algérie coloniale et aujourd’hui deuxième langue parlée sur le territoire français dans ses déclinaisons dialectales) ou d’anglais (langue globalisée et dominante dans l’art contemporain).
Ces trois langues (mais pas seulement) se retrouvent dans l’exposition, chacune porteuse d’enjeux politiques, historiques et poétiques qui s’entrecroisent et se répondent. L’exposition est ainsi traversée de signes et de voix, rappelant que les langues sont inséparables des corps qui parlent et écoutent – tout·e locuteur·trice « s’exprimant également par le regard et les traits du visage (oui, la langue a un visage) » [3], pour reprendre les mots de l’écrivain et chercheur marocain Abdelfattah Kilito. Les œuvres se font l’écho de langues multiples, hybrides, acquises au hasard de migrations familiales, d’exils personnels ou de rencontres déracinées. Langues maternelles, secondaires, adoptives, migrantes, perdues, imposées, vulgaires, mineures, inventées, piratées, contaminées… Comment (se) parle-t-on en plus d’une langue, en plus d’un alphabet ? Comment écoute-t-on, depuis l’endroit et la langue dans lesquels on se trouve ? L’exposition propose ainsi, en filigrane, d’interroger le regard que nous posons sur les œuvres en fonction des imaginaires politiques et sociaux qui nous façonnent.
La plupart des artistes invité·e·s placent d’ailleurs les modalités de publication, de circulation et de réception des œuvres au cœur de leur travail. Opérations de traduction, de translittération, de réécriture, d’archivage, de réédition, de publication, de montage, voire de moulage ou de karaoké, apparaissent comme autant de tentatives pour donner à voir et à entendre des histoires qui, parfois, se dérobent. Au-delà d’une approche linguistique, il s’agit bien d’ouvrir un espace où déployer des récits pluriels et des témoignages hétérogènes, en s’appuyant, en plus d’une langue, sur l’un des sens possibles du mot arabe قلقلة – « un mouvement du langage, une vibration phonétique, un rebond ou un écho ». [4] »          Virginie Bobin et Victorine Grataloup

En 2020, l’exposition « Qalqalah قلقلة : plus d’une langue » a été présentée au Centre Régional d’Art Contemporain Occitanie à Sète.

[1] Sarah Rifky, “Qalqalah : le sujet du langage”, traduit de l'anglais (Etats-Unis) in Qalqalah n°1, ed. KADIST et Bétonsalon - Villa Vassilieff, 2015 ; puis “Qalqalah : penser l’histoire”, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Yoann Gourmel in Qalqalah n°2, ed. KADIST et Bétonsalon - Villa Vassilieff, 2016
[2] Jacques Derrida, Le monolinguisme de l’autre, ed. Galillé, 1996
[3] Abdelfattah Kilito, Tu ne parleras pas ma langue, traduit de l'arabe (Maroc), ed. Actes Sud, 2008
[4] In Qalqalah, le sujet du langage, ibid

L’exposition La fête de l’insignifiance, construite à partir de l’œuvre de Milan Kundera, propose aux visiteurs·ses de faire l’expérience d’une aventure romanesque parfaitement ordinaire et pourtant source des plus grandes questions existentielles : la vie humaine.

La fête de l’insignifiance réunit des artistes qui ouvrent différentes portes d’accès au monde et tentent de percer le mystère de l’existence humaine, alors même que « le sens de la vie, c’est justement de s’amuser avec la vie ! »1. On y découvre les thématiques du kitsch et de l’humour, de l’identité et de l’altérité, de la matérialité du monde et de l’ironie de l’Histoire. Les chapitres de l’exposition s’enrichissent de séries de réflexions qui se déploient dans l’espace, se répondent avec légèreté ou se contredisent avec aplomb. Composée comme une pièce musicale faite de variations, l’exposition interroge les règles qui s’y jouent avec malice : une grande fête de l’insignifiance où, comme les personnages des romans de Kundera, l’on refuse d’être sujet d’une épopée trop sérieuse.

Marion Aeschlimann & Arthur Debert, Pável Aguilar, Amélie Bargetzi, David Berweger, Eva Borner, Vincent Gallais, Jannik Giger, Danae Hoffmann, Kaltrinë Rrustemi, Flurina Sokoll

Curatrice / Kuratorin : Leïla Couradin


[De]

Aufgebaut nach Milan Kunderas Werk bietet die Ausstellung Das Fest der Bedeutungslosigkeit dem Zuschauer an, eine ganz gewöhnliche, literarische Erkundungsreise anzutreten, die doch zu den größten existentiellen Fragen führt: dem menschlichen Leben. Das Fest der Bedeutungslosigkeit bringt Künstler*innen zusammen, die unterschiedliche Zugangstüren zur Welt öffnen und versuchen, das Mysterium des menschlichen Lebens zu lösen, und das obgleich „der Sinn des Lebens eben ist, sich mit dem Leben zu amüsieren!“1. Es sind darin viele Themen enthalten: Kitsch und Humor, Identität und Anderssein, die Materialität der Welt und die Ironie der Geschichte. Gedankenketten bereichern die Kapitel der Ausstellung, die sich im Raum entfalten, mit Leichtigkeit einander antworten oder einander energisch widersprechen. Aufgebaut wie ein musikalisches Stück mit Variationen hinterfragt die Ausstellung übermütig die Regeln, die ihrem Spiel zugrunde liegen: ein großes Fest der Bedeutungslosigkeit, bei dem man sich wie die Figuren aus Kunderas Romanen weigert, Teil eines zu ernsten Epos zu sein.

1 Milan Kundera, Risibles amours (1968)

Die Ausstellung wird im Rahmen des jährlich trinationalen Kunstprojektes Regionale stattfinden.
L’exposition est organisée dans le cadre de la Régionale, programme trinational annuel.

 

Leïla Couradin est née à Grenoble en 1991, elle vit et travaille à Reims.
Après une formation à l’École des Beaux-Arts d’Annecy puis à l’Université Lumière Lyon 2 en Histoire de l’Art où elle entreprend un travail de recherche sur les notions de satire, d’ironie, et d’humour citationnel dans les œuvres du collectif bordelais Présence Panchounette, Leïla Couradin a occupé différents postes dans des lieux d’exposition tels que l’Institut d’art contemporain de Villeurbanne, La BF15, La Fondation Bullukian, La Salle de bains, le FRAC Champagne-Ardenne. En 2019, elle fonde, dirige et assure le commissariat du local, un lieu d’exposition et de diffusion d’œuvres d’art et d’éditions d’artistes à Reims, résolument tourné vers la jeune création de la région Grand Est. Elle développe une activité d’écriture critique notamment pour les artistes ou pour les revues spécialisées Zérodeux, La belle revue, La critique, Artaïs et Point Contemporain. En 2020, Leïla Couradin lance, aux côtés de Chloé Godefroy (autrice) et d’Anaëlle Rambaud (artiste) la revue POST-it, une microédition indépendante mensuelle qui donne la parole aux artistes.

L’exposition bénéficie du soutien de Prevel Signalisation, Rixheim et des Artisans du Son, Mulhouse.

Véronique Arnold (FR), Hélène Bleys (FR), Irina Botea Bucan (RO) et Jon Dean (UK), Tanja Boukal (AT), Igor Grubic (HR), Zhanna Kadyrova (UA)

[English and German below]

L’hippocampe est un organe du cerveau, de petite taille, qui ressemble grandement à un cheval de mer. Situé dans le lobe temporal, il est le siège d’une mémoire à long terme, autrement dit de la mémoire de l’individu depuis le moment où il est capable de se souvenir. Cet organe joue un rôle central dans le stockage des connaissances dites explicites, celles que l’on peut formuler par le langage. Il est aussi le siège de ce qu’on appelle la mémoire épisodique, celle qui nous permet d’enregistrer des informations factuelles et contextuelles, celle qui nous sert aussi à voyager mentalement dans le temps et l’espace.
Cette capacité à nous remémorer une époque passée ou à nous projeter dans un futur imaginaire, c’est à notre hippocampe que nous le devons. Il enregistre des événements, des détails, des lieux, des ambiances sonores, des états émotionnels qui réaffleurent au détour d’indices ou de ressemblances.
Et si l’on partait du principe que non seulement les hommes mais aussi les objets possèdent un hippocampe ? Alors cette mémoire enfouie dans les chairs et les pierres aurait non seulement un rôle majeur à jouer dans nos projections, mais confirmerait l’importance de préserver aussi bien un témoignage oral que matériel. Reconnaître à la mémoire le pouvoir de dessiner le futur, c’est aussi faire le choix de la transmission plutôt que de la reconstruction.
On pourrait avancer que l’histoire pas si lointaine du XXème siècle est dite contemporaine parce qu’elle est encore mobilisable par de nombreuses mémoires. Les artistes de l’exposition ont écouté, retranscrit ou filmé des souvenirs toujours vivants ; ils les ont aussi prolongés. Ils sont allés à la rencontre de traces qui à l’épreuve du temps n’ont pas toutes eu les mêmes résistances. Certains souvenirs sont sortis grandis, d’autres noircis. Tous s’inscrivent dans des récits inachevés.
Le monument, le labeur et l’hippocampe est une exposition conçue à partir de l’exemple mulhousien. L’histoire récente de la ville sert de modèle mais pas d’unique point de repère. Ce qu’elle livre de son passé, la façon dont elle s’en accommode vaut pour d’autres villes, d’autres régions. Elle est représentative d’une histoire industrielle faite de constructions, de travailleurs et d’une certaine idée du progrès qui a traversé son siècle mais pas forcément tenu ses promesses.
Petit à petit, les événements ou les habitudes d’une époque deviennent des faits ou des documents classés. On les révèle ou les consulte pour écrire une histoire que les artistes de l’exposition ont souhaité enrichir. Ils ont  choisi de ne pas s’en tenir à la version archivée des souvenirs mais les ont réactivés, sans concessions ni préjugés. Ils ont redonné vie à des paroles, des gestes ou des  lieux qu’ils ont confortés dans leur rôle de passeurs d’un avant à un après.


[Eng]

The hippocampus is a small brain organ that looks very much like a seahorse. It is located in the temporal lobe and it is involved in long-term memory, in other words our memories from the moment we are able to remember. It plays an important role in the storage of explicit knowledge, that which can be articulated through language. It is also the seat of what is known as episodic memory, which allows us to record factual and contextual information, and to travel mentally through time and space.
We owe our ability to remember past events, and to project ourselves into an imaginary future, to our hippocampus. It records events, details, places, sounds and emotional states which can reappear as triggered memories.
What if we assumed that objects, not only humans, had hippocampi? Not only would this memory, buried in bodies and stones, play a major role in our projections, it would also confirm the importance of preserving oral and material testimonies. Recognizing the power of memory to shape the future also means choosing transmission over reconstruction.
One could argue that the not so distant history of the 20th century is called contemporary because it is still present in many people’s memories. The artists in the exhibition have listened to, transcribed or filmed memories that are still vivid; they have also extended them. They have looked for traces which have resisted the passing of time in different ways. Some memories have become greater, others have become darker. All of them are parts of unfinished stories.
The Monument, the Toil and the Hippocampus is an exhibition based on the case of Mulhouse. The recent history of the city provides a model but it is not the only point of reference. What the city reveals from its past, and how it deals with it, is valid for other cities and other regions. It exemplifies an industrial history made up of buildings, workers and a conception of progress which remained dominant for a long time but whose promises were not necessarily fulfilled.
The events and habits of a period gradually become facts and sorted files. They are released and consulted to write a history to which the artists in the exhibition wished to contribute. They have chosen not to limit themselves to the archived versions of the memories, but to reactivate them, with no compromise or prejudice. They have revived words, gestures and places which can bridge the gap between then and now.


[De]

Der Hippocampus ist ein kleines Organ im Gehirn, das weitgehend einem Seepferdchen ähnelt. Er befindet sich im Temporallappen und ist der Sitz des Langzeitgedächtnisses, oder anders gesagt: des Gedächtnisses des Menschen vom Moment an, da er erinnerungsfähig ist. Dieses Organ spielt eine zentrale Rolle in der Speicherung des sogenannten expliziten Wissens, das heißt des verbalisierten und kommunizierbaren Wissens. Auch das episodische Gedächtnis ist dort verortet, das es uns ermöglicht, sachliche Informationen und Zusammenhänge zu speichern und gedanklich durch Zeit und Raum zu reisen.
Diese Fähigkeit, uns vergangene Zeiten wieder ins Gedächtnis zu rufen, oder uns in eine imaginäre Zukunft zu versetzen, verdanken wir unserem Hippocampus. Er nimmt Ereignisse, Details, Orte, Geräuschkulissen, Gemütszustände auf, die bei bestimmten Signalen oder Ähnlichkeiten wieder hochkommen.
Und was wäre, wenn man davon ausginge, dass nicht nur Menschen, sondern auch Gegenstände einen Hippocampus besäßen? Dann hätte dieses in Fleisch und Stein eingebettete Gedächtnis nicht nur in unseren Projektionen eine wesentliche Rolle zu spielen, sondern würde auch die Bedeutung eines nicht nur mündlich, sondern auch materiell überlieferten Zeugnisses bekräftigen. Dem Gedächtnis zuzugestehen, dass es Zukunft gestalten kann, bedeutet auch, sich bei der Wahl zwischen Überlieferung und Rekonstruktion für die Überlieferung zu entscheiden.
Man könnte die jüngere Geschichte des 20. Jahrhunderts als zeitgenössisch bezeichnen, weil sie im Gedächtnis vieler Menschen noch abrufbar ist. Die Künstler der Ausstellung haben sich lebendige Erinnerungen angehört, sie übertragen oder gefilmt; sie haben sie weitergeführt. Sie sind auf die Suche nach Spuren gegangen, die nicht alle gleichermaßen dem Zahn der Zeit standgehalten haben. Einige Erinnerungen sind daran gewachsen, andere haben sich dabei verdunkelt. Sie alle sind unvollendete Erzählungen.
Das Monument, der Fleiß und der Hippocampus ist als Ausstellung am Beispiel von Mulhouse entstanden. Die jüngste Geschichte der Stadt dient als Vorbild, aber nicht als einziger Bezugspunkt. Was die Stadt aus ihrer Vergangenheit preisgibt, wie sie damit umgeht, gilt auch für andere Städte, für andere Regionen. Sie ist repräsentativ für eine industrielle Geschichte von Bauwerken, Arbeitern und einer bestimmten Vorstellung von Fortschritt, die das Jahrhundert geprägt, aber nicht unbedingt alle ihre Versprechen gehalten hat.
Nach und nach werden die Ereignisse oder Gepflogenheiten einer Epoche zu Fakten oder abgelegten Dokumenten. Man enthüllt sie oder nimmt Einsicht in sie, um eine Geschichte zu schreiben. Diese Geschichte möchten die Künstler der Ausstellung bereichern. Sie haben sich entschieden, sich nicht mit der archivierten Version von Erinnerungen zu begnügen, sondern haben sie reaktiviert, ohne Einschränkungen oder Vorbehalte. Sie haben Worten, Gesten oder Orten wieder neues Leben eingehaucht und sie dabei in ihrer Rolle als Vermittler zwischen einem Vorher und einem Nachher bestärkt.

 

L’exposition est réalisée avec le partenariat des Archives de Mulhouse et avec le soutien de  DMC / Die Ausstellung wurde in Partnerschaft mit den Archives der Stadt Mulhouse und mit Unterstützung der Firma DMC produziert / The exhibition is produced in partnership with the Archives of Mulhouse and with the support of the company DMC.

Pour notre sécurité à toutes et tous, et jusqu’à nouvel ordre, l’accès à l’espace d’exposition est limité à 30 personnes et le port du masque est obligatoire.

 

Chourouk Hriech, "La voce della luna #3" (détail), 2020 - impression et gouache sur toile, 280 x 70 cm - Courtesy de l’artiste et de la galerie Anne-Sarah Bénichou

Eddie Ladoire, Anna Byskov, Chourouk Hriech, Lena Eriksson, Marianne Marić, Pusha Petrov, Elise Alloin, Katrin Ströbel, Guillaume Barborini, Jan Kopp, Stine Marie Jacobsen, Youssef Tabti

Le 28 avril dernier, le Premier Ministre français annonçait une réouverture des « petits musées » à la sortie du confinement. Cette toute première mesure en faveur d’un retour à la vie culturelle sur site laissait un grand nombre d’acteurs dans le flou et l’interrogation. Comme beaucoup d’autres, nous nous sommes réjouis mais avons aussi douté de notre capacité à revenir à la vie d’avant.
À cette invitation à ouvrir nos petits musées, La Kunsthalle Mulhouse a choisi de répondre par un Petit Programme, construit dans l’urgence et assumant la nécessité absolue de reprendre le travail avec les artistes et de montrer leurs œuvres.
Le Petit Programme réunit 12 artistes familiers du centre d’art. Ce sont des partenaires fidèles de la programmation de La Kunsthalle. Ce projet inédit et inhabituel leur consacre tour à tour une semaine de carte blanche pendant laquelle ils proposeront chacun un ensemble de trois œuvres.
Le Petit Programme de chaque artiste sera visible en ligne, pendant une semaine, sur les réseaux sociaux et le site internet du centre d’art. En parallèle, l’espace de La Kunsthalle sera un lieu de consultation dans lequel les œuvres s’accumuleront au fur et à mesure de l’été. Le public pourra se rendre dans l’espace d’exposition pour des visites pas tout à fait ordinaires mais résolument sécurisées.
En reprenant dans ses codes et ses formats les contraintes dictées par la crise sanitaire et ses répercussions sociales, en s’inscrivant dans un temps suspendu et propice à la réflexion, l’équipe de La Kunsthalle espère participer à un vaste débat consacré au monde d’après.

Vernissage le vendredi 19 juin : « Pack Drive » de Mélanie Boissié, en partenariat avec Epices.

Programme en cours de construction :
La page dédiée à chaque artiste s’activera au fur et à mesure des semaine, cliquez sur son nom  pour la découvrir…

Du 1er au 7 juin – Eddie Ladoire
Intimité zéro (avril 2020) – photographies, bande son


Du 8 au 14 juin – Anna Byskov
La dérive de l’imbécile (mai 2020) – vidéo en trois parties


Du 15 au 21 juin – Chourouk Hriech
Bird’s Foutain (2017) | Effeuillages #2 (2018) | Le réel étant… (2020) – vidéos


Du 22 au 28 juin – Lena Eriksson 
LODYPOP.COM | Tierfilm (2002) | Au-dessus de tous sommets (2004) – diaporama de dessins et vidéos


Du 29 juin au 5 juillet – Marianne Marić
Terre (2009-2020) | Pierre (2017) | Chair (2016-2020) – photographie et vidéos


Du 6 au 12 juillet – Pusha Petrov
NEMAPARA |Citći | Pišćir | Néma para na palucenska muma (2020) – vidéos


Du 13 au 19 juillet – Elise Alloin
Carte postale | Diverger (2020) – Carte postale et bande sonore


Du 20 au 26 juillet – Katrin Ströbel
Becoming sculpture. Undoing sculpture. (Les confiné·e·s) (2020) – collages


Du 27 juillet au 2 août – Guillaume Barborini
Dessin pour une texture souterraine, (2020 – en cours) – 3 extraits vidéos


Du 3 au 9 août – Jan Kopp
Rien d’extraordinaire, des idées trouvées sur la route (2020) – 2 vidéos et dessin


Du 10 au 16 août – Stine Marie Jacobsen
Direct Approach (2012)| Direct Approach, Ukraine (2019) | IMF  (2019) – vidéos


Du 17 au 23 août – Youssef Tabti
Istanbul Trilogie 2015 2016 2017 – photographies et texte

Emanuele Braga & Maddalena Fragnito (MACAO) (IT), Simon Denny (NZ), Elisa Giardina-Papa (IT), Sam Lavigne (US), Silvio Lorusso (IT), Jonas Lund (SE), Michael Mandiberg (US), Eva & Franco Mattes (IT), Lauren McCarthy (US), Julien Prévieux (FR), RYBN.ORG (FR), Sebastian Schmieg (DE), Telekommunisten (CA/DE)
Curatrice : Aude Launay

[English and German below]

Alors que de plus en plus de capacités que l’on pensait propres à l’humain sont applicables à des machines, comment penser le travail qui, longtemps, a caractérisé l’homme ? Qu’est-ce que le travail à l’ère numérique mondialisée ? D’un côté, un taylorisme algorithmique grandissant — la division du travail poussée à l’extrême chez les travailleurs du clic —, de l’autre, une illusion machinique persistante — nombre de tâches que l’on pense effectuées par des ordinateurs le sont en fait par des êtres humains, de manière plus ou moins dissimulée. À l’heure d’une gestion algorithmique du management, qu’en est-il de la mesure de la performance et des instruments d’optimisation des travailleurs ? De la fin du salariat comme organisation dominante du travail ? Et puis, dans ce que l’on nomme désormais l’« économie de l’attention », il n’y a pas que les travailleurs qui travaillent : toute activité en ligne est susceptible d’ajouter à l’accumulation de capital des géants du net par sa marchandisation. Toute donnée est monétisable. Tout internaute est générateur de profit. Être en ligne = travailler ?

Algotaylorism regroupe des artistes qui opèrent à la jonction humain-machine et ont pris cette interaction comme sujet de recherche et comme outil de production. Travailler à son insu ; avoir un algorithme pour supérieur ; faire office d’intelligence artificielle et penser une société non centrée sur le travail formeront les différents chapitres de l’exposition. Interventions et performances humaines seront pour cela couplées à des logiciels créés pour l’occasion sous forme d’une appli de commande de livraison d’art, d’un processus de mining écologique d’une cryptomonnaie d’inspiration marxiste et de robots conversationnels au discours troublant.

L’exposition se poursuit avec Algotaylorism: Rage Against the Machine à l’Espace multimédia Gantner.

Retrouvez l’ensemble des rendez-vous autour de l’exposition dans la rubrique Agenda.

Curatrice et autrice indépendante, Aude Launay est philosophe de formation.
Une partie importante de ses écrits et de ses expositions traite de l’influence d’internet et des technologies avancées sur l’art contemporain et la société. Ces dernières années, ses recherches se sont concentrées sur la prise de décision décentralisée par le biais de processus algorithmiques et de blockchains dans le domaine de l’art. Plus généralement, elle s’intéresse à l’art qui interfère avec les mécanismes de pouvoir qui sous-tendent les structures de gouvernance.


[Eng]

While more and more capacities that we thought of as human-specific are applicable to machines, how can we rethink work that has long been considered part of human characteristics? What is work in the globalized digital age? On the one hand, a growing algorithmic Taylorism—the extreme division of labour among click workers—and on the other hand, a persistent mechanical illusion—many tasks thought to be performed by computers are in fact performed by human beings, in a more or less hidden way. In an era of algorithmic management, what about performance measurement and worker optimization tools? What about the end of wage labour as the dominant structure for work? And, in what is now called the « attention economy », it is not only workers who work: any online activity is likely to add to the capital accumulation of Internet giants through its commodification. All data is monetisable. Every Internet user is profitable. Being online = working?

Algotaylorism brings together artists who work at the human-machine junction point and have taken this interaction as a research subject and as a production tool. Working unwittingly; having an algorithm as a boss; acting as an artificial intelligence and envisioning a society not work-centred: so are the different chapters of the exhibition. For its purpose, human productions and performances will be coupled with custom software in the form of an art delivery order application, an ecological mining process of a Marxist-inspired cryptocurrency and conversational robots with disturbing speech.

The exhibition continue with Algotaylorism: Rage Against the Machine at Espace multimédia Gantner

Aude Launay is an independent writer and curator trained as a philosopher. A significant part of her writings and exhibitions deals with the influence of the internet and advanced technologies on contemporary art and society. In recent years, her research focus has been on crowdsourced and distributed decision-making through algorithmic and blockchain-based processes in art. More generally, she is interested in art that interferes with the power mechanisms underpinning governance structures.


[De]

Immer mehr Fähigkeiten, die man ausschließlich dem Menschen zuschrieb, können inzwischen von Maschinen umgesetzt werden. Wie ist dann das Prinzip Arbeit zu verstehen, das lange kennzeichnend für den Menschen war? Was bedeutet Arbeit im globalisierten Digitalzeitalter? Auf der einen Seite ein zunehmender algorithmischer Taylorismus — Arbeitsteilung ins Extreme getrieben beim Arbeiten per Mausklick — , auf der anderen Seite eine andauernde maschinelle Illusion — zahlreiche Aufgaben, die scheinbar vom Computer, doch in Wirklichkeit vom Menschen durchgeführt werden, auf mehr oder weniger versteckte Weise. Wie sieht es mit der Leistungsbeurteilung und mit Optimierungsmaßnahmen für Arbeitnehmer aus, wenn die Unternehmensführung in Form eines algorithmischen Managements von statten geht? Bedeutet dies das Ende der Lohnarbeit als klassischer Arbeitsform? Nicht nur die Beschäftigten arbeiten bei dem, was man nunmehr „Ökonomie der Aufmerksamkeit“ nennt: Jede Online-Aktivität vermag durch ihre Kommerzialisierung zur Kapitalbildung der Internetriesen verhelfen. Mit allen Daten kann man Geld machen. Jeder Surfer erzeugt Profit. Online sein = arbeiten?

Algotaylorism bringt Künstler zusammen, die an der Schnittstelle zwischen Mensch und Maschine tätig sind und diese Interaktion zu ihrem Forschungsgegenstand und Produktionswerkzeug gemacht haben. Unbewusst arbeiten; einen Algorithmus als Vorgesetzten haben; als künstliche Intelligenz auftreten; eine Gesellschaft entwerfen, die nicht zentral an Arbeit ausgerichtet ist – diese Themen bilden die unterschiedlichen Kapitel dieser Ausstellung. Dazu werden Interventionen und Performances von Menschen mit Software verknüpft, die eigens zu diesem Anlass erschaffen wurden. Sie nehmen unterschiedliche Formen an: eine App für Bestellung und Lieferung von Kunst, ein ökologisches Process-Mining einer Kryptowährung marxistischer Inspiration und Gespräche führende Roboter mit verwirrenden Worten.

Die Ausstellung Algotaylorism: Rage Against the Machine findet im Espace multimédia Gantner…

Die ausgebildete Philosophin Aude Launay ist Kuratorin und unabhängige Autorin.
Ein wesentlicher Teil ihrer Schriften und ihrer Ausstellungen handelt vom Einfluss des Internets und der modernen Technologie auf die zeitgenössische Kunst und die Gesellschaft. In den letzten Jahren haben sich ihre Forschungen auf die dezentrale Entscheidungsfindung durch die Anwendung von Algorithmen und Blockchains im künstlerischen Bereich konzentriert. Allgemein interessiert sie sich für Kunst, die mit den Machtmechanismen interferiert, von denen unsere Führungs- oder Regierungsstrukturen bestimmt sind.


Algotaylorism est réalisée  avec  la participation du DICRéAM /  With the support of DICRéAM / Die Ausstellung wurde durch DICRéAM unterstützt.

Avec 

Mulhouse Art Contemporain est partenaire de La Kunsthalle.

L’exposition bénéficie du soutien de Prevel Signalisation, Rixheim.

Alexia Vettori, Sans titre, 2019

La Kunsthalle accueille Publica(c)tions – Un environnement de possibilités, une proposition des étudiants du groupe Le Plateau, option Art de la Haute école des arts du Rhin de Mulhouse,  construite en une semaine de workshop avec Veronica Valentini, commissaire d’exposition invitée.

Publica(c)tions. Un environnement de possibilités est un cadre de travail qui permet de réfléchir aux notions du vivant, du collectif et de la citoyenneté en jouant sur la mise en commun des idées individuelles dans l’espace partagé : entre l’accès à une pièce nouvelle et sa mise en œuvre par le public participant à la formalisation de cet espace.
Que ce soit un restaurant ou un magasin, une place ou un salon de thé, une salle de danse ou la rue, une friterie ou la colline jouxtant La Kunsthalle, l’espace d’exposition devient un prolongement de l’extérieur, le déroulement du temps en cours, la vie.
Pendant trois jours, les étudiant.es et leurs œuvres, certaines nées de collaborations nouvelles, livrent les implications sociales, éthiques, politiques et poétiques des interactions humaines avec l’environnement, nous invitant à interroger nos acquis, et ainsi, à favoriser la rencontre, l’échange et le dialogue entre tou.te.s les habitant.es de ce lieu.

Avec Isabelle Audoineau-Maire, Xantia Garcia-Luna, Emilie Gentilini-Garsiglia, Victor Giroux, Léna Guicquéro, Karl Houllevigue, Nadjmah Ingar, Hyesung Jung, Nicolas Keller, Ellia Kevorkian, Gihoon Kim, Léa Kreitmann, Louise Leygues, Vincent Lo Brutto, Apolinne Marmin, Laurence Merle, Thibaut Morain, Louis Moreau Avila, Maxime Ta, Alexia Vettori.
Coordination : Edouard Boyer

Demain peut-être ne ressemblera pas à aujourd’hui, un événement extraordinaire aura transformé notre territoire de vie, de pensée et d’action. L’espace d’un moment, tout aura basculé pour autre chose. Quotidiennement, nous évoluons vers un inconnu qui contient à la fois la force de la surprise et la charge de l’anxiété. Parce que le risque d’un événement majeur guète chaque initiative, chaque progrès, chercher à le contrôler ou à l’éviter semble vain.

En s’associant à des chercheurs universitaires géographes, physiciens ou sociologues et à d’autres savoirs, Aline Veillat et Elise Alloin apportent leurs regards et démarches d’artistes aux études des phénomènes d’inondation et de radioactivité. Par leurs sculptures, leurs images mais aussi par leurs méthodologies particulières elles offrent  des pistes et perspectives pour de nouvelles relations à l’environnement créant ainsi des liens visibles entre les études de terrain, les données scientifiques et la société.

La Kunsthalle devient un lieu où s’exposent des propositions sensibles et de la documentation, un espace dans lequel les savoirs prennent formes et se transmettent pour introduire d’autres points de vue possibles.

Elise Alloin vit et travaille à Strasbourg. Elle est diplômée de la Haute école des arts du Rhin.
Elle développe son œuvre plastique dans une dynamique de recherche par l’art, notamment en explorant les liens que nous entretenons avec la radioactivité. Comment cet « invisible » modèle-t-il notre conscience des lieux, notre relation au temps, à la mémoire sociale et à la transformation du vivant ?
Sa pratique, transdisciplinaire, se construit en collaborations soutenues avec des équipes de recherche : en physique nucléaire (CNRS-Institut pluridisciplinaire Hubert Curien, Strasbourg), en sciences du vivant (Institut Océanographique de Sopot et Laboratoire de Biotechnologie Marine, Université de Gdansk, Pologne) et en sciences humaines (Anthropologie Contemporaine, Université de Stockholm, Suède). Son travail artistique trouve des formes conçues comme des équations dans l’espace, qui offrent au visiteur l’expérience du déplacement physique et mental.
Récemment accueillie en qualité de chercheure associée au CRESAT (Université de Haute Alsace), elle participe au programme de recherche Post-atomic Lab porté par le Centre sur la transition énergétique du territoire. Elle y explorera les questions qui traversent son travail sur la construction de nos paysages physiques et psychiques, nos circulations et nos modes d’habiter, en lien avec le démantèlement annoncé de la centrale nucléaire de Fessenheim. Il s’agit pour l’artiste d’appréhender une « situation » dans une multitude de points de vues, de croiser des méthodologies d’historien, d’anthropologue et de géographe avec ses propres outils conceptuels et de concevoir des dispositifs artistiques de rencontre expérimentaux ouvrant les horizons d’une réflexion décalée.
elisealloin.com

Aline Veillat vit et travaille comme artiste chercheure indépendante à Bâle en Suisse. Elle a étudié à l’École d’art de Lausanne et est titulaire d’un doctorat de l’Université Paris 8 en Esthétiques, Sciences et Technologies de l’Art. Ses œuvres sont régulièrement présentées dans le monde entier.
Dans sa pratique elle se concentre principalement sur les questions environnementales à l’époque de l’Anthropocène et plus particulièrement sur la façon dont l’être humain est lié au non-humain vivant ou non vivant. Son approche est tout d’abord conceptuelle puis se traduit par la suite sous une forme plastique.
Conjointement à sa participation au projet Transrisk sur la culture des risques inondation avec l’Université de Haute Alsace, elle collabore à différents projets de recherche : Ecodata-Ecomedia-Ecoaesthetics avec l’Institut d’Esthétiques Pratique et Théorique IAeP de Académie des Beaux-Arts et de Design FHNW Basel et le laboratoire WSL Eau-Neige-Paysage de l’Ecole Polytechniques Fédérale de Zürich sur les impacts anthropiques et du changement de climat sur une forêt alpine, ainsi que sur un projet sur le sol envisagé comme un organisme vivant, projet développé en tant que chercheur associé à l’IMéRA l’Institut d’Etudes Avancées en collaboration avec l’IMBE l’Institut Méditerranéen de la Biodiversité et d’Écologie de l’Université d’Aix-Marseille.
www.alineveillat.com

[DE]
Se suspendre aux lendemains (Sich am morgigen Tag festhalten)

Morgen wird vielleicht nicht wie heute sein, ein Ereignis kann unsere Lebens-, Denk- und Handlungsweisen verändern. Von einem Moment auf den anderen wird alles anders. Jeden Tag entwickeln wir uns in eine unbekannte Richtung, die zugleich die Kraft der Überraschung und die Last der Sorge in sich tragt. Da das Risiko eines einschneidenden Ereignisses auf jedes Unterfangen, auf jeden Fortschritt lauert, scheint der Versuch vergeblich, es kontrollieren oder vermeiden zu wollen. Dank ihrer Zusammenarbeit mit Hochschulforschenden aus Geografie und Physik präsentieren Aline Veillat und Elise Alloin ihre Sichtweise und künstlerische Umsetzung zur Erforschung von Phänomenen wie Überschwemmungen und Radioaktivität. Mit ihren Skulpturen, ihren Bildern, sowie auch mit ihrer eigenartigen Arbeitsmethodik bahnen sie einen Weg und schaffen eine Perspektive für eine neue Beziehung zur Umwelt.

La Kunsthalle wird zu einem Ort feinfühliger Angebote und zu einer Dokumentation, zu einem Raum, in dem wissenschaftliche Erkenntnisse Form annehmen und weitergegeben werden.

Die Ausstellung wird im Rahmen des jährlich trinationalen Kunstprojektes Regionale stattfinden.
Mehr Informationen: www.regionale.org | #regionale20 in sozialen Netzwerken

Die Künstlerinnen

Élise Alloin lebt und arbeitet in Straßburg. Sie schloss ihr Diplomstudium an der Haute école des arts du Rhin ab.
Sie entwickelt ihr bildendes Werk in einer Dynamik aus Forschung und Kunst, wobei sie insbesondere das Verhältnis des Menschen zur Radioaktivität erforscht. Wie gestaltet dieses „Unsichtbare“ unser Ortsbewusstsein, unseren Bezug zur Zeit, zum sozialen Gedächtnis und zur Veränderung alles Lebendigen?
Ihre transdisziplinäre Praxis gestaltet sie in Zusammenarbeit mit verschiedenen Forschungsteams: in Kernphysik (CNRS-Institut pluridisciplinaire Hubert Curien, Straßburg), in Biowissenschaften (Ozeanographisches Institut von Sopot und Labor für Meeresbiotechnologie, Universität Danzig, Polen) und in Geisteswissenschaften (zeitgenössische Anthropologie, Universität Stockholm, Schweden).
Vor kurzem wurde sie wissenschaftliche Mitarbeiterin im CRESAT (Université de Haute Alsace) und nimmt am Forschungsprogramm Post-atomic Lab teil, das vom Centre sur la transition énergétique du territoire getragen wird. Im Zusammenhang mit der angekündigten Stilllegung des Kernkraftwerkes von Fessenheim erforscht sie die Fragen, die ihrer Arbeit innewohnen: Fragen zur Gestaltung unserer physischen und psychischen Umgebung, zum Verkehrswesen und zu unserer Wohnkultur.
Ab 2020 wird Élise Alloin assoziierte Künstlerin in La Kunsthalle sein.
www.elisealloin.com

Aline Veillat lebt und arbeitet als freischaffende Forscher-Künstlerin in Basel in der Schweiz. Sie studierte an der École d’art de Lausanne und erwarb ihren Doktortitel in Ästhetik, Wissenschaft und Kunsttechnologie an der Université Paris 8. Ihre Werke werden regelmäßig in der ganzen Welt gezeigt.
In ihrer künstlerischen Praxis konzentriert sie sich vor allem auf Umweltprobleme in der Zeit des Anthropozän und insbesondere auf die Weise, wie der Mensch mit dem nicht-menschlichen Leben oder mit dem Nicht-Lebenden verbunden ist. Ihre Herangehensweise ist zunächst konzeptuell, dann nimmt sie eine bildende Form an.
Parallel zu ihrer Teilnahme am Projekt Transrisk zur Kultur der Überschwemmungsrisiken mit dem CRESAT der Université de Haute Alsace arbeitet sie überdies bei unterschiedlichen Forschungsprojekten mit: Das Projekt Ökodaten-Ökomedien-Ökoästhetik mit dem Institut Ästhetische Praxis und Theorie IAeP der Hochschule für Gestaltung und Kunst der FHNW Basel und der Forschungsanstalt Wald, Schnee, Landschaft WSL der Eidgenössischen Technischen Hochschule Zürich untersucht den Einfluss des Menschen und des Klimawandels auf einen Alpenwald; ein Projekt, das den Boden als lebendes Wesen zum Gegenstand hat, prägte Aline Veillat als wissenschaftliche Mitarbeiterin im IMéRA, Institut für weiterführende Studien, in Zusammenarbeit mit dem IMBE, Institut Méditerranéen de la Biodiversité et d’Écologie der Universität von Aix-Marseille.
2018-2019 hatte Aline Veillat einen Universitätsaufenthalt in La Kunsthalle und im Universitären Dienst für Kulturschaffen der UHA.
www.alineveillat.com

 

Exposition en partenariat avec le Centre de recherches sur les économies, les sociétés, les arts et les techniques (CRESAT) de l’Université de Haute-Alsace (programme Interreg Clim’ability Design) / Ausstellung veranstaltet in Zusammenarbeit mit dem Forschungszentrum für Wirtschaft, Gesellschaft, Künste und Technik (CRESAT) der Université de Haute-Alsace.

     

Le travail d’Aline Veillat est issu d’une résidence universitaire de deux ans, en partenariat avec le Service Universitaire de l’Action Culturelle de l’Université de Haute-Alsace. Il bénéficie du soutien de Nova Tris, le centre de compétences transfrontalières de l’Université de Haute Alsace (ANR-11-IDFI-0005) et de la Fondation Hans et Renée Müller-Meylan de Bâle  et s’inscrit dans les commémorations du centenaire des inondations de 1919 / Aline Veillats Arbeit ist das Ergebnis einer zweijährigen Universitätsresidenzzeit, in Zusammenarbeit mit dem Universitätsamt für Kultur der Université de Haute-Alsace. Sie wird unterstützt von NovaTris, dem grenzüberschreitenden Kompetenzzentrum der Université de Haute-Alsace (ANR-11-IDFI-0005) und der Müller-Meylan Stiftung in Basel.

     

Prevel Signalisation, Rixheim et Printcubator.net sont  mécènes de l’exposition.

     

Mulhouse Art Contemporain est partenaire de La Kunsthalle.

[English and German below]

La Kunsthalle Mulhouse présente en partenariat avec White Frame, Bâle et OBORO, Montréal Où sommes-nous et réunit les artistes Judith Albert (CH), Dana Claxton (CA), Nik Forrest (CA), Katrin Freisager (CH) et Capucine Vandebrouck (FR). L’exposition explore les thèmes de l’invisible, du passage et de la mémoire.
Une proposition de Chantal Molleur, Aaron Pollard et Sandrine Wymann.

Où sommes-nous englobe 22 œuvres présentées à travers une scénographie offrant une multitude d’approches pour explorer des questions fondamentales associées au cadre, à la narration, à l’image fixe et animée. Présentée à Montréal l’automne 2018 à Oboro, Où sommes-nous trouve à Mulhouse sa deuxième variation.
Les pratiques de ces cinq artistes s’étendent de la performance, aux images figuratives et abstraites liant intimement le corps au paysage, aux espaces qu’il traverse. Ici réunis, les travaux articulent des préoccupations à propos de la perception, ainsi qu’un désir de perturber et d’enrichir l’imagerie populaire en s’inspirant de stratégies de discours avant-gardistes et féministes.
Entre l’invisible et l’alchimie de l’ordinaire chez Capucine Vandebrouck, l’architecture d’un espace avec la poésie du corps chez Judith Albert, la mise en scène de corps, de paysages et de leurs frontières chez Katrin Freisager, les combinaisons de défiance, d’optimisme et de flirt chez Dana Claxton et la résistance aux normes de Nik Forrest, les œuvres de ces cinq artistes établis ouvrent et bouleversent les concepts normatifs d’espace et de temps, remettant en question la ligne entre réalité et illusion.

Les artistes 

Judith Albert  a passé deux ans à Paris avant de compléter des études de beaux-arts au Collège d’Art et de Design de Zurich. Sa pratique englobe plusieurs formes d’expression incluant le langage, l’intervention artistique, la vidéo, la photographie et la performance. Depuis 2006, elle crée des œuvres dans l’espace public en collaboration avec Gery Hofer.

Katrin Freisager a complété ses études en photographie au Collège d’Art et de Design de Zurich en 1987. Son travail a été présenté dans des expositions solo et collectives en Europe et à l’international. Ses œuvres photographiques utilisent des images figuratives et abstraites. Depuis 2004, Freisager est maître de conférence en photographie aux niveaux du baccalauréat et de la maîtrise à l’Institut des arts HGK FHNW à Basel.

Artiste pluridisciplinaire, Dana Claxton a remporté plusieurs prix et travaille dans le domaine du cinéma, de la vidéo, de la performance et de la photographie. Son travail fait l’objet d’expositions et de collections à travers le monde. Claxton est professeure associée au Département d’histoire de l’art, d’art visuel et de théorie de l’Université de la Colombie-Britannique. Dans son travail, Claxton s’intéresse à la beauté, à l’esprit et aux politiques socio-culturelles autochtones. Les Première Nations de Wood Mountain Lakota sont sa réserve familiale.

Nik Forrest est un.e artiste né.e à Edinburgh et basé.e à Montréal dont la pratique se décline par la vidéo, le son, le dessin et les projets d’installation. Ses vidéos expérimentales ont été diffusées dans plusieurs festivals, galeries et musées en Amérique du Nord et en Europe.

Capucine Vandebrouck est une artiste française basée à Strasbourg. Elle travaille à partir des espaces qu’elle occupe, ses œuvres sont des révélateurs, le reflet d’une certaine invisibilité. Influencée par les éléments qui l’environnent, elle introduit au gré de ses expériences la lumière, le sel, l’eau dans ses sculptures.


[Eng]

La Kunsthalle Mulhouse presents in partnership with White Frame, Basel and OBORO, Montréal Où sommes-nous with the artists Judith Albert (CH), Dana Claxton (CA), Nik Forrest (CA), Katrin Freisager (CH) et Capucine Vandebrouck (FR). The exhibition explores the themes of the invisible, passages and memory.
A curatorial proposition from Chantal Molleur, Aaron Pollard and Sandrine Wymann.

Où sommes-nous encompasses 22 works presented through a scenography offering a multitude of approaches exploring fundamental issues associated with framing, narrative, still and moving images. Presented in Montreal in the fall of 2018 at OBORO, Où sommes-nous finds in Mulhouse its second iteration.
The practices of these five artists span performance, figurative and abstract imagery, tying the body to landscape. Brought together, their works articulate common preoccupations concerning perception and a desire to both disrupt and expand the popular imaginary by drawing from avant-garde, feminist and vernacular strategies.
Within the scope of this exhibition we witness a nod to alchemical processes and proto-photographic experimentation, a destabilizing examination of scale and of the body within built environments and landscapes, a traversing of psychic, social and colonial boundaries, and a resistance to normative structures among five established artists, each of whom open and disrupt conventions, bringing into question foundational assumptions over the line between reality and illusion.


[De]

In Zusammenarbeit mit White Frame, Basel, und OBORO, Montreal, präsentiert La Kunsthalle Mulhouse Où sommes-nous mit den KünstlernJudith Albert (CH), Dana Claxton (CA), Nik Forrest (CA), Katrin Freisager (CH) et Capucine Vandebrouck (FR). Où sommes-nous befasst sich mit den Themen des Unsichtbaren, des Übergangs und der Erinnerung.

Où sommes-nous umfasst 22 Werke. Sie werden mit einer Szenographie vorgestellt, die auf vielfältige Weise grundsätzliche Fragen zum Rahmen, zur Erzählung, zum statischen und bewegten Bild erforscht. Où sommes-nous wurde im Herbst 2018 bei OBORO in Montreal präsentiert und findet in Mulhouse in ihrer zweiten Fassung statt.
Kuratoren : Chantal Molleur, Aaron Pollard und Sandrine Wymann.

Die Praktiken der fünf Künstler reichen von der Performance bis zu gegenständlichen und abstrakten Bildern, in denen der Körper mit der Landschaft und dem zurückgelegten Weg verschmilzt. Die hier ausgestellten Werke beschäftigen sich mit der Wahrnehmung und wollen die gängige Vorstellungswelt zugleich verstören und bereichern, indem sie sich von avantgardistischen, feministischen und volkstümlichen Strategien inspirieren lassen.
Das Unsichtbare und die Alchemie des Alltags bei Capucine Vandebrouck, die Architektur eines Raumes und die Poesie des Körpers bei Judith Albert, die Inszenierung des Körpers, der Landschaft und deren Grenzen bei Katrin Freisager, die Kombinationen aus Misstrauen, Optimismus und Flirt bei Dana Claxton und der Widerstand gegen Normen von Nik Forrest: Die Werke dieser fünf etablierten Künstler brechen die normativen Konzepte von Raum und Zeit auf, stellen sie auf den Kopf und hinterfragen so die Grenze zwischen Realität und Illusion.

 

Nous remercions le Conseil des arts du Canada et Pro Helvetia de leur soutien / We acknowledge the support of the Canada Council for the Arts and Pro Helvetia / Wir danken dem Conseil des arts du Canada und Pro Helvetia für ihre Unterstützung.

    

L’exposition est réalisée en partenariat avec Oboro, centre d’artistes canadien et White Frame, une association nomade Suisse, tous deux œuvrant dans le soutien à la création des arts visuels et des pratiques émergentes.
The exhibition is produced in partnership with Oboro, a Canadian artist center and White Frame, a Swiss nomadic association, both of which support the creation of visual and media arts.
Die Ausstellung wird in Zusammenarbeit mit Oboro, dem kanadischen Künstlerzentrum, und White Frame, einem nomadischen Schweizer Verein, durchgeführt. Beide unterstützen die bildenden Künste und die Medienkunst.

L’exposition bénéficie du soutien de Prevel Signalisation, Rixheim.

© Daniel Villela

La Kunsthalle présente Street Papier Peint de Daniel Villela, un motif installé sur le mur du parvis de la Fonderie à Mulhouse.

Pour l’œuvre Motif Milbert, Daniel Villela a été inspiré par un détail du panoramique de la Manufacture Zuber « Les vues d’Amérique du Nord » dessiné par Jean-Julien Deltil en 1834. Ce détail représentant un groupe de personnes a été schématisé suivant un processus d’abstraction propre à l’artiste. Le motif réalisé est imprimé à grande échelle pour réaliser un street papier peint qui sera visible sur le mur de la Fonderie.

Daniel Villela est à La Kunsthalle dans le cadre du programme de résidence international Atelier Mondial.

En partenariat avec la Fondation Christoph Merian, le projet bénéficie du généreux soutien de Prevel Signalisation, Rixheim

     

[English and German below]

La Kunsthalle Mulhouse accueille Un Paon et un Hippopotame se Lancent dans un Débat Existentiel, une exposition monographique de Basim Magdy.

Attiré par les sciences, l’inexplicable, l’impressionnant, Basim Magdy reconnait par ailleurs un attrait pour la beauté des mots, la musicalité d’un son ou l’harmonie d’une gamme colorée. Artiste d’origine égyptienne, il a gardé de ses ancêtres le goût des grands projets. Que ce soit en peinture, en photographie ou en images filmées, Basim Magdy compose à partir de prélèvements du monde qu’il observe. Il extrait des images, il les façonne, les détourne comme un scientifique tente des expériences à partir du réel pour obtenir une réalité secondaire. Il obtient alors une nouvelle matière avec laquelle il questionne l’existentiel ou raconte une histoire plus personnelle.

New Acid est le titre du nouveau film écrit et réalisé par Basim Magdy. Produit par La Kunsthalle Mulhouse, il sera présenté pour la première fois à l’occasion de l’exposition. Autour de ce film, une sélection de photographies inédites, de peintures, de vidéos, d’installations trouvent place dans un espace entièrement peint selon les instructions de l’artiste. L’exposition fonctionne comme une œuvre globale dans laquelle le spectateur est accueilli et invité à trouver sa propre place.

Basim Magdy est né en 1977 à Assiout (EG), il vit et travaille à  Bâle.
Son travail a été maintes fois présenté lors d’expositions solo ou de groupe dans les plus grandes institutions mondiales dont MoMA The Museum of Modern Art, New York ; Centre Pompidou, Paris ; MAAT Musée d’Art, d’Architecture et de Technologie, Lisbonne ; MCA Museum of Contemporary Art, Chicago ; Castello di Rivoli Musée d’art contemporain, Turin ; New Museum Triennal, New York ; MAXXI Musée national des arts du XXIème siècle, Rome ; Jeu de Paume, Paris ; CAPC Musée d’art contemporain, Bordeaux ; Deutsche Bank Kunsthalle, Berlin ; Whitechapel Gallery, London ; The Museum of Contemporary Photography, Chicago ; Musée d’art contemporain de Varsovie ; le Palais de Tokyo, Paris.Il a également été invité aux Biennales d’Athènes, de Montréal, d’Istanbul, aux Ateliers de Rennes. Il a fait partie des finalistes de Future Generation Art Prize de Kiev, de La Deutsche Bank’s Artist of the Year 2016 et a remporté plusieurs prix dont Abraaj, Dubaï ; The New: Vision, CPH:DOX Film Festival, Copenhague.
Ses films ont fait l’objet de programmation dédiée comme à la Tate Modern, au Festival international du Film Rotterdam.
www.basimmagdy.com


[Eng]

La Kunsthalle Mulhouse welcomes A Peacock and a Hippo Walk into an Existential Debate, a monographic exhibition by Basim Magdy.

Basim Magdy is fascinated by science, the unexplained and the extraordinary. He also loves the beauty of words, the musicality of sounds and the harmony of artistic gradations. He is an artist of Egyptian origin who has inherited a taste for monumental projects from his ancestors. In paintings, photographs and films, Basim Magdy uses visual fragments of the world and reshapes them like a scientist carrying out experiments to transform existing reality. He then attains new materials with which he raises existential questions and tells more personal stories.

New Acid is the title of the new film written and directed by Basim Magdy. It was produced by La Kunsthalle Mulhouse and its premiere will take place during the exhibition. A selection of photographs, paintings, videos and installations are shown to the public for the first time. The works are displayed in locations painted according to the artist’s instructions. The exhibition is an artwork in itself, welcoming visitors and inviting them to make it their own.


[De]

La Kunsthalle Mulhouse Basim Magdys Einzelausstellung Ein Pfau und ein Nilpferd geraten in eine existentielle Debatte.

Basim Magdy interessiert sich für die Wissenschaften, das Unerklärliche, das Beeindruckende, und bekennt sich zu einer Vorliebe für die Schönheit der Wörter, die Musikalität eines Klanges oder die Harmonie einer Farbenpalette. Als Künstler ägyptischer Herkunft hat er von seinen Vorfahren die Freude an Großprojekten geerbt. Sei es bei Gemälden, bei Fotografien oder bei gefilmten Bildern – immer komponiert Basim Magdy mit Mustern und Proben aus der Welt, die er beobachtet. Er nimmt Bilder heraus, gestaltet sie, leitet sie um, genauso wie ein Wissenschaftler, der ausgehend von realen Bedingungen Experimente vornimmt, um zu einer zweiten Ebene zu gelangen. Er schafft somit eine neue Materie, mit der er das Existentielle hinterfragt oder eine persönlichere Geschichte erzählt.

New Acid ist der Titel des neuen Filmes, den Basim Magdy geschrieben und realisiert hat. Er wird von La Kunsthalle produziert und zum ersten Mal in der Ausstellung gezeigt. Im Einklang zu diesem Film wird eine Auswahl an Gemälden, Videos, Installationen und bislang ungezeigten Fotografien in einem nach ganz genauen Anweisungen des Künstlers gestrichenen Raum präsentiert. Die Ausstellung wird wie ein Gesamtkunstwerk funktionieren, in welchem der Besucher empfangen und dazu eingeladen wird, seinen eigenen Platz zu finden.


Vernissage : mercredi 5 juin 2019 à 18h30
Pendant Art Basel : réception à La Kunsthalle, vendredi 14 juin de 19h à 22h
(Navette gratuite au départ d’Art Basel à 18h15 angle Isteinerstrasse / Bleicherstrasse – Retour à Bâle à 21h15)

L’exposition bénéficie du soutien de Pro Helvetia et du Département Culturel de la Ville de Bâle / The exhibition is supported by Pro Helvetia and the Division of Cultural Affairs of Basel-Stadt / Die Ausstellung wurde durch der Schweizer Kulturstiftung Pro Helvetia und die Abteilung Kultur Basel-Stadt unterstützt

 

 

Les Artisans du son, Mulhouse, Barrisol®Normalu, Kembs et Prevel, Rixheim sont mécènes de l’exposition.

      

Mulhouse Art Contemporain est partenaire de La Kunsthalle.

[English and German below]

Dans le cadre de la Saison France-Roumanie 2019, La Kunsthalle propose La Brique, The Brick, Cărămida, une exposition d’œuvres contemporaines roumaines.

Cette exposition fait suite au souhait du collectionneur et mécène de Timisoara Ovidiu Șandor de partager ses choix et sa passion pour l’art dans cette ville française jumelée avec la sienne, Mulhouse.
L’occasion est offerte ainsi d’entrouvrir les portes d’un monde intime, d’avoir un aperçu sur un pan du récit moderne et contemporain roumain et de mieux comprendre l’histoire complexe de ce pays. Cette exposition présente une scène artistique engagée et créative depuis l’aube du 20ème siècle à nos jours.
Le titre de l’exposition est emprunté à une œuvre emblématique d’Ana Lupaș, effigie iconique des avant-gardes de l’après-guerre et incontestablement une découverte majeure des plus grands musées du monde. Elle pose, ainsi, une brique à un édifice qui se veut l’acte fondateur d’une entreprise culturelle ambitieuse.

Seront à redécouvrir à La Kunsthalle Mulhouse, les figures de proue d’un panthéon universel telles Constantin Brâncuși, Andrei Cădere, Ana Lupaș ou encore Geta Brătescu… mais aussi des personnalités marquantes du monde contemporain comme Adrian Ghenie, Victor Man, Ciprian Mureșan, Mircea Cantor, Ioana Nemeș ou Andra Ursuța. La nouvelle génération, qui commence à se faire connaître hors des frontières nationales, s’avère remarquable.
L’exposition est également l’occasion d’inviter deux artistes roumains, Pusha Petrov et Alex Mirutziu, à produire et présenter de nouvelles œuvres. Leurs deux projets, conçus pour l’occasion, rejoindront l’ensemble constitué de la collection et renforceront la présence d’une jeune scène roumaine.

LES ARTISTES / ARTISTS / KÜNSTLERINNEN
Ion Bârlădeanu, Ioana Bătrânu, Marius Bercea, Horia Bernea, Ștefan Bertalan, Ion Bitzan, Constantin Brâncuși, Brassaï, Geta Brătescu, Victor Brauner, Michele Bressan, Andrei Cădere, Mircea Cantor, Roman Cotoșman, Constantin Flondor, Adrian Ghenie, Ion Grigorescu,  Marcel Iancu, Pavel Ilie, Mi Kafchin, Ana Lupaș, Victor Man, Dan Mihălțianu, Alex Mirutziu, Florin Mitroi, Ciprian Mureșan, Gellu Naum, Paul Neagu, Ioana Nemeș, Miklós Onucsan, Andrei Pandele, Dan Perjovschi, Pusha Petrov, Lea Rasovszky, Diet Sayler, Șerban Savu, Decebal Scriba, Arthur Segal, Sigma, Liviu Stoicoviciu, Mircea Suciu, Doru Tulcan, Andra Ursuța


[Engl]
As part of the France – Romania Season 2019, La Kunsthalle presents La Brique, The Brick, Cărămida, a modern and contemporary art exhibition. The initiative of such an exhibition comes from the collector and benefactor from Timișoara, Ovidiu Șandor, and his desire to share his choices and passion for art in this French city twinned with his, Mulhouse. The opportunity is thus to open the doors on an intimate world, have an insight into the modern and contemporary Romanian narrative and a better understanding of the complex history of this country. This exhibition presents a committed and creative artistic scene from the early 20th century to this day.
The title of the exhibition is borrowed from an emblematic work by Ana Lupaș, an iconic figure of the avant-garde and undoubtedly a major discovery of the greatest museums in the world. It puts one brick after another in a building that is the founding act of a wonderful cultural enterprise.
From Constantin Brâncuși, Andrei Cădere, Ana Lupaș Geta Brătescu and Ion Grigorescu, leading figures in a national pantheon, to Adrian Ghenie, Victor Man, Ciprian Mureșan or Dan Perjovschi and taking into account a whole new generation that will not be long to be discovered outside national borders, the collection shows a high ambition and a strong commitment.This is also an opportunity to invite two Romanian artists, Pusha Petrov and Alex Mirutziu, to produce and present new works. Both of their projects, produced for the occasion, will join the collection and will strengthen the presence of the young Romanian scene.


[DE]
Im Rahmen der Saison France-Roumanie 2019 zeigt La Kunsthalle La Brique (Der Grundstein), The Brick, Cărămida, eine Ausstellung zeitgenössischer rumänischer Kunstwerke.
Mit dieser Ausstellung erfüllt sich der Wunsch des Sammlers und Mäzens Ovidiu Șandor aus Timisoara, das eine Städtepartnerschaft mit Mulhouse verbindet. Ovidiu Sandor möchte seine Liebe und Leidenschaft zur Kunst mit den Menschen der Partnerstadt teilen.
In Mulhouse haben Besucher nun die Gelegenheit, eine vertrauliche Welt kennenzulernen, Einblicke in das moderne und zeitgenössische Rumänien zu erhalten und die komplexe Geschichte dieses Landes besser zu verstehen. Die Ausstellung zeigt eine engagierte und kreative Kunstszene von der Mitte des 20. Jahrhunderts bis heute.
Der Ausstellungstitel ist einem emblematischen Werk Ana Lupaș’ entliehen, einer ikonischen Figur der Avantgarde der Nachkriegszeit und zweifellos eine wesentliche Entdeckung der größten Museen der Welt. Sie legt somit den Grundstein für ein Bauwerk, quasi als Gründungsakt für ein ambitioniertes, kulturelles Unterfangen.
In La Kunsthalle gilt es, die Leitfiguren eines universalen Pantheons wie Constantin Brâncuși, Andrei Cădere, Ana Lupaș oder Geta Brătescu wiederzuentdecken – aber auch bedeutende zeitgenössische Künstler wie Adrian Ghenie, Victor Man, Ciprian Mureșan Mircea Cantor, Ioana Nemeș oder Andra Ursuța. Die neue Generation, die allmählich auch außerhalb der nationalen Grenzen Bekanntheit erlangt, ist vielversprechend.
Die Ausstellung ist ebenfalls Anlass, die Künstler Pusha Petrov und Alex Mirutziu einzuladen, neue Werke zu schaffen und zu zeigen. Ihre beiden Projekte ergänzen die Gesamtheit der zusammengetragenen Sammlung und verleihen der jungen, rumänischen Kunstszene starke Präsenz.

Curator : Ami Barak
Curateur indépendant basé à Paris, Ami Barak a initié multiples projets et expositions en France et à l’étranger. On compte parmi les plus récents : Role-playing – Rewriting Mythologies – Daegu Photo Biennale, Corée du Sud (2018) ; Life- A User’s manual, La vie mode d’emploi – Art Encounters Timisoara Biennale of Contemporary Art (2017) ; What does the image stand for? De quoi l’image est-elle le nom ? – Momenta Biennale of contemporary image Montréal (2017) ; Julião Sarmento The Real thing – Fondation Gulbenkian Paris, Peter Kogler Next ING Art Center Bruxelles (2016-2017) ; Le Salon de Montrouge 61e, 62e & 63e éditions – Montrouge (de 2016 à 2018)

 

La Fondation Art Encounters Timișoara est partenaire de l’exposition

Prevel Signalisation est mécène de l’exposition 

Lucie Kerzerho, 'Yuka' (détail), 2018
Photographie argentique

Oasis est une exposition d’étudiant.e.s et diplômé.e.s de l’option Art de la HEAR, Le Plateau.

Dans ce désert de l’espace d’exposition, les étudiants se retrouvent autour d’une source : quatre œuvres du FRAC Alsace, première étape d’un processus de fertilisation. Ces œuvres préalablement choisies ainsi que les œuvres produites par les exposants se réfléchissent et se répondent en un jeu de miroirs et de vases communicants.

La Kunsthalle, ainsi irriguée, puis cultivée et soignée devient espace de croisements et de passages, point de repère ou source providentielle. Les pièces des exposants viennent proliférer, s’agencer et s’agglomérer.

Cet ensemble d’éléments constituent l’oasis, abondante et généreuse. Parfois touffue et débordante, parfois aérée et structurée, cette oasis ne doit son existence qu’à celle des étendues désertiques avec lesquelles elle fait corps. Le visiteur entre, traverse des parcelles de désert, navigue parmi des îlots visuels et sonores. Il progresse du vide au plein et du plein au vide, s’appropriant et renouvelant l’oasis.

Etudiant.e.s
Lena Beckerich, Fred Bello, Elsa Broustet, Linda Caracciolo Borra, Léna Guicquero, Jacques Herrmann, Hyesung Jung, Lucie Kerzerho, Ellia Kevorkian, Hyosook Kim, Léa Kreitmann, Katarina Lanier, Alix Lebaudy, Juliette Liou, Vincent Lo Brutto, Emmanuel Michaud, Yolanda Mtombeni, Mihail Ninov, Philippe Slâpcât, Mireille Reiners, Yvan Rochette, Nina Savey-Guillerault, Ugo Sebastiao, Agathe Siffert, Justine Siret, Marion Stoll, San Zagari

Diplômé.e.s
Emma Haëck, Raphaël-Bachir Osman, Nastassja Ramassamy

Artistes de la collection Frac Alsace
Joan Fontcuberta, Geert Goiris, Nicky Rieti et Yvan Salomone

Commissaires
Neckar Doll, Léa Kreitmann, Badia Larouci, Emmanuel Michaud, Mihail Ninov, Yvan Rochette

Coordination
Edouard Boyer, Ivan Fayard, Anne Immelé

En partenariat avec la Haute école des arts du Rhin – HEAR et le FRAC Alsace.

ODNI/UDO (Objet Domestique Non Identifié / Unidentified Domestic Object) présente des œuvres de Fantine Andrès, Mona Broschár, Axel Gouala, Dirk Koy, Alexandra Meyer, Antonie Oberson, Jacob Ott, Iva Šintić, Mirjam Spoolder.

Dans cette exposition nous assistons à un phénomène tout à fait étrange : les objets que nous croyions connaître ont perdu leur sens premier et se sont transformés en avatars non identifiés. Tous nos repères sont perturbés, on enfile les tapis, on grimpe sur les meubles, on expose les poubelles et on ne sait même plus comment nouer ses lacets. Le quotidien s’emballe avec malice et poésie. Les artistes combinent les observations, relèvent les ironies, amplifient les situations jusqu’à transformer un voyage en terre connue en une expédition lointaine et initiatique.

L’exposition est proposée dans le cadre de la Régionale, programme trinational annuel
Informations sur www.regionale.org ou #regionale19 sur les réseaux sociaux

In dieser Ausstellung wohnen wir einem völlig befremdenden Phänomen bei: die Gegenstände, die wir zu kennen glaubten, haben ihre ursprüngliche Bedeutung verloren und sich in unbekannte Avatare verwandelt. All unsere Bezugspunkte sind gestört: man zieht einen Teppich an, klettert auf die Möbelstücke, stellt Mülleimer zur Schau und weiß nicht einmal mehr, wie man seine Schuhe schnürt. Der Alltag kleidet sich in Schalkhaftigkeit und Poesie. Die Künstler kombinieren die Beobachtungen, stellen Ironien fest, verstärken die Situationen – bis eine Reise auf ausgetretenen Pfaden zu einer Entdeckungsreise in entlegene Gebiete wird.

Die Ausstellung wird im Rahmen des jährlich trinationalen Kunstprojektes Regionale stattfinden.

 

 

Avec la participation de Bertille Bak (FR), Chto Delat (RS), Gil & Moti (NL), Jan Kopp (DE), Georgia Kotretsos (GR), Katrin Ströbel (DE), Youssef Tabti (FR), Clarissa Tossin (USA), Maarten Vanden Eynde (BE).

Dans le cadre d’un projet d’expositions communes, le centre d’art contemporain La Kunsthalle Mulhouse et le Museum für Neue Kunst de Freiburg im Breisgau s’interrogent sur l’influence qu’exercent les espaces sur la perception humaine.
Le projet est né d’une observation locale : Mulhouse et Freiburg im Breisgau, sont deux villes proches en distance et pourtant elles se caractérisent davantage par leurs différences que par leurs similitudes. Se rendre quelques jours à Mulhouse c’est aller dans le Nord de la France tandis que passer des vacances à Freiburg im Breisgau c’est séjourner dans le Sud de l’Allemagne. On n’y va pas dans le même esprit ni avec les mêmes bagages ! Il y a là de quoi sourire mais c’est peut-être moins anecdotique qu’il n’y parait. Ce simple positionnement géographique va jusqu’à impliquer des arts de vie différents. Les expositions Mon Nord est Ton Sud et Your North is My South se sont construites à partir de cette première anecdote pour l’étendre à d’autres espaces et d’autres situations.
Mon Nord est Ton Sud est articulée autour de l’idée de la pluralité des espaces et de la différence de leur perception. Les espaces géographiques, politiques, sociaux, économiques sont indépendants et complémentaires, ils se comprennent à des échelles individuelles, parfois collectives, mais surtout ils sont les lieux physiques ou virtuels d’expériences subjectives, de relations complexes, voire de situations duales.
Your North is My South se consacre pour sa part aux lieux sans situation géographique comme l’espace virtuel. Sachant qu’une grande partie de la population mondiale est active au quotidien sur Internet, le Web permet d’agir et de communiquer au niveau mondial. Aussi, les informations diffusées se répandent en très peu de temps au-delà des frontières nationales. Mais à quoi ressemble cette «terre inconnue» ?
Une proposition de Sandrine Wymann

In einem gemeinsamen Ausstellungsprojekt spüren La Kunsthalle – Zentrum für zeitgenössische Kunst – und das Freiburger Museum für Neue Kunst der Frage nach, wie Räume die menschliche Wahrnehmung beeinflussen.
Das Projekt ist aus einer lokalen Beobachtung entstanden: Mulhouse und Freiburg im Breisgau sind zwei geographisch nahe Städte, und doch definieren sie sich vielmehr über ihre Unterschiede als über ihre Ähnlichkeiten. Für einige Tage nach Mulhouse zu reisen, heißt nach Nordfrankreich zu fahren, während seinen Urlaub in Freiburg im Breisgau zu verbringen bedeutet, einen Aufenthalt in Süddeutschland zu machen. Man geht nicht mit demselben Gedanken dahin, und auch nicht mit demselben Gepäck! Man kann darüber lächeln, aber es ist vielleicht nicht so anekdotisch, wie es scheint. Denn allein diese geographische Lage führt bereits zu unterschiedlichen Lebensstilen. Die Ausstellungen Mon Nord est Ton Sud (Mein Nord ist dein Süden) und Your North is My South wurden an Hand dieser ersten Anekdote entwickelt und auf andere Räume und Situationen erweitert.
Mon Nord est Ton Sud ist dein Süden baut auf der Idee der Vielfältigkeit der Räume und des Unterschieds von deren Wahrnehmung auf. Die geographischen, politischen, soziologischen, wirtschaftlichen Räume sind unabhängig und ergänzen sich. Sie können auf individuellen, manchmal kollektiven Ebenen verstanden werden, aber sie sind vor allem die physischen und virtuellen Orte von subjektiven Erfahrungen, von komplexen Beziehungen oder gar von zweideutigen Situationen.
Your North is My South widmet sich Orten, die keine geografische Lage haben, wie der virtuelle Raum. Denn ein Großteil der Weltbevölkerung bewegt sich täglich im Internet. Somit ermöglicht es das Netz, global zu agieren und zu kommunizieren. So verbreiten sich Informationen in kürzester Zeit über Landesgrenzen hinweg. Doch wie sieht dieses „Neuland“ eigentlich aus?

En partenariat avec le Museum für Neue Kunst qui présente jusqu’au 07.10.2018 l’exposition Your North is my South.
Des bus seront mis en place entre Mulhouse et Freiburg im Brisgau pour permettre au public de découvrir les deux expositions.
In Zusammenarbeit mit dem Museum für Neue Kunst, das bis zum 07.10.2018 die Ausstellung Your North is My South zeigt.
Busse werden zwischen Mulhouse und Freiburg eingesetzt, um dem Publikum zu ermöglichen, beide Ausstellungen zu besichtigen.

L’exposition bénéficie du soutien de la Fondation Entente Franco-Allemande, du fonds PERSPEKTIVE pour l’art contemporain & l’architecture (une initiative du Bureau des arts plastiques de l’Institut français, soutenu par le Ministère de la Culture et de la Communication) et du Goethe-Institut Strasbourg.
Mit der freundlichen Unterstützung der Fondation Entente Franco-Allemande, des Fonds PERSPEKTIVE für zeitgenössische Kunst & Architektur des Bureau des arts plastiques des Institut français (gefördert durch das französische Kulturministerium) und des Goethe-Instituts.

Les Artisans du Son, Mulhouse sont mécènes de l’exposition



Cet été 2018, La Kunsthalle Mulhouse accueille Nœuds Négatifs, une exposition monographique d’Étienne Chambaud. Pour ce projet, l’artiste construit un dispositif qui noue les ruines d’une cage de zoo et une série de sculptures, collages, peintures et vidéo.

(English below)

Nœuds Négatifs est une exposition quasi fractale : elle est composée de plusieurs strates d’expositions se partagent ou se disputent un même espace. Ni simple somme ni simple soustraction de l’une par d’autres, ces strates laissent entrevoir une combinatoire plus complexe qui ne se révèle pas a priori. Comme autant de dimensions parallèles, elles s’exposent l’une à l’autre, entrent en contacts, se chevauchent, se frôlent, s’entrecoupent, s’interpénètrent, coïncident parfois, dessinent un espace commun ou au contraire s’excluent mutuellement et coexistent sans bords en partage

Le travail d’Étienne Chambaud consiste principalement en une recherche sur les frontières ou les limites entre formes, objets, gestes et discours, ce que l’artiste nomme une « Écologie des Séparations ». Différents espaces, domaines de savoir, modes de capture, de conservation et de transmission se mêlent, se croisent ou se chevauchent dans ses œuvres.
www.etiennechambaud.com

From 7th June to 26th August 2018, La Kunsthalle Mulhouse is hosting a solo exhibition dedicated to the French artist Étienne Chambaud. For this project, the artist builds a display that knots the ruins of a zoo cage and a series of objects, sculptures, collages, paintings and video.

Negative Knots is a quasi-fractal exhibition. It is composed of several strata of exhibitions that share the same space or compete for it. Neither a simple sum nor a subtraction of one by the other, they suggest a more complex combination which does not reveal itself a priori. They act as many parallel dimensions, sometimes facing one another, sometimes overlapping or coinciding, creating a common space or conversely mutually excluding one another and coexisting without any shared boundaries.

Étienne Chambaud’s work could be described as an “ecology of separations”: an on-going research on frontiers and borders between forms, objects, gestures and discourses. In his work, various spaces, scientific fields, modes of capture, of conservation and of transmission merge, overlap or intersect.

 

Étienne Chambaud bénéficie du soutien de [N.A!] PROJECT, la galerie LABOR, Mexico.
L’exposition bénéficie du généreux soutien des Artisans du son, Mulhouse
et fait partie de l’opération Plein Soleil, l’été des centres d’art.

Le titre The Live Creature (L’être vivant) est tiré du premier chapitre de L’art comme expérience de John Dewey, paru en 1934. Bien que le livre ait reçu à l’époque un accueil mitigé, il est devenu avec le temps, et au fil des relectures successives, une référence majeure sur l’éducation artistique et les rapports entre art et vie quotidienne. Selon Dewey, l’autonomie de l’expérience artistique est ancrée dans la fonction sociale de l’art. De là naissent des pratiques à caractère relationnel dont on comprend l’organisation au fur et à mesure de leurs productions.

La théorie de Dewey peut être vue comme une tentative de comprendre la pratique artistique, ce qu’elle a d’important et de singulier, ses manifestations physiques (“l’objet expressif”) à travers un processus tout entier. L’élément fondamental n’est alors plus “l’œuvre d’art” matérielle mais le développement d’une “expérience”.

Se distinguant de cette approche théorique, l’exposition présente des projets qui explorent les liens entre l’éducation artistique et la pratique de l’art, l’artisanat comme moyen de se référer au monde, le corps comme sujet de transmission et l’influence de l’environnement urbain qui nous entoure. Ces éléments deviennent le point de départ de processus de recherches et de productions individuelles et collectives, faisant de l’art un outil d’une meilleure compréhension de nos modes de vie.

Anna Craycroft (USA), Esther Ferrer (ESP), Adelita Husni-Bey (IT), Allan Kaprow (USA), Teresa Lanceta (ESP), Nicolas Malevé (BE), Aimée Zito Lema (NL)

Une proposition de Soledad Gutierrez.

Soledad Gutiérrez (née en 1976 à Torrelavega en Espagne) est commissaire indépendante et chercheur.
Elle a travaillé jusqu’en 2014 en tant que commissaire au Musée d’Art Contemporain de Barcelone (MACBA). Auparavant, elle a dirigé, à Londres, le programme d’expositions de la Hauser & Wirth Gallery et de la Whitechapel Art Gallery.
De 2014 à 2017, elle a collaboré en tant que commissaire avec Manufactories Of Caring Space-Time, un projet européen de la Fondation Tàpies à Barcelone ; le Museum voor Schone Kunsten (MSK) à Gand (Belgique) et le FRAC Lorraine, spécialisé sur les potentialités des pratiques collectives et immatérielles de l’art contemporain. Elle a également publié dans divers magazines et catalogues.

L’exposition bénéficie du soutien de l’Acción Cultural Española, AC/E 

The Live Creature fait partie d’Oh ! Pays-Bas, saison culturelle néerlandaise en France 2017-2018 

 

L’entreprise Prevel Signalisation est mécène de La Kunsthalle

A gauche, crédit : Neckar Doll | à droite, crédit : Léa Kreitmann

FOLLOWERS est une exposition des étudiants de la HEAR, option art Le Plateau, qui veut explorer les nouvelles formes et les nouveaux statuts de l’image à l’ère des réseaux sociaux.

Si l’évolution technologique génère un flux d’images immatérielles et éphémères, les nouveaux producteurs et usagers de l’image lui imposent une immédiateté et un partage nouveaux qui modifient le statut même de cette image.

A propos de l’invention de la photographie sous sa forme primitive du daguerréotype, Charles Baudelaire écrivait : « Une folie, un fanatisme extraordinaire s’empara de tous ces nouveaux adorateurs du soleil. » : aujourd’hui, via Instagram, les suiveurs, les disciples et les adorateurs sont légion… Alors quelle image produisons nous et pour quelle exposition ?

Shireen Ali, Lena Beckerich, Fred Bello, Neckar Doll, Silviane de Goër, Alice Guérin, Emma Haëck, Jacques Herrmann, Hyosook Kim, Ange-Frédéric Koffi, Léa Kreitmann, Nahrae Lee, Juliette Liou, Vincent Lo Brutto, Emmanuel Michaud, Océane Pastier, PHiLiPPe PAULiN, Maëlyn Pesquer, Laura Porzio, Nastassja Ramassamy, Julie Robiolle, Yvan Rochette, Robinson Roumier, Agathe Sieffert, Pablo Stahl, Marion Stoll, Lydja-Uta Szatkowski, Hippolyte Tessier.

Coordination : 
Edouard Boyer, Ivan Fayard, Anne Immelé

Le sol est notre surface de contact avec la terre. Si nous y projetons nos racines, nous semblons aussi vouloir nous en détacher, par notre position debout, nos constructions vertigineuses, nos désirs d’envol et d’élévation. Tels des danseurs, nous entretenons un jeu d’attraction-répulsion avec le sol, où chaque élancement finit en chute fracassante. Nous creusons la terre, en quête de nos origines, pour y trouver amas de vestiges et de corps en décomposition. Nous lui extrayons richesses, nutriments et matériaux de construction, nous y dressons des murs qui se fissureront, à leur tour, et redeviendront débris, poussière, terre. L’exposition Sols, murs, fêlures reprend ce mouvement perpétuel entre excavation, érection, érosion. La fêlure y est un geste de mémoire autant que d’émancipation, une arme contre les remparts identitaires. La surface du sol contient alors toutes les hauteurs et profondeurs auxquelles nous aspirons.

Grégory Buchert, Claire Chassot et Joséphine Tilloy, Vincent ChevillonClémence Choquet et Mickaël GamioNicolas DaubanesClara DenidetJörg GelbkePhilémon OtthPétrole Editions / Transrevue Talweg

Une exposition d’Isabelle Henrion.

Vernissage est accompagné d’une performance de Claire Chassot et Joséphine Tilloy.
Conférence performée de Vincent Chevillon suivie d’un kunstapéro, vendredi 8 décembre – 18:00
Lecture de Talweg n°4 suivie d’un kunstapéro, jeudi 4 janvier – 18:00

BUSTOUR
Plusieurs circuits en bus sont proposés au départ de Bâle, Strasbourg et Fribourg.
Samedi 5 décembre, dimanches 6, 13 et 20 décembre
Payant, renseignement : regionale@gmx.ch  | réservation en ligne www.reservix.de, mot-clé : regionale

BÖDEN, MAUERN, RISSE.
Der Boden ist unsere Kontaktfläche mit der Erde. Obgleich wir unsere Wurzeln in sie schlagen, scheinen wir uns ebenfalls von ihr lösen zu wollen : wir stehen aufrecht, bauen schwindelerregende Gebäude, sehnen uns danach zu fliegen und abzuheben. Wie Tänzer pflegen wir ein Wechselspiel von Anziehen und Abstoßen mit dem Boden, bei dem jeder Schwung mit einem zerschmetternden Sturz endet. Auf der Suche nach unserem Ursprung graben wir in die Erde, um dort Schutt und Überreste von verwesenden Körpern zu finden. Aus derselben Erde schöpfen wir Reichtümer, Nährstoffe, Baumaterialien. Auf ihr bauen wir Mauern, die wiederum Risse bekommen und zu Schutt, Staub, Erde werden. Die Ausstellung Böden, Mauern, Risse greift dieses Perpetuum Mobile aus Ausgraben und Aufbauen, aus Erektion und Erosion auf. Der Riss ist dabei sowohl eine Geste der Erinnerung wie auch der Emanzipation, eine Waffe gegen die Mauern der identitären Ideologie. Die Bodenfläche enthält somit alle Höhen und Tiefen, nach denen wir streben.

Bustouren:
→ 2.12.2017 : Ab Basel und Freiburg >11:30 Basel, Bad. Bahnhof, vor Syngenta gegenüber dem Haupteingang > 12:00 Kunst Raum Riehen > 13:45 La Kunsthalle, Mulhouse > 16:00 Konzerthaus Freiburg(Einstieg möglich) > 18:00 Vernissage CEAAC, Strasbourg > 18:30 Vernissage-Programm von Accélérateur de particules, Strasbourg: Start Video-Parcours: Boutique culture, Place de la Cathédrale, StrasbourgDer Parcours beinhaltet 10 Orte im Stadtzentrum > 20:30 Ende Video-Parcours: Sulky PMU inkl. Buffet, Strasbourg > 21:45 Retour ab Hauptbahnhof, Strasbourg / 23:00 ca. zurück in Freiburg / 00:00 ca. zurück in BaselBegleitet von Katrin Bauer, Gastkuratorin Kunsthaus L6 Freiburg
Tickets
Freiburg Tickets ab Basel CHF/EUR 20.—CHF/EUR 15 | Info regionale@gmx.ch – Online Booking www.reservix.de, Stichwort : regionale

L’exposition bénéficie du généreux soutien de l’ADAGP

La Kunsthalle Mulhouse accueille Quand tout s’éparpille, il faut rassembler les pièces… différemment, une exposition monographique de l’artiste américain Steve Roden.

Steve Roden, artiste plasticien et sonore, développe une œuvre multiforme. Il invente des systèmes à partir de partitions musicales, de mots, de cartes, d’imprimés qui le guident ensuite dans ses réalisations plastiques et sonores. Le matériau source inspirant devient une sorte de squelette formel sur lequel les travaux finis sont construits.

Cette exposition regroupera ces différentes formes de notations spécifiques, ainsi que des films, des pièces et sculptures sonores. Au travers de cette mise en espace s’établissent des jeux de correspondances visuelles et textuelles où la représentation du son est intrinsèque à chaque pièce.

Steve Roden crée un seul et même espace pour des œuvres diverses rentrant en écho les unes avec les autres, esquissant ainsi la partition d’une expérience du sensible laissée à l’interprétation de chacun.

Steve Roden (1964) est un artiste visuel et sonore de Los Angeles, vivant à Pasadena.
Depuis la fin des années 1980, les œuvres de Steve Roden ont été exposées aux Etats-Unis et à l’International dans des musées, galeries et espaces publics : Galeries Susanne Vielmetter LA Projects (Los Angeles) et Studio La Città (Vérone), la Biennale Mercosul (Porto Alegre), le Centre Georges-Pompidou (Paris), le Musée d’art contemporain (San Diego), le Musée Hammer/UCLA (Los Angeles), le Musée national d’art contemporain (Athènes), la Singuhr-Hoergalerie (Berlin), la Serpentine Gallery (Londres), le Musée d’art moderne (San Francisco), ou encore le Walker Art Center (Minneapolis). Il a également réalisé de nombreux disques et concerts.

Une proposition d’Anne-Laure Chamboissier et Sandrine Wymann

L’exposition bénéficie du généreux soutien du Mona Bismarck, American Center, Paris et des Artisans du son, Mulhouse.

      

A World Not Ours est une exposition collective consacrée à la crise actuelle des réfugiés et les déplacements forcés de population causés par la guerre en Syrie et dans d’autres zones de conflit. L’exposition, dont le premier volet a été inauguré l’été dernier à l’Espace Pythagorion de la Schwarz Foundation, sur l’île de Samos en Grèce, cherche à contrebalancer la vision réductrice ou partielle d’une crise trop souvent limitée à des images d’embarcations de fortune et de traversées périlleuses depuis la Turquie ou la Libye. L’idée est de se pencher sur l’avant et l’après de ces moments dramatiques. Alors que la première partie de l’exposition était consacrée à l’expérience de la fuite, au voyage périlleux et à l’économie clandestine qui entretient la précarité des réfugiés, le volet mulhousien se penche davantage sur l’accueil réservé aux réfugiés, sur les procédures légales et les réalités quotidiennes auxquelles ils sont confrontés, « la terre promise » atteinte. Cette seconde partie s’attache également à observer la façon dont les européens vivent la crise migratoire, à explorer les problèmes de représentation de la souffrance et à poser la question de la « propriété » des images de réfugiés et du droit de les représenter.
A World Not Ours regroupe artistes, photographes, cinéastes et militants qui pour beaucoup sont originaires du Moyen-Orient ou du Sud-Est de l’Europe, de régions directement confrontées au danger, à la guerre et à l’exode. Ils ont une expérience personnelle, voire intime, du traumatisme et de la souffrance collective. Utilisant des médiums aussi divers que l’installation, la photographie, la vidéo et l’art action, ils nous plongent au cœur de la condition des réfugiés et révèlent la complexité de l’origine du problème en le situant dans un contexte plus large.

Azra Akšamija (1976, Bosnie-Herzegovine)
Taysir Batniji (1966, Palestine)
Tanja Boukal (1976, Autriche)
Ninar Esber (1971, Liban)
Aslan Gaisumov (1991, Tchétchénie)
Mahdi Fleifel (1979, Emirats Arabes Unis)
Stine Marie Jacobsen (1977, Danemark)
Sven ’t Jolle (1966, Belgique)
Sallie Latch (1933, Etats-Unis)
Eleonore de Montesquiou (1970, Estonie/France)
Giorgos Moutafis (1977, Grèce)
Marina Naprushkina (1981, Biélorussie)
Juice Rap News (créé en 2009, Australie)
Somar Sallam (1988, Syrie/Algérie)
Mounira Al Solh (1978, Liban)
Diller Scofidio & Renfro, Mark Hansen, Laura Kurgan, et Ben Rubin en collaboration avec Robert Gerard Pietrusko et Stewart Smith, d’après une idée de Paul Virilio (international)
Commissaire d’exposition : Katerina Gregos, assistée de Sarita Patnaik.

L’exposition est co-produite par la Fondation Schwarz.  

Historienne de l’art, c’est en tant que curatrice que Katerina Gregos a été invitée à travailler sur l’exposition estivale. Commissaire responsable du Pavillon Belge et du Pavillon Danois à la Biennale de Venise en 2011 et 2015, elle a travaillé sur de nombreuses expositions telles que Uncertain States : Artistic Strategies in States of Emergency, Akademie der Kunst, Berlin en 2015-16 ; La Biennale de Thessalonique en 2015 ; No Country for Young Men: Contemporary Greek Art in Times of Crisis à BOZAR en 2014 à Bruxelles ; The Politics of Play en 2013 pour la Biennale de Göteborg, Manifesta 9 et Newtopia : The State of Human Rights en 2012, en Belgique. Particulièrement sensible à la question des droits de l’Homme, de la démocratie, de l’économie et de la politique, ses expositions sont engagées et visent à mettre en lumière des sujets de société.
www.katerinagregos.com

L’exposition bénéficie du généreux soutien de Prevel Signalisation de Rixheim et de la Savonnerie Argasol de Sainte-Marie-aux-Mînes.
La Kunsthalle remercie tout particulièrement les associations Accès 68, La Cimade, Appuis et la Ligue des droits de l’Homme pour leur précieuse contribution.

La Kunsthalle présente la première exposition solo de l’artiste norvégienne Ane Mette Hol dans un centre d’art français.

Ane Mette Hol est une artiste norvégienne née en 1979 à Bodø. Par le dessin, elle investit la relation de l’original à la reproduction. Aucun support papier n’échappe à son travail de précision et de patience : le papier kraft, la photocopie, le papier de soie, le carton nu ou imprimé… À la manière du copiste, elle reproduit la texture et la matérialité de chacun de ses sujets au point d’obtenir des fac-similés qui se confondent totalement avec les originaux.
Ane Mette Hol s’intéresse à des objets, souvent simples et issus du quotidien. Ils ont pour point commun une histoire de papier, d’impression ou de marquage. Elle observe et retient des objets ou décors a priori sans intérêts qu’elle révèle par la force et l’incroyable virtuosité de son dessin.

L’exposition est accompagnée d’une kyrielle de rendez-vous, conférences, performances, à l’instar de l’atelier L’Expérience du copiste, ouvert au public en non-stop, selon un protocole imaginé par l’artiste.

Ane Mette Hol vit et travaille à Oslo. Elle a fait ses études à l’Académie Nationale des Arts d’Oslo puis au Collège des Arts des métiers et du design de Stockholm, de 2001-2006. Son travail a été présenté maintes fois en Norvège et à l’étranger, et récemment à Städtische Galerie de Delmenhorst, à la galerie Franz-Josefs Kai de Vienne, à la Taxispalais d’Innsbruck. Ses œuvres ont rejoint la collection du Centre Georges Pompidou de Paris. Elle est actuellement en résidence au Wiels à Bruxelles.

L’exposition bénéficie du généreux soutien de l’ambassade de Norvège.

La Kunsthalle remercie les galeries OSL Contemporary à Olso et Kadel Willborn de Düsseldorf pour leur aide précieuse.

Crédit photo : Raphaël Bachir Osman, Holy stairs, 2016

La Kunsthalle accueille Exhibition, une exposition conçue par les étudiants en art de la Haute école des arts du Rhin de Mulhouse.

Le terme « Exhibition » désigne en anglais une exposition artistique, et en français tout autre chose. Ce titre exprime le choix premier de produire une exposition sans explication, qui fait le pari de s’affranchir de toute médiation et qui se montre elle-même, par elle-même.

Cette exposition se renouvellera chaque jour durant les six jours et les œuvres joueront la partie d’après la polysémie du titre, d’après l’évolution continue ou d’après le retrait de la médiation.
Les étudiants en Art de la HEAR, équipe « Le Plateau », réservent ainsi aux spectateurs une expérience directe, subjective et débordée.

Durant ces six jours, les visiteurs pourront découvrir une exposition en mutation constante, et dont certaines œuvres pourront migrer de jour en jour dans l’espace d’exposition, ou disparaître ou réapparaître, quand d’autres pourront évoluer, se développer ou s’effacer.

Ces propositions, photographies, peintures, dessins, installations, dispositifs, sculptures, films, mais également actions et performances, s’offriront directement à ceux venus les découvrir, comme des surprises sans explications techniques ou savantes, et sans aucune des informations qui guident habituellement les sens et l’esprit des spectateurs.

Ainsi, tous ces artistes en devenir ont conçu leurs pièces comme des rencontres qui réservent à chacun un certain plaisir : la liberté de reconnaître son propre goût et sa propre interprétation de ces formes qui s’exposent. À chacun de se découvrir.

Artistes : Shireen Ali, Fred Bello, Alexandre Bouphavichith Rattana, Guillaume Cochet, Caroline Colas, Julia Flandre, Dharana Gianetti Peris, Silviane de Goër, Alice Guérin, Emma Haëck, Jacques Hermann, Gaspard Hers, Gilda Laucher, Maeline Li, Juliette Liou, Adrien Marie-Hardy, Emmanuel Michaud, Raphaël-Bachir Osman, Shohyung Park, Maëlyn Pesquer, Laura Porzio, Nastassja Ramassamy, Mireille Reiners, Marion Stoll, Lydja-Uta Szatkowski, Amalia Taquet.

Coordination : Louidgi Beltrame, Edouard Boyer, Yvan Etienne, Ivan Fayard, Anne Immelé.

La ville a ses propres matières, ses traces, ses lumières et ses motifs. Elle est un paysage insolite, à la fois familier et surprenant, que de nombreux artistes explorent. Dans leurs œuvres, ils rêvent la ville, la parcourent ou s’emparent de ses absurdités, de ses promesses.
Ils la racontent en creux sans jamais s’en tenir à une description facile, la décrivent entre les lignes dans ses détails ou ses absences.

Dans un même projet, La Kunsthalle Mulhouse et la Kunsthaus Baselland ont choisi de partager ce thème de la ville. D’une part, il relie symboliquement les deux villes voisines et frontalières de Mulhouse et Bâle, d’autre part il permet de réunir un ensemble d’artistes qui placent la ville, ses inspirations et ses représentations, au cœur de leur travail. S’en suivent deux expositions qui se prolongent l’une l’autre et dans lesquelles seuls quelques artistes se croisent.

Parmi les artistes, l’auteure américaine Jennifer K. Dick établira un pont poétique entre Bâle et Mulhouse au buffet de la gare SBB (côté français), à découvrir sur le blog : 2016urbanbuffet.blogspot.com

Avec la participation de:

À La Kunsthalle : Claire Andrzejczak, Johanna Broziat, Marta Caradec, Jennifer K. Dick, Jan Kopp, Viola Korosi et Mathieu Husson, Max Leiß, Laura Mietrup, Dorothea Nold, Uta Pütz, Marion Schutz, Maria Tackmann, Emilie Vialet

À la Kunsthaus Baselland : Maximilian Arnold, Anna Maria Balint, Maya Bringolf, Johanna Broziat, Jennifer K. Dick, Philipp Gasser, Jörg Gelbke, Sabine Hertig, Esther Hiepler, Jan Kopp, André Lehmann, Max Leiß, Yulong Lin, Sali Muller, Julia Trouillot, Emilie Vialet, Christine Zufferey

Curatrices : Sandrine Wymann et Ines Goldbach

Une exposition organisée dans le cadre de Régionale, programme trinational annuel.

OOOL / Sound Fictions aborde la question du son en tant que générateur de fiction, de récit.
Luc Ferrari, Mathias Delplanque, Eddie Ladoire et Cédric Maridet ont en commun une écriture sonore basée sur l’enregistrement de terrain.

De cette collecte minutieuse de sons, retravaillés lors de montages, naissent des pièces aux spectres variés où la fiction ne se niche jamais très loin. Ces bribes de réalités, intrinsèques à chacune de leurs pièces et aptes à créer des images mentales, deviennent des formes de récits à construire par l’écoutant lui-même. Des récits qui oscillent entre la forme documentaire et/ou la pièce musicale. La frontière entre le réel et l’imaginaire est alors fragile, l’un constitue la matière de l’autre.

D’où proviennent les sons? S’agit-il de sons diffusés? De sons naturels? Ces œuvres en écho se déploient, interagissent et se fondent dans l’espace d’exposition comme une large partition sonore aux fragments multiples tels des ponctuations pour écrire un seul et même récit.

Commissariat: Anne-Laure Chamboissier et Sandrine Wymann

Crédits vidéo: photos – Sebastien Bozon / audio recording – Cedric Maridet / editing – Mathias Delplanque

La Kunsthalle pour son exposition d’été accueille les projets inédits de Julie Beaufils, Elvire Bonduelle et Chai Siris.

Réunies sur le plateau de La Kunsthalle, les œuvres de Julie Beaufils, Elvire Bonduelle et Chai Siris se déploient à travers trois propositions autonomes présentant peintures, vidéos et installations. Symptomatiques des univers singuliers de ces trois artistes, les travaux en présence semblent être reliés par une préoccupation commune : dans un monde hyperconnecté, caractérisé par un désir de veille permanent, quelles formes donner à l’abandon, la paresse, le relâchement ? Comment le songe et le sommeil peuvent-ils paradoxalement véhiculer un état de résistance à l’intérieur du paysage social, culturel ou même intime de chacun ? Conviant à une approche décalée du confort et de la contemplation chez Elvire Bonduelle, du rêve et de la mémoire chez Chai Siris ou à une certaine forme de déconnection et d’absence chez Julie Beaufils, c’est sous un intitulé commun – Le Meilleur des mondes – que cette exposition en trois temps invite le visiteur à faire « l’expérience d’un ailleurs »1.

1Jonathan Crary, 24/7 Le capitalisme à l’assaut du sommeil, Zones, Editions la Découvertes, 2014, Paris, pp. 138.

Inspirée à la fois de la culture télévisuelle : série, sitcom, clip vidéo mais aussi des formes issues des réseaux sociaux et autres messageries instantanées telles que « Skype », la peinture de Julie Beaufils ne se singularise pas tant par un parti pris épuré et une palette dépouillée que par une position volontairement contemplative dans le traitement de situations les plus actuelles. Souvent, dans ses œuvres, il est question de mémoire et de la représentation de ces images résiduelles qui habitent l’inconscient et ressurgissent soudainement à la surface de nos pensées. Entre dessin et peinture, ses figures féminines et masculines, isolées ou en groupes adoptent fréquemment des positions de repos.

Peintures et dessins, installations et mobiliers, mais aussi projets d’édition ou d’expositions collectives constituent le corpus de l’œuvre d’Elvire Bonduelle. Elle s’applique depuis plusieurs années à redéfinir l’espace de l’exposition comme un lieu a priori confortable et cosy pour mieux souligner la présence du visiteur. Formes molles et minimales composent son vocabulaire qui puise simultanément son inspiration dans l’histoire de l’art et dans l’observation minutieuse de son environnement au quotidien.

Figure émergente du cinéma expérimental en Thaïlande, collaborateur régulier de Apichatpong Weerasethakul, Chai Siris développe un travail, rassemblant films, vidéos et photographies, dédié à la reconstruction d’histoires personnelles et sociales autour de différentes communautés locales (ouvriers, migrants, villageois, familles) dont il recueille témoignages et aspirations. A partir de cette matière mi-documentaire, mi-fictionnelle, il déploie une œuvre contemplative, à la croisée du proche et du lointain, de l’intime et de l’histoire en cours de construction.

Mon premier est un camp, le lieu qui renvoie à une installation ponctuelle, mais très organisée, dans des zones naturelles parfois dédiées, d’autres fois improvisées. Le camp est généralement la base, le lieu où l’on se retrouve, le point de départ d’une aventure ou d’une excursion.

Mon second est un catalogue, conçu comme un inventaire de ce que l’on peut découvrir, sur le camp ou aux alentours. Le catalogue est une énumération poétique mais néanmoins précise de certaines géographies, de genres animaliers ou de variétés comportementales.

Mon tout est Camp Catalogue, une exposition de Jérémie Gindre qui se présente comme le décor d’innombrables histoires écrites ou à écrire. Après s’être établi à La Criée de Rennes pour une première étape estivale, et avant de partir au Kiosk à Gand, le camp se déploie en hiver à Mulhouse et trouve dans cette nouvelle saison ses propres variations.

Jérémie Gindre (*1978) est un artiste et écrivain suisse, vivant à Genève.
Il a publié à ce jour une douzaine d’ouvrages de formes variées — roman, nouvelles, essai, journal, bande-dessinée, roman-photos — et réalisé de nombreuses expositions réunissant dessins, sculptures et textes. Ses œuvres, fortement marquées par son intérêt pour la géographie et l’histoire, s’appuient en particulier sur des questions de géologie, d’archéologie, d’art conceptuel, de neurosciences, d’apiculture ou de tourisme.
Ses œuvres ont été présentées notamment au Kunsthaus Baselland, au Kunstmuseum Thun, au Museo de Arte Moderno de Buenos Aires, à la Kunsthalle Fri-Art de Fribourg ainsi qu’au Centre d’art contemporain La Criée de Rennes. Il est représenté par la galerie Chert de Berlin.
Ses publications ont été éditées chez Fink, Boabooks, Rollo Press et Motto. Son dernier recueil de nouvelles «On a eu du mal» est paru en 2013 aux Éditions de l’Olivier.

L’exposition bénéficie du soutien de    PH_logo_byline_FR_black

Avec la participation de Hösl & Mihaljevic (De), Jeannice Keller (Ch), Maja Rieder (Ch) et Silvi Simon (Fr)

Ceci est une exposition qui n’a ni titre ni thème. Une exposition qui est les œuvres et rien que les œuvres de cinq artistes. Ni plus, ni moins. Inutile de chercher un fil conducteur, un sens caché, rien de tel n’a guidé le choix de ces artistes. Ils sont là pour la seule et la meilleure des raisons que nous avons eu envie de mieux les rencontrer, de montrer leur travail et de partager, le temps d’une Régionale.

Le travail d’Hösl & Mihaljevic est traversé par l’image en mouvement et l’architecture. Héritiers d’un regard constructiviste, ils n’hésitent pas à l’enrichir d’une belle part d’humanité. Leurs interventions sont souvent liées à des espaces rencontrés ou occupés qu’ils déplacent dans les lieux d’exposition.

Les sculptures de Jeannice Keller se déploient dans des espaces qu’elles occupent sur le mode du dialogue. À partir de tissus et de tasseaux, elle construit des installations de lignes strictes et de plans souples qui défient et soulignent les architectures investies, leurs qualités mais aussi leurs failles.

Maja Rieder travaille sur papier. Que ce soit avec du graphite ou de la peinture, sur des surfaces petites, morcelées, multiples, pliées ou grandes, posées au mur ou au sol, elle compose avec et sur le papier et toutes ses œuvres répondent plastiquement à la générosité et à la richesse de ce support.

La lumière est la matière de Silvi Simon, elle est aussi son outil. Que ce soit dans des installations ou dans des photos, qu’elle appelle chimigrammes, c’est en jouant, déjouant, façonnant voire capturant la lumière qu’elle modèle des espaces et crée des images à fort pouvoir d’attraction.

Une exposition organisée dans le cadre de Régionale, un programme trinational annuel.

Mer Méditerranée, une exposition de Rabih Mroué
17 septembre – 15 novembre 2015
&
Un programme de rencontres coordonné par Lina Majdalanie
23 – 25 octobre 2015

MER MÉDITERRANÉE est une exposition de Rabih Mroué. Elle rassemble à La Kunsthalle Mulhouse un ensemble d’œuvres de cet artiste majeur de la scène libanaise. Plasticien, performeur, metteur en scène et aussi acteur interprète, Rabih Mroué est un artiste pour qui le rapport au monde passe par la création, sans limite de genre. Son œuvre est un point de vue unique sur les enjeux contemporains du Proche-Orient, par extension du monde, qu’il rapporte avec émotion et sincérité.
Rabih Mroué place son regard là où la vie et les événements le mènent, jamais loin de sa terre natale, jamais loin de son entourage. Que ce soit comme acteur d’une histoire familiale riche d’épisodes drôles et douloureux ou comme témoin d’une situation géopolitique complexe et meurtrie, il propose des œuvres dans lesquelles il engage sa personne aussi bien physique que morale. En reprenant les images, les mots liés au proche orient et abondamment diffusés par les médias, en les saisissant et les réinjectant dans ses films ou ses photographies, il s’emploie à décaler le regard du spectateur qu’il implique volontiers à ses côtés. Ses œuvres rappellent l’importance de se sentir concerné par la réalité de l’actualité même si, au quotidien, les faits énoncés par les uns ou écoutés par les autres se bousculent et tombent souvent dans le piège de la banalité et de l’oubli. Avec Rabih Mroué, ces mêmes faits reprennent vie et corps dans un travail qui inscrit côte à côte l’information et le devoir de responsabilité. L’histoire contemporaine nous regarde autant qu’elle le regarde.

Du 23 au 25 octobre Lina Majdalanie propose, en parallèle à l’exposition, un programme de rencontres, performances et projections pour mieux comprendre les enjeux et la place du Liban dans le monde contemporain. Le programme précis est disponible dans la rubrique agenda du site..

Projets pour une Possible Littérature est la première exposition monographique de Jorge Méndez Blake dans un centre d’art français. Artiste mexicain, né en 1974, il vit à Guadalajara et appartient à une génération d’artistes sud-américains aujourd’hui extrêmement présente sur la scène internationale.

Par le dessin, l’installation ou des interventions environnementales, Jorge Méndez Blake rapproche la littérature de l’art. Dans son travail, les textes font sens et ce sens, il le traduit en formes ou en images. Il l’amplifie dans un langage conceptuel savamment construit et s’implique dans des jeux de réécritures. Aussi bien dans ses installations monumentales que dans ses gestes les plus simples, il installe dans ses œuvres un rapport physique entre les écrits choisis et le lecteur devenu spectateur.

Son travail crée de nouvelles connexions entre littérature et architecture. Ses œuvres élargissent les lectures possibles entre auteurs, textes et architecture en les plaçant dans de nouveaux contextes.

Jorge Méndez Blake a envisagé l’exposition à La Kunsthalle, comme l’occasion de revenir sur certaines pièces déjà existantes, mais aussi d’en produire de nouvelles. Il organise une présentation qui, de manière presque encyclopédique, décline et rassemble les bâtiments, les livres, les maquettes et d’autres constructions ; soit un assemblage très complet des éléments formels constitutifs de son œuvre. Le résultat est un ensemble de petites propositions toutes porteuses d’un projet pour une possible littérature.

Edition:
Dans Other Literature, Jorge Méndez Blake poursuit sa recherche autour des librairies comme temple des savoirs et monuments architecturaux. Des œuvres nouvelles ou reproduites sont accompagnées de textes de critiques, auteurs et architectes.

Ignasi Aballí, Alex Baladi, Cathy Berberian, Pierre Bismuth, Julia Bodamer, Gérard Collin-Thiébaut, Nicolás Lamas, Ilan Manouach, Antoni Muntadas, Till Roeskens, Sébastien Roux, Thu Van Tran, Martina-Sofie Wildberger

→ « De l’impossible au possible : l’expérience des langues chez Louis Wolfson. »,  conférence de Frédéric Martin, éditeur/Le Tripode;
→ « Traduire la couleur : voir et penser autrement … », conférence d’Annie Mollard-Desfour, linguiste-lexicographe;
→ Des œuvres d’art premier.

La traduction est partout, sous toutes les formes, elle n’est ni une science, ni un instinct, elle communique la pensée, elle fait voyager. Presque la même chose est une tentative de comprendre l’autre.
Cette exposition se fie aux expériences et s’inscrit pleinement dans l’organisation d’un questionnement que soumet Umberto Eco dans « Dire presque la même chose » un essai sur ses expériences de traduction. Selon lui, traduire ne permet pas de dire la même chose, mais au mieux, presque la même chose. Et il poursuit en soulignant que c’est dans le presque que réside toute la complexité de la tâche. Ce presque, central mais indéfini, s’impose comme un adverbe élastique et extensible à utiliser sous « l’enseigne de la négociation ». Et c’est là le cœur de toute tentative de traduction. Quelle amplitude accorde-t-on au presque ? Traduire peut s’appliquer à toute forme de langage, écrit, plastique, sonore et chacune détient un périmètre de négociation qui lui est propre.
Umberto Eco illustre, par une série d’exemples et d’histoires vécus, les problèmes que pose la traduction. Presque la même chose reprend la trame de son écrit, chapitre après chapitre, et les artistes et les œuvres tantôt apportent une réponse, tantôt rebondissent sur les interrogations soulevées par l’auteur. Le principe n’est pas de réunir un corpus d’œuvres relatives au sujet mais plutôt de poursuivre la réflexion en nous appuyant sur des recherches – formelles ou textuelles – susceptibles de nous aider à comprendre combien il est difficile de dire presque la même chose.

Exposition hors les murs

La Kunsthalle et le Service Universitaire de l’Action Culturelle de l’Université de Haute-Alsace ont choisi de s’associer et d’accueillir pendant toute une année universitaire, nouvelle direction / Neue Führung, une œuvre d’Emanuel STRÄSSLE.

Convaincu que l’art, et la sculpture en particulier, crée un espace et peut en déterminer la nature dynamique, Emanuel Strässle met en scène ses œuvres dans les environnements architecturaux.
Avec son installation « nouvelle direction / Neue Führung » dans le hall d’entrée du campus de la Fonderie à Mulhouse, Emanuel Strässle réfléchit intensément à la question de l’utilisation multiple de cet espace.
En disposant des panneaux directionnels de manière spécifique dans l’espace, il questionne la structure spatiale du bâtiment par une confrontation tant avec son architecture industrielle qu’avec sa vocation actuelle, artistique et universitaire. L’installation de  barrières de circulation  permet d’expérimenter, temporairement, de nouveaux chemins et espaces.

Maximilian ARNOLD, Madeleine BADER, Annette BARCELO, Laurent BECHTEL, Camille BRES, Marc BREU, Anne CARNEIN, Angela CERULLO & Giorgio BLOCH, Raphaël CHARPENTIÉ & Markus KIEFER, Vincent CHEVILLON, Matthias FREY, GARISTE GATENÉ, Claire HANNICQ, Géraldine HONAUER, Olga JAKOB, Babette KLEIJN, Inès P KUBLER, Simon LEDERGERBER, Max LEIß, Valentin MICHAUT, Carolina PÈREZ-PALLARES, Sabine RAUN, Kristina SHISHKOVA et Arthur VINCK.

Parce qu’il borde nos frontières, dessine nos paysages et peuple nos imaginaires, le fleuve est un élément que nos trois pays voisins partagent avec fierté. L’exposition se donne le temps de voir ses eaux couler, elle est aussi attentive à ce qu’il sait raconter. Murmures et images s’en échappent. Bois charriés, matières érodées, reliquats et présences étranges se partagent son lit. On ne soupçonne pas toujours ce qui se cache derrière l’image d’un fleuve apparemment tranquille et millénaire. Ce qui est donné à voir, ce qui est donné à entendre, et même à sentir, c’est une chose changeante et immuable à la fois, on entend sourdre une rumeur, on voit poindre un éclat, on sent le futur qui s’y annonce et le passé qui s’y reflète. L’exposition de la Régionale 15 est consacrée au fleuve et à ses légendes, 27 artistes y participent avec des œuvres faites d’eau, de bois et de pierre pour nous raconter d’amont en aval, des histoires d’hommes, de biens, d’ arts, de langues, de fraternités ou de pertes et de fracas.

Hors les murs à La Filature, Scène nationale :
La Kunsthalle et La Filature proposent LINEA, une sélection de vidéos sur le thème de la ligne et du déplacement.
Flurina BADEL, Karen MULLER, Balint LIPTAY, Daniel KÜNZLER & Roman MENGE, Aline VEILLAT et Elodie PONG.

Martine Feipel & Jean Bechameil, Omar Ba, Hassan Darsi, Vincent Ganivet, Bouchra Khalili, Radenko Milak.

De l’énoncé d’un projet à son éventuel avènement, la route est longue et les détournements, les accidents souvent de mise. Il s’en est fallu de peu conte des histoires ratées ou détournées.

Ce n’est pas une exposition qui se projette mais qui suggère, selon la formule de Georges Didi-Huberman, de prendre l’histoire à rebrousse-poil pour révéler la peau sous-jacente, la chair cachée des choses. À la manière d’un archéologue, il importe de remonter le temps et de trouver l’origine des événements. Il faut se retourner, comprendre ce qui a prévalu à ce que nous sommes en mesure d’observer et de juger. Une grande idée, un ordre naturel, la volonté de trouver mieux ou de maitriser une situation. De l’anecdote à l’Histoire, les fausses routes sont nombreuses mais ne peuvent être comprises sans que l’on se penche sur la mémoire des choses.
L’échec et la vanité se lisent entre les images des œuvres présentées. Mais si l’histoire entière est faite à la fois de prophéties et de tragédies, il est cependant permis de croire que le temps suit normalement son cours et qu’inévitablement le recommencement est la plus belle issue possible.
Il s’en est fallu de peu rassemble des sculptures, des peintures et des vidéos de sept artistes qui travaillent sur le fil de l’Histoire.

The journey from the announcement of a project to its completion is long, and twists, diversions and accidents are frequent. So close and yet so far narrates stories that failed or were diverted from their original plans. So close and yet so far is not an exhibition which plans to launch into the future, but rather, to quote George Didi-Huberman to “go through history the wrong way, to reveal the underlying skin, the hidden flesh of things”. Like an archaeologist, we must go back in time and find the origins of events. We must turn around and see what prevails over the things we can observe and judge. A grand idea, a natural order, the desire to find something better or control a situation. From anecdotes to History, we often take the wrong track, but this can only be understood if we look into the greater memory of things. The artworks presented contain suggestions of failure and vanity. But if all of history is made up of both prophesies and tragedies, it seems that time usually follows its course, and inevitably starting anew is the most beautiful outcome possible. So close and yet so far brings together sculptures, paintings and videos by seven artists working on the course of History.

 

Une proposition de Martha Kirszenbaum, commissaire d’exposition associée à la saison 2014.

Anna Ostoya, née en 1978 à Cracovie en Pologne, est une artiste conceptuelle qui pratique le collage, le photomontage, la peinture, la sculpture et l’écriture. Pour Transpositions, son exposition personnelle à La Kunsthalle,  elle a conçu une nouvelle série de dix collages utilisant des matériaux tels que la peinture, la photographie, le verre, le miroir, le métal et le bois. Anna Ostoya a régulé la fabrication de ses pièces en s’imposant des échéances et des horaires de travail selon un plan de production. Elle questionne le rôle et la position de l’artiste souvent stéréotypé comme libre penseur dans la société, en testant les possibilités d’une production artistique réglée sur le rythme de travail de l’ouvrier. Elle rend ainsi hommage à l’histoire sociale française de la classe ouvrière des 19ème et 20ème siècles et aux mouvements qui reflétèrent ses luttes pour des conditions de travail décentes. Ainsi Anna Ostoya se réfère à l’histoire du bâtiment de La Kunsthalle, ancienne fonderie en fonction du début des années 1920 jusqu’aux années 1980.

 

VOLTA10listeART BASEL

Bruno Schulz, Tadeusz Kantor, Erna Rosenstein, Alina Szapocznikow, Agnieszka Polska, Jacub Julian Ziolowski et Tomasz Kowalski.
Commissariat/ curator : Martha Kirszenbaum.

[English and German below]

L’exposition The Night of the Great Season s’articule autour du surréalisme polonais, retraçant les influences historiques en art, théâtre et littérature de ce mouvement plutôt méconnu. Elle s’attache également à décrypter une tendance observée dès les années 2000 chez une jeune génération d’artistes polonais, à la fois influencés par les techniques des surréalistes du début du XXe siècle, telles que la représentation des rêves ou l’écriture automatique, et se plaçant en opposition avec les générations artistiques polonaises précédentes, celles de l’art critique et du réalisme des années 1990. Les artistes présentés dans l’exposition sont à l’origine d’œuvres conçues en creux de la réalité, souvent basées sur le hasard et le subconscient, où dominent le fantastique, la magie et l’imaginaire, d’une manière souvent sombre et parfois dérangeante.

Avec les œuvres de Bruno Schulz, Tadeusz Kantor, Erna Rosenstein, Alina Szapocznikow, Agnieszka Polska, Jakub Julian Ziółkowski et Tomasz Kowalski.

Martha Kirszenbaum (1983) est une commissaire d’exposition indépendante. Elle vit entre Paris et Los Angeles. Après avoir travaillé au MoMA, Centre Pompidou et New Museum à New York, elle a collaboré au Centre d’Art Contemporain de Varsovie, et a été commissaire invitée du Belvédère Museum / 21er Haus de Vienne où elle a organisé deux interventions sur la collection. Elle est depuis janvier 2014, directrice et curatrice de Fahrenheit, un nouveau centre d’art et programme de résidences à Los Angeles.
Martha Kirszenbaum est commissaire d’exposition associée à la saison 2014.

L’exposition The Night of the Great Season a bénéficié du soutien de l’Institut polonais de Paris.


[Eng]

The exhibition The Night of the Great Season focuses on Polish neo-surrealism, tracing the historical influence of art, theater and literature in this little known artistic movement. The show aims to question a tendency observed in the early 2000s among a generation of young Polish artists influenced by Surrealist techniques from the early 20th century, such as automatic writing and the representation of dreams, while simultaneously placing themselves in opposition to previous generations of Polish artists, such as those of critical art and realism from the 1990s.
The artists presented in this exhibition create works that exist outside of reality, often based on chance and the subconscious, where fantasy, magic and imagination prevail in dark, unsettling, and often disturbing ways.

With the works of Bruno Schulz, Tadeusz Kantor, Erna Rosenstein, Alina Szapocznikow, Agnieszka Polska, Jakub Julian Ziółkowski and Tomasz Kowalski.

Martha Kirszenbaum (b.1983) is a curator based in Los Angeles and Paris. She worked at the Department of Media and Performance Art at MoMA, and at the New Museum, New York. Independently, Kirszenbaum was a curator-in-residence at the Center for Contemporary Art in Warsaw, guest curator at the Belvedere Museum/21er Haus in Vienna where she organized two interventions on the collection. Since January 2014, she is the director and curator of Fahrenheit, a new exhibition space and residency program in Los Angeles.
Martha Kirszenbaum is guest curator at La Kunsthalle in 2014.

The exhibition The Night of the Great Season is supported by the Polish Institute in Paris.


[De]

Die Ausstellung The Night of the Great Season artikuliert sich um den polnischen Surrealismus. Sie schildert die historischen Einflüsse dieser eher unbekannten Bewegung in Kunst, Theater und Literatur. Sie befasst sich ebenfalls damit, eine Tendenz zu entschlüsseln, welche bereits um 2000 bei einer jungen Generation polnischer Künstler zu beobachten war. Diese war durch die Techniken der Surrealisten des Anfangs des 20. Jahrhunderts beeinflusst – wie die Darstellung der Träume oder die automatische Schrift – und zugleich stellte sie sich den vorigen Generationen polnischer Künstler gegenüber, denjenigen der kritischen Kunst und des Realismus der 1990-iger Jahre. Die in der Ausstellung präsentierten Künstler haben Werke geschaffen, die weitab von der Realität konzipiert wurden, oft auf dem Zufall und dem Unterbewusstsein basierend, wo das Fantastische, die Magie und das Imaginäre die Oberhand haben, auf eine oft dunkle und manchmal störende Weise.

Mit den Werken von Bruno Schulz, Tadeusz Kantor, Erna Rosenstein, Alina Szapocznikow, Agnieszka Polska, Jakub Julian Ziółkowski und Tomasz Kowalski.

Martha Kirszenbaum (1983) ist eine unabhängige Ausstellungskuratorin. Sie lebt zwischen Paris und Los Angeles. Nachdem sie im MoMA, Centre Pompidou und New Museum in New York arbeitete, wirkte sie im Zentrum für zeitgenössische Kunst in Warschau mit und wurde eingeladene Kuratorin im Belvedere Museum / 21er Haus in Wien, wo sie zwei Interventionen über die Sammlung organisierte. Sie ist seit 2014 Direktorin und Kuratorin von Fahrenheit, einem neuen Zentrum für Kunst und Residenzprogramm in Los Angeles.
Martha Kirszenbaum ist assoziierte Ausstellungskuratorin für das Jahr 2014 in La Kunsthalle.

Ce n’est pas parce que ça a été déjà fait que ce n’est plus à faire ! L’histoire est faite de préoccupations, de sujets récurrents qui n’échappent ni à l’art ni à nos contemporains. C’est ainsi que l’on retrouve des œuvres qui prolongent des questionnements atemporels, qui revisitent des réflexions indémodables. Le tableau est-il forcément une image fixe ? Le marbre fait-il la sculpture ? Collectionner est-ce un art de vivre ou un acte compulsif ? L’exposition Fait et À faire présente de nouvelles pistes de recherche.

Exposition collective
Julien Amillard et Swann Mahieu, Guillaume Barth, Alexander Bledowski, Françoise Caraco, Martin Chramosta, Clément Cogitore, Alessia Maria Carmela Conidi, Saskia Edens, Livia Johann, Clare Kenny, Sandra Kunz, Simon Pfeffel, Angelika Schori, Raphaël Stucky, Nicole A. Wietlisbach

Exposition hors les murs

La Kunsthalle et le Service Universitaire de l’Action Culturelle de l’Université de Haute-Alsace ont choisi de s’associer et d’accueillir pendant toute une année universitaire, une œuvre issue de la collection 49 NORD 6 EST – Frac Lorraine,

Prototype improvisé de type «nuage », 2009 de Yona Friedman
Il s’agit d’une structure conçue pour être réalisable à l’aide de matériaux simples, par n’importe qui, professionnel ou non. Cette structure est toujours improvisée, car elle ne peut être dessinée ou planifiée ; il est seulement possible d’expliquer son mode de réalisation. Elle transforme l’espace vécu, en brisant toutes les géométries, coupoles, façades, tours. Mais briser la géométrie ne veut pas dire désordre, et réfère plutôt à une géométrie « autre ».
Yona Friedman

Sous nos yeux est un projet en plusieurs parties, composé d’expositions, de résidences d’artistes et de rencontres. À Mulhouse, Abdellah Karroum, commissaire associé à La Kunsthalle en 2013, propose deux expositions, une émission de radio et de nombreuses nouvelles œuvres.

Le projet explore le vocabulaire d’un groupe d’artistes qu’Abdellah Karroum a baptisé, pour la première fois au Maroc, la « Génération 00 », et qui partagent une même approche artistique en ce début de XXIème siècle. La génération « 00 » renvoie à l’idée de rupture avec une histoire de l’art linéaire et favorise le dialogue entre l’Art et l’Histoire en replaçant chaque production dans son contexte d’une part, et chaque artiste en tant que citoyen qui s’interroge sur des questions fondamentales telles que le mouvement, la résistance ou la liberté dans le monde, d’autre part. Issu d’un environnement culturel et social bien précis, le concept de Génération 00 a très vite été repris dans des projets de conférences sur plusieurs continents. Les problèmes soulevés par l’idée de « Génération 00 » dépassent le cadre de l’art et ne se limitent pas à une seule région du monde.
A La Kunsthalle, Sous nos yeux investit pour la seconde fois le même lieu d’exposition, faisant suite au premier volet présenté en début d’année 2013. Le troisième opus sera présenté début 2014 au MACBA, Musée d’Art Contemporain de Barcelone. La majorité des œuvres de ce projet sont nouvellement produites et commandées par La Kunsthalle et le MACBA.
Sous nos yeux est imaginé comme un chantier exploratoire des formes d’exposition dont l’objet est de relier la production de chaque œuvre à une proposition artistique comme une réponse qui positionne l’artiste dans le monde. Le quotidien et l’immédiat interagissent avec l’histoire et le lointain. Le travail est déplacé de son lieu de production comme un geste vers son site d’exposition, comme une image ou la répétition de ce geste.
Sous nos yeux (partie 2) poursuit l’exploration du contexte d’émergence de l’œuvre et des conditions de son exposition. Par opposition à la première partie dans laquelle les œuvres définissaient un espace ouvert, dans ce deuxième volet, l’espace est construit, morcelé, et s’apparente à des pages successives et alignées. Dans une « mise en page » originale, associant l’idée d’un livre ouvert à celle d’un labyrinthe architectural, le spectateur a le choix de lire ou naviguer au gré des multiples « entrées » dans l’œuvre.

Avec les œuvres de Mustapha Akrim, Gabriella Ciancimino, Shezad Dawood, Ninar Esber, Patricia Esquivias, Pedro Gómez-Egaña, Camille Henrot, Mohamed Larbi Rahali, Younès Rahmoun et Oriol Vilanova.

Abdellah Karroum est chercheur et directeur artistique basé entre Paris, Rabat et Doha. Son travail concerne les questions de création d’espaces et le vocabulaire de l’art. En 2002, il fonde L’appartement 22, lieu de rencontre et d’exposition dont les premières expositions JF_JH interrogent la société. Ce lieu devient progressivement coopératif dès 2004, associant des commissaires internationaux en « Délégation Artistique » (Curatorial Delegation). En 2007, L’appartement 22 étend ses activités vers la R22-radio. Abdellah Karroum a été commissaire associé aux biennales de Dakar en 2006, Gwangju en 2008. En 2009, il a organisé une proposition pour l’articulation d’œuvres et de lieux pour la 3e Biennale de Marrakech. Il est Directeur artistique du Prix International d’Art Contemporain de la Fondation Prince Pierre de Monaco depuis 2012, et commissaire associé pour La Triennale au Palais de Tokyo de Paris et directeur artistique du projet « Inventer le monde-l’artiste citoyen », de la Biennale du Bénin 2012. Il est, depuis juin 2013, Directeur du Mathaf : Arab Museum of Modern Art, Doha (Qatar).

Sous nos yeux (partie 1)

Daniel Gustav Cramer investit La Kunsthalle Mulhouse avec Ten Works (Dix œuvres) et signe ainsi sa première exposition monographique française. Cette proposition appartient à une série dont chaque titre fait référence au nombre d’œuvres exposées. Entre photographies, textes, livres, travaux sur papier et sculptures, presque tous inédits, cette exposition emmène le spectateur dans un univers poétique et un espace-temps redéfini par l’artiste.
Daniel Gustav Cramer part souvent d’un récit ou d’une image qu’il fait évoluer imperceptiblement. Il a recours à la série, à la fragmentation, à l’ellipse. D’une séquence à l’autre, il créé des interstices temporels, des entre-deux propices à installer un espace imaginaire. Il invite le spectateur à s’infiltrer dans ces étroites ouvertures et à prendre ses propres chemins de traverse. Les œuvres de Daniel Gustav Cramer ne sont pas directives, elles se noient dans des décors brumeux et renvoient à des petits moments atemporels, affranchis de tout commencement et de toute fin.
A Mulhouse, Daniel Gustav Cramer poursuit sa recherche du sensible à travers ses principes de récits écrits ou imagés. Dans ses histoires, l’être humain s’estompe de plus en plus, voire disparaît, pour laisser place à un décor empreint d’une présence effacée. L’exposition se présente à la manière d’un rêve peuplé de petits riens, de ces instants ou sentiments oubliés et qui retrouvent entre deux images la force d’un souvenir. Nul besoin de comprendre, l’essentiel est de se laisser aller à ses pensées.

Daniel Gustav Cramer est né en 1975, il vit et travaille à Berlin. En 2012, il a entre autre exposé au Kunsthaus de Glarus (Suisse), au Badischer Kunstverein de Karlsruhe (Allemagne), à la Kunsthalle de Lisbonne (Portugal). Il a participé cette même année à la dOCUMENTA 13 à Kassel (Allemagne). Depuis 2007, il développe en partenariat avec Haris Epaminonda le projet The Infinite Library, sous la forme de livres et d’une archive en ligne.

Une proposition de Sandrine Wymann.

Sous nos yeux est un projet en plusieurs parties, fait de rencontres, d’expositions et de publications. La proposition curatoriale d’Abdellah Karroum explore des démarches artistiques comme autant d’écritures et d’inventions de matériaux. La petite histoire inscrit chaque œuvre entre un lieu spécifique d’investigation et un espace commun d’intervention. Cette correspondance se révèle, dans le projet Sous nos yeux (partie1), tel un fil rouge, et prend la forme d’un rapprochement entre les montagnes du Rif, comme exemple géographique et La Kunsthalle, son histoire, ses activités et sa fréquentation.
Que le lieu d’investigation retenu par l’artiste soit réel ou virtuel, il nous amène à lire et penser les idées des œuvres dans la grande histoire. C’est avec cette perspective, certes expérimentale, que le projet Sous nos yeux associe les artistes, les chercheurs et les professionnels de l’art et d’autres sciences humaines, inscrivant la notion d’œuvre aux côtés des autres productions de la civilisation.
Sous nos yeux (partie1) se déploie entre divers lieux physiques, investis par les productions artistiques, dont La Kunsthalle est le quartier général.

Avec la participation d’Adel Abdessemed, Gabriella Ciancimino, Badr El Hammani, Pedro Gòmez-Egana, Younès Rahmoun et LMDP.

La R22 radio est associée au projet comme un espace de dialogue, encadré par l’écrivaine et artiste Georgia Kotretsos, en collaboration avec la radio universitaire de Mulhouse (Radio Campus).

Abdellah Karroum est chercheur et directeur artistique basé entre Cotonou, Paris et Rabat. Son travail concerne les questions de création d’espaces et le vocabulaire de l’art. En 2002, il fonde L’appartement 22, lieu de rencontre et d’exposition dont les premières expositions JF_JH interrogent la société. Ce lieu devient progressivement coopératif dès 2004, associant des commissaires internationaux en « Délégation Artistique » (Curatorial Delegation). En 2007, L’appartement 22 étend ses activités vers la R22-radio. Abdellah Karroum a été commissaire associé aux biennales de Dakar en 2006, Gwangju en 2008. En 2009, il a organisé une proposition pour l’articulation d’œuvres et de lieux pour la 3e Biennale de Marrakech. Il a été en 2012, directeur artistique du Prix International d’Art Contemporain de la Fondation Prince Pierre de Monaco, commissaire associé pour La Triennale au Palais de Tokyo de Paris et directeur artistique du projet « Inventer le monde-l’artiste citoyen », de la Biennale du Bénin. Commissaire invité à La Kunsthalle Mulhouse, Abdellah Karroum travaille sur le projet Sous nos yeux qui continue aussi au MACBA, Musée d’Art Contemporain de Barcelone.

Sous nos yeux (partie 2)

REGIONALE 13

Une ligne grise. A peine perceptible, vaguement tracée sur un coin de feuille blanche. Elle s’élance timidement, acquiert de l’assurance et s’affirme dans un ton assombri. La voie est libre, la ligne chemine, elle trouve les directions à suivre, les espaces à préserver. Elle connaît intimement les règles de l’équilibre et s’enfuit quand une respiration s’impose. Elle s’épaissit, saisit de la noirceur, s’applique à occuper quelques centimètres carrés. Son rythme s’accélère. Elle va et vient, tourne et s’enroule autour d’un centre qu’elle évite pour ne pas sombrer. Son corps s’étire et s’emmêle, elle ne sait plus trop par où s’échapper. Elle se répand et se perd, elle n’est presque plus ligne, elle est surface et noire. Une tache noire.
La Kunsthalle présente une exposition de dessins.

Artistes : Le bureau du dessin, Pierre Clément, Monika Dillier, Judith Dobler, Cedric Eisenring, Lena Eriksson, Mireille Gros, Noémie Kukielczynski, Elisa Martin, Marianne Mispelaëre, Laetitia Oser, Clément Richem, Emanuel Rossetti, Claudia de la Torre, Tomi Ungerer, Günter Walter, Ulrike Weiss, Anja Wicki et Shabnam Zeraati.

Une proposition de Sandrine Wymann et Sophie Yerly.

Exposition hors les murs
Régionale 13

A travers une sélection de 18 films courts, 16 artistes donnent un aperçu de la scène vidéo allemande, française et suisse. Singulières, leurs propositions tendent vers des champs artistiques très larges : du plan fixe au travelling, du rythme saccadé au mouvement lent, de la narration au zoom sur la matière, de la bande son au film muet, elles nous emmènent de la construction à la destruction, de l’apparition à l’effacement, du passé au présent..

Commissaires : Emilie George et Emmanuelle Walter
Artistes : Stefan Baltensperger, Caroline Barc, Judith Marlen Dobler, Ahmet Dogan, Christine Hagin Witz, Matthias Heipel, Sophie Jung, Laurent Odelain, Clément Richem, Selene States, Silvia Studerus, Marie Val, Zemir Velatovac, Johanna Wagner, Myriam Werner, Skander Zouaoui.

Exposition hors les murs

Les Fonds Régionaux d’Art Contemporain (FRAC) fêtent leurs 30 ans.
30 ans de collection, 30 ans d’exposition, 30 ans de présence dans les régions.
À cette occasion, La Kunsthalle et le Service Universitaire de l’Action Culturelle de l’Université de Haute-Alsace ont choisi de s’associer et d’accueillir pendant toute une année universitaire trois
œuvres de la collection du FRAC Alsace.

L’exposition Ça vous regarde regroupe les œuvres de Bernard Calet, Constructions mobiles, de
Gérard Collin-Thiébaut, Distributeur automatique de Carnets d’images et d’Alain Séchas, Le chat
bowling.

Tchernobyl on tour d’Elena Costelian et … et s’en aller de Chourouk Hriech sont deux expositions individuelles qui s’interrogent mutuellement, bien au-delà de leur coprésence. Ce sont des expositions qui rencontrent l’histoire, la petite et la grande, qui la lient à la création contemporaine et en font leur raison, leur complice.
Les deux artistes ont quelques points communs : deux femmes passionnées, volontaires et déterminées, d’une même génération de racines étrangères. Les deux expositions partagent également quelques thèmes : l’histoire, la mise en scène, la sincérité.
Mais c’est avant tout d’une intuition qu’est né le désir de les rapprocher.
Elena Costelian travaille sur l’histoire récente, celle dont on ne sait pas encore totalement quoi penser et qui est empreinte d’enjeux qui dépassent l’échelle individuelle. Ses installations construites sur un mode réaliste, affichent une forte théâtralité et créent le choc. On ne traverse pas innocemment une œuvre de l’artiste, elle déstabilise, perturbe nos repères, provoque la gêne et le malaise, celui d’être spectateur d’un monde qui ne tourne pas rond.
Chourouk Hriech voyage sur un territoire qui se déploie de l’œil à la main. La distance entre les deux, l’artiste la parcourt en suivant une ligne complexe qui s’enrichit à la fois de ses observations, de ses souvenirs et de ses émotions. Ses dessins, comme des rhizomes, se déploient sur les murs et emmènent le spectateur dans un monde composé de mille et une réalités, toutes propres à la balade et à l’évasion.
Les deux expressions d’Elena Costelian et de Chourouk Hriech, si éloignées soient-elles, fonctionnent ensemble comme des révélateurs qui nous ramènent à la complexité de la nature humaine et de ses humeurs. Du chaos à l’échappée, Tchernobyl on tour et … et s’en aller, sont deux lectures du monde sincères et attentives.

Entre installation, performance théâtralisée et scénographie, Elena Costelian s’attache aux lieux chargés d’histoire comme support de réflexion à son travail. L’idée de retour sur ces lieux n’est pas sans lien avec l’expérience de l’exil. Particulièrement sensible au rapport entre mémoire collective et individuelle, elle se penche non seulement sur des lieux disparus ou mis en parenthèse mais aussi sur des lieux en devenir.
En 2009, elle monte Transit, sa première œuvre d’envergure présentée au festival Première au Théâtre Le Maillon de Strasbourg. La pièce mêle installation, performance et théâtre (diffusion sur ARTE en octobre 2009). En 2012, autour d’un projet photographique et sonore, Elena Costelian a initié avec Julie Meyer, Sail the world project, une traversée de l’Atlantique à la voile. (Projet soutenu par le Conseil général du Finistère et le Centre Atlantique de la Photographie).
La suite de Tchernobyl on tour sera présentée en 2013 au Center for Book Arts à New York.

Chourouk Hriech est née en 1977, elle vit et travaille à Marseille.
Elle développe son travail essentiellement autour du dessin. Ses recherches se fondent sur une observation des paysages en mutation, une navigation à travers les mondes qui s’offrent à elle.
Diplômée des Beaux-Arts de Lyon, elle a récemment participé à Art Dubaï en 2012 ; au CRAC de Sète et à la 8ème Biennale de Shanghai en 2010.
Dans le cadre du Projet T3, en 2012, sur une proposition de Nathalie Viot et de Christian Bernard, ses dessins ont rejoint, le Fonds Municipal d’Art contemporain de la Ville de Paris.

Une proposition de Sandrine Wymann.

Simon Starling, artiste conceptuel est considéré comme l’un des artistes britanniques les plus
audacieux de la scène internationale.
L’exposition de Simon Starling à La Kunsthalle s’articule autour de nouvelles productions qui sont toutes étroitement liées à l’histoire et à l’architecture du bâtiment de la Fonderie. Ancien site industriel, le lieu a été entièrement réhabilité. Depuis 2009, il est occupé par La Kunsthalle mais aussi l’Université de Haute-Alsace et les Archives de la Ville de Mulhouse.
A travers les installations, les performances et les processus qu’il met en place, Simon Starling crée des situations où les objets sont transformés, reconstruits, de la même manière que les situations et les contextes sociaux économiques ou esthétiques se voient remodelés, déplacés ou reliés soudainement les uns aux autres. En traversant les frontières comme les époques, l’artiste impulse des mouvements et des principes de mutation qui parviennent à reconfigurer à la fois l’appréhension de l’histoire et celle de l’expérience quotidienne.

« Beaucoup de mes œuvres ont pour origine première une confrontation à des sites industriels
divers. Ceci est évidemment dû aux très nombreuses transformations de sites industriels en espaces d’exposition, à cause du déclin industriel en Europe et en Amérique du nord dans les dernières décennies du XXe siècle, ainsi qu’à l’utilisation de l’art dans le renouveau urbain. La liste est longue de tous les lieux qui ont suscité mon intérêt renouvelé pour la question du travail, de sa valeur, de l’importance de l’artisanat, etc. Mon œuvre essaie de poser des questions telles que : Quel rapport avons-nous à la fabrication de nos objets quotidiens ? D’où viennent les matières premières pour les fabriquer ? De grandes questions générales mais que je relie toujours à un ensemble de paramètres spécifiques, locaux, voire idiosyncrasiques.
Lorsque j’ai appris que La Kunsthalle de Mulhouse avait été une fonderie très productive, j’ai tout de suite commencé à réfléchir à un projet. J’ai trouvé intéressant de ramener le lieu actuel, un espace d’exposition, à son usage originel de fonderie. Ce télescopage du passé et du présent est visible dans les altérations qu’a subies la fonderie afin de la transformer, entre autres, en espace d’exposition. J’ai été frappé par le fait que les nouveaux planchers ne supportent que des charges relativement légères, et je me suis demandé à quoi ressemblerait une lourde machine fabriquée dans la fonderie selon les nouvelles normes de construction. »
Simon Starling

Simon Starling est né en 1967 à Epsom (GB), il vit et travaille à Copenhague (DK).
Il étudie d’abord à la Nottingham Polytechnic (1987-1990), puis à la Glasgow School of Art (1990- 1992). Lauréat du Turner Prize en 2005, il a exposé notamment au MASS MoCA (Massachusetts) en 2008, au Mac/Val (Vitry sur Seine) en 2009, au Modern Institute (Glasgow) en 2010 et très récemment en 2011, à l’Hiroshima, City Museum of Contemporary Art.
Il a également participé à de nombreuses biennales, comme celles de Venise (2003 et 2009), Lyon (2007) et à la Tate Triennal, Londres (2009) ainsi qu’à la 6th Momentum de Moss (2011).
Ses oeuvres sont entrées dans les collections de la Tate Modern, Londres ; Moderna Museet, Stockholm ; Solomon R. Guggenheim Museum, New York ; Kroller Muller Museum, Netherlands ; San Francisco Museum of Modern Art ; Museum of Contemporary Art, Chicago ; and Museum Folkwang, Essen…

L’exposition de Simon Starling vient clore le cycle de trois expositions sur la question du savoir comme une forme en soi, imaginé par Vincent Honoré, commissaire associé à La Kunsthalle pour la saison 2011/2012.
Bientôt le métal entre nous sera changé en or, monographie de Benoît Maire
L’entre-deux des savoirs bouleversés – Quatre études : Aurélien Froment, Marie Lund, Melvin Moti, Benjamin Seror
Trois cent cinquante kilogrammes par mètre carré, monographie de Simon Starling
Le quatrième et dernier mouvement du cycle prend la forme d’une édition : Des savoirs bouleversés – Unsettled Knowledge

L’Entre-Deux : des savoirs bouleversés est une ne exposition où se confrontent des œuvres et des processus non-conclusifs. Où l’on fait l’expérience de pensées en devenir, en réseau. Où le destin et la lecture des œuvres ne sont plus inscrits a priori. Où l’exposition croise quatre études, quatre démarches qui toutes tendent aux fictions et à la refonte du musée comme gardien d’une mémoire fluctuante, mouvante, incertaine. Où l’exposition se conçoit en libres associations, en collaborations. Où les œuvres sont des moments de pause entre savoirs et recherches hyper documentés et objets formels aboutis, autonomes.

Quatre études : Aurélien Froment, Marie Lund, Melvin Moti, Benjamin Seror

La proposition de Vincent Honoré pour la Kunsthalle Mulhouse s’articule autour de trois expositions et d’un livre, le tout agencé comme un programme, un cycle, voire comme un projet unique déployé sur un an en quatre mouvements qui se répondent, s’enrichissent, se complètent. Le cycle se concentre sur la question du savoir comme une forme en soi, une forme hétéroclite à travailler, à exproprier, dont les artistes s’emparent, un savoir à l’origine emprunté à la philosophie, aux sciences, à l’architecture, etc.. Comment, en pervertissant ses structures, les artistes en questionnent la coproduction et la transmission, tout en réinformant de manière inédite les formes et la mise en espace. Ce deuxième volet va particulièrement s’intéresser à la mise en forme du savoir et à sa présentation muséale.

L’entre-deux : des savoirs bouleversés fait partie du cycle de trois expositions sur la question du savoir comme une forme en soi, imaginé par Vincent Honoré, commissaire associé à La Kunsthalle pour la saison 2011/2012.
Bientôt le métal entre nous sera changé en or, monographie de Benoît Maire
L’entre-deux des savoirs bouleversés – Quatre études : Aurélien Froment, Marie Lund, Melvin Moti, Benjamin Seror
Trois cent cinquante kilogrammes par mètre carré, monographie de Simon Starling
Le quatrième et dernier mouvement du cycle prend la forme d’une édition : Des savoirs bouleversés – Unsettled Knowledge

REGIONALE 12

Penser, concevoir, faire, exposer. L’une succède à l’autre et ainsi s’échelonnent les étapes de la création. La succession est logique et convenue. Et si l’on venait la perturber ? Et si l’on introduisait dans ce déroulé un grain de sable qui remette en question les lieux du faire, le temps de l’exposition, les modes du concevoir et les raisons du penser ? Simplement brouiller les conventions et accueillir, le temps de la Régionale, des artistes et des œuvres qui dans un même espace et sur trois modes différents remettront en jeu le format de l’exposition.
Le premier espace des duos sera un lieu d’échange et de sociabilité ; les artistes présents considéreront la Kunsthalle à la fois comme un lieu d’incubation, d’expérimentation et de monstration. Pendant quatre semaines, ils tenteront d’établir un dialogue entre eux, les œuvres et le public.
Le deuxième espace est confié au collectif Encastrable qui développera durant l’exposition une œuvre évolutive. Encastrable détourne et utilise le réseau des hypermarchés, qu’il emploie tantôt comme atelier, tantôt comme lieu de résidence. Il formule des sculptures sur la base de produits proposés par les grandes surfaces.
Le troisième espace sera le lieu de projection de 6 heures de vidéos selon un programme quotidien et ininterrompu.

Artistes : Karin Aeschlimann, Elise Alloin, Charlotte Aveline, Mathilde Caylou, Patricia Dreyfus, Encastrable, Esther Ernst, Attale Joggerst, Ana Navas, Dana Popescu, Reto Scheiber, Tangé Shongo, Dali Wu, Saliha Ziani, Sebastian Dannenberg et Kriz Olbricht.
Une proposition de Sandrine Wymann.

Bientôt le métal entre nous sera changé en or a été spécialement créée pour la Kunsthalle Mulhouse. Cette exposition n’est ni un instantané, ni une rétrospective mais elle est conçue comme un ensemble complexe comprenant installations, événements, rencontres et projections où la notion centrale d’activité (lire, voir, échanger, etc.) émerge.
L’exposition inscrit la trajectoire de l’artiste et la réflexion du commissaire à ses usages possibles, tant matériels que métaphoriques. Elle est pensée comme une structure (spatiale et
temporelle) à jouer, à habiter, à déplacer. Elle est ouverte, non conclusive et invite l’autre, le visiteur, à l’agencer, à l’unifier, à l’habiter. L’exposition, en soi, n’est pas un but, elle n’est qu’un indice de ce que le spectateur peut en faire : l’objet de cette recherche demeure à constituer.

Le travail de Benoît Maire se nourrit d’un questionnement philosophique permanent, l’artiste donne à voir et à ressentir les affects qui débordent l’espace conceptuel même lorsqu’il est objectivement formé. Ce rapport et ce débordement affectif et affecté de la philosophie est pour lui l’intrigue. Dans l’exposition, cette intrigue nommée Bientôt le métal entre nous sera changé en or est organisée en 5 parties, comme autant d’espaces où la mesure fait défaut. Car si l’espace et le temps se rationalisent en une histoire nommée philosophie, Benoît Maire cherche les lieux où l’esthétique apparaît comme les failles, les ratures, et les remaniements de cette histoire.

Bientôt le métal entre nous sera changé en or fait partie du cycle de trois expositions sur la question du savoir comme une forme en soi, imaginé par Vincent Honoré, commissaire associé à La Kunsthalle pour la saison 2011/2012.
Bientôt le métal entre nous sera changé en or, monographie de Benoît Maire
L’entre-deux des savoirs bouleversés – Quatre études : Aurélien Froment, Marie Lund, Melvin Moti, Benjamin Seror
Trois cent cinquante kilogrammes par mètre carré, monographie de Simon Starling
Le quatrième et dernier mouvement du cycle prend la forme d’une édition : Des savoirs bouleversés – Unsettled Knowledge

La Kunsthalle Mulhouse présente 400 Sonnets in Reverse, Together, la première exposition consacrée à Seb Patane dans une institution publique française.
Seb Patane est né en Italie en 1970, il vit et travaille à Londres. Après son diplôme à Goldsmiths (2002), il a très vite attiré l’attention des critiques par son travail sur de nombreux supports tels que la vidéo, la sculpture, la performance et le collage. L’exposition à La Kunsthalle présente une sélection d’œuvres récentes, rassemblées spécialement pour l’occasion.
Le titre de l’exposition de Seb Patane à Mulhouse, 400 Sonnets in Reverse, Together, est extrait de la chanson « The Be Colony » (2099) du groupe britannique Broadcast, que l’on pourra entendre à l’entrée de l’exposition dans une bande sonore. En plus de cette pièce, l’exposition présentera des dessins et des collages.
L’œuvre de Seb Patane navigue entre figuration et abstraction, entre suggestion d’un récit et
déconstruction de celui-ci par la forme fragmentée . Une tendance semble tout de même se dégager de son travail au cours des dix dernières années, celle d’un retour obsessionnel à certaines images archétypales. Patane se livre à un jeu subtil de références, de symboles et de signes touchant des cordes sensibles qui varieront d’un spectateur à l’autre selon sa propre histoire.
A l’occasion de l’exposition mulhousienne, la première monographie sur Seb Patane a été publiée chez DISTANZ Verlag, avec entre autres des contributions de Rob Young, Catherine Wood et Heike Munder.

Une proposition de Bettina Steinbrügge, commissaire invitée pour la saison 2010/11.

Les dernières expositions monographiques de Seb Patane, dont « So this song kills fascists », ont été présentées à Art Now, Tate Britain, en 2007, Art Statements, Arts 40 Basel et Constellations, Artissima en 2009. D’autre part, il a exposé en solo à la Galleria Fonti de Naples en 2007, à la China Art Objects Galleries de Los Angeles en 2008, ainsi qu’à la galerie Maureen Paley à Londres en 2009.
Son travail a été présenté lors de nombreuses expositions de groupes comme Compass in Hand : Selections from The Judith Rothschild Foundation Contemporary Drawings Collection, au Museum of Modern Art à New York et While Interwoven Echoes Drip into a Hybrid Body, au migros museum für gegenwartskunst à Zürich. Il a, par ailleurs, été nominé pour Beck’s Futures en 2006.

L’exposition hors les murs a pour objet de proposer des regards croisés de scientifiques et d’artistes sur des phénomènes physico-chimiques. L’association entre scientifiques et artistes est l’occasion d’interroger les processus d’appropriation d’une phénoménologie en fonction de la culture, des compétences et des techniques de chacun. Des visites guidées et des conférences « grand public » organisées autour de cette exposition tentent d’éclaircir les processus communs ou non à l’élaboration d’une connaissance scientifique et à celle d’une œuvre d’art.

Artistes : Anita Molinéro, Juliana Borinski et les chercheurs de l’IS2M

« L’art et la science s’enrichissent quand les artistes et les scientifiques coopèrent pour dépasser leurs limites, élargir leurs champs d’interventions. Ils croisent des problématiques, des méthodes, des objectifs. Ils mettent en lien des savoirs et des analyses mais conviennent à la fois d’une proximité et d’une radicale divergence. Certains artistes affirment une méthode de travail qu’ils qualifient communément de scientifique. Ils observent un décalage, formulent des hypothèses qui expliquent leurs observations, leurs questionnements et vont parfois en s’appuyant sur des compétences scientifiques, jusqu’à évoquer des solutions à leurs problématiques. Ces procédés passent par des stades de recherches et d’études importantes. On parle alors « d’artistes chercheurs », appellation qui fait référence à une certaine rigueur et à une dimension expérimentale. L’artiste comme le scientifique cherchent, passent par des étapes clés de tests, de mises en œuvre et n’excluent pas une part de subjectivité. Ils travaillent tous deux selon des schémas, des modèles et leurs expériences sont ouvertes à une part d’intuition qui in fine les mène à des découvertes parfois fortuites. Dans cette part de hasard, dans la propriété non maîtrisable du matériau utilisé ou étudié, une artiste comme Anita Molinéro trouve et produit ses sculptures. Le plastique qu’elle façonne, torture, maltraite qui lui échappe malgré la mise en œuvre d’actions ou de traitements précis, prend des formes qui répondent aux lois de comportements des matériaux polymères et à leurs propriétés intrinsèques. Au final, ses sculptures, modestes ou immenses, sont le résultat de la conjugaison d’un geste créateur maîtrisé et du hasard d’un processus physico-chimique. Pour d’autres artistes, ce même geste créatif est le fruit d’une recherche appliquée et minutieuse qui s’affirme en tant que telle mais pas nécessairement à travers le résultat qu’il produit. L’œuvre dans ce cas existe parce qu’elle se réfère à l’expérience de sa fabrication. Le processus ici prime sur l’aboutissement, la question du support, de la forme s’impose comme une étape supplémentaire et douloureuse qui n’a de sens pour l’artiste que dans la mesure où son travail est destiné à être montré, exposé. L’artiste se pose alors la question de comment donner à voir (et non pas à comprendre) comment donner forme à l’infiniment petit, l’imperceptible, l’indéfini ou l’invisible. Dans son travail In the Soul of film, projet d’observation et de création, Juliana Borinski étudie des structures complexes concrètes de la pellicule photographique et les restitue plastiquement par des images abstraites gravées ou par un procédé de « nanophotographie ». De son côté, au cours d’expériences, le scientifique créé, découvre des formes ou des images qui retiennent l’attention et séduisent. Leur valeur esthétique n’est pas une fin en soi mais suscite un véritable trouble qui ne laisse insensible ni les artistes, ni les observateurs. Montrer ces images, faire valoir leur dimension « esthétique » sans s’interroger sur leur intention artistique serait mettre en évidence une conception du beau qui est battu en brèche par l’artiste contemporain. Dans l’exposition ces visuels, souvent incroyables, seront présentés pour ce qu’ils sont scientifiquement, à savoir, des images qui servent à construire des lois de comportement, à vérifier des théories.
L’ensemble des pièces qui constitue FORMules permet d’aborder quelques-uns des rapprochements possibles entre les arts et les sciences. Les œuvres exposées confirment que le champ scientifique, volontairement ou intuitivement, est fortement lié à la création artistique contemporaine et que le concevoir, c’est aussi enrichir les démarches les regards ou les objectifs de part et d’autre. »
Sandrine Wymann, Laurent Vonna

Depuis des siècles la beauté et le merveilleux de la nature ont été source d’inspiration pour les artistes et les architectes. A partir des années 60, la dégradation évidente et grimpante de la nature et les effets du changement climatique ont imposé à leurs travaux une nouvelle acuité. L’exposition « L’idée de nature » met à jour des concepts issus du Land Art, de l’activisme environnemental, de l’architecture expérimentale et de l’utopisme.
La frontière ténue entre art, graphisme et commerce, entre professionnels et amateurs, encourage une réflexion sur les nouvelles possibilités et les défis du monde de l’art en lien avec la nature. Se livrer à l’aventure du paysage signifie non seulement retourner à nos origines mais aussi à la possibilité de reconnaître tout à la fois notre insignifiance et notre magnificence. Aujourd’hui la nature est indissociable d’un monde détruit par l’homme. Elle a perdu tout le caractère mystérieux et sauvage du sublime que les romantiques ont salué en leur temps, à leur époque de strict pragmatisme et de certitudes scientifiques.
Le projet « L’idée de nature » est construit à partir des notions de points de vue, de situations, de croyances idéologiques et il s’appuie sur des données politiques, économiques qui explorent le rapport complexe de l’homme à la nature.
L’exposition propose une lecture critique et suppose que le lien qui a toujours existé entre l’homme et son environne-ment est aussi intrinsèquement celui qui le lie au paysage de sa vie et lui sert de miroir de lui-même.

Une proposition de Bettina Steinbrügge, commissaire invitée pour la saison 2010/11.

Avec la participation de Dove Allouche, Lara Almarcegui, David Boeno, Lee Friedländer, Luigi Ghirri, Laureen Grawey, Wiebke Grösch & Frank Metzger, Daniel Knorr, Bernard Moninot, Elodie Pong, Thiago Rocha Pitta, Pia Rönicke, Roman Signer, Eve Simon, Gerda Steiner&Jorg Lenzlinger, Cy Twombly.

Une œuvre écrite, un texte qui fait œuvre ? L’écriture comme forme ou comme objet ?
Études, reportages, histoires, recherches graphiques, livres, sont autant de genres qui convoquent l’écrit et constituent tout un pan de l’art contemporain.
L’intention de cette exposition ne réside pas dans l’exhaustivité de leur énumération mais vise plu-tôt à réfléchir à leurs diversités de formes et à ce qui les caractérise. Toutes suscitent les mêmes constantes : une nécessaire relation physique à l’œuvre (toucher, autant que faire se peut, les œuvres), un état de concentration accentué (lire) et une invitation à prendre son temps (le temps de lire).
Cette exposition attend le lecteur, la pause lui est offerte, les conditions de bien-être lui sont propices. Quand bien même il n’entre pas pour tout lire, il peut s’il le souhaite y passer l’après-midi. Il peut s’intéresser à des approches diverses, picorer des écrits et cela dans des conditions voulues idéales : il est invité à s’asseoir, à se sentir bien puis à se plonger dans une lecture.
Le temps de l’exposition les V8 designers ont transformé La Kunsthalle en un appartement de six salons et un bar, lieu où les performances et les rencontres donneront vie à l’écritureo

Avec la participation d’Edouard Boyer, Bureau d’études, Philippe Cazal, Anne-James Chaton, Daniel Gustav Cramer, Marcelline Delbecq, Martine Derain, Krassimira Drenska, Documentation céline duval, Ilse Ermen, Jean-Baptiste Farkas, Jochen Gerner, Hoio, Martin Le Chevallier, Jan Mancuska, Claire Morel, Plonk et Replonk, Julien Prévieux, Ricardo Rendon, Yann Sérandour, Taroop et Glabel, Saliou Traoré, V8.
Une proposition de Sandrine Wymann.

REGIONALE 11

Ne serait-il pas temps, enfin, de faire une pause ? De s’accroupir vers l’intime, pour sauter vers l’inconnu, apercevoir de loin ce qui nous rattache, de prendre du recul et continuer, nous laisser gagner par un doux vertige propre à notre époque avec des flous et des doutes, tout ce qui au présent comme au futur nous accompagne. D’en haut, on distingue des civilisations, des ancêtres, des croyances et des coutumes. Nous nous sentons venir de quelque part, nous prenons conscience de la somme des rêves et des réalités qui nous ont portés si loin. S’inquiète-t-on du lendemain ? Mais nous sommes capables de regarder derrière nous… N’oublions pas que le vertige se prend sur les hauteurs nous invite avec nos hauts et nos bas à découvrir un choix d’œuvres sensibles et mystérieuses, de celles qui font état de cette perte de repère, là-haut, tout là-bas.

Avec la participation de Robin Ballard, Léa Barbazanges, Grégory Delauré, Diana Dodson, Ahmet Dogan, Philipp Engelhardt, Martina Gmür, Marianne Maric, Natacha Paganelli, Patrick Steffen, Lydia Wilhelm, CIAV de Meisenthal.
Une proposition de Sandrine Wymann.

En 1987 le groupe REM sortait la chanson The end of the world as we know it (La fin du monde tel que nous le connaissons). Douze ans plus tard, en 1999, Immanuel Wallerstein, sociologue américain, écrivait son essai The end of the world as we know it.
Les uns et les autres dans leurs œuvres font part des inquiétudes de leur temps mais développent une approche positive. REM rajoute à la phrase titre de sa chanson « And I feel fine » (et je me sens bien) tandis qu’Immanuel Wallerstein démontre que ce sont là des périodes de transitions que nous traversons, des temps mouvementés certes, mais propices à une réflexion sociale, à des questionnements structurels.
Les artistes de l’exposition invités par Bettina Steinbrügge ont cette même lecture de l’époque. Ils sondent, mesurent la réalité complexe et chaotique du moment et de manière engagée, ils explorent des évolutions possibles, des processus envisageables.
Par le biais de leurs expressions artistiques ils cherchent sur un mode critique mais optimiste à comprendre le monde tel qu’il est. Politique, inscrite dans l’actualité et impliquée, La fin du monde tel que nous le connaissons, est une exposition qui est à la fois miroir d’une époque difficile et porteuse d’espérance.

Une proposition de Bettina Steinbrügge, commissaire invitée pour la saison 2010/11.

Avec la participation de Marc Bijl, Claire Fontaine, Cyprien Gaillard, Piero Golia, Hadley+Maxwell, Jorge Macchi, Bernhard Martin, Katrin Mayer, Mladen Miljanovic, Frédéric Moser & Philippe Schwinger.

Bettina Steinbrügge vit et travaille à Berlin. Après avoir étudié l’histoire de l’art, la philosophie anglaise et la littérature comparée, elle opère sur de nombreux champs artistiques: curatrice indépendante, conférencière, critique d’art et journaliste de presse spécialisée. De 2001 à 2008, elle a dirigé conjointement la Halle für Kunst à Lüneburg (DE), les résidences d’artistes au château Bleckede tout en enseignant l’art théorique et la pratique curatoriale à l’université de Lüneburg.Depuis 2009, elle est co-commissaire de Forum Expanded, une division du Festival du Film International de Berlin.Ses dernières publications sont une monographie consacrée à Jeanne FaustCooling Out – On the Paradox of Feminism, Outlandos publiée chez JPR / Ringier etavec la Haute Ecole d’Art et de Design de Genève, Edu Tool Box, un livre sur l’éducation artistique.Par ailleurs, Bettina Steinbrügge écrit pour de nombreux catalogues et diverses publications telles que les magazines Art South Africa, IDEA…

Les œuvres rassemblées font état d’un monde vaste et difficile à cerner qui se cherche et se teste. Les Romances sans paroles de Verlaine sont mystérieuses et amères mais celles de Mendelssohn sont mélodiques et gracieuses et c’est sur ces deux tonalités que s’expriment les artistes de l’exposition. Ils s’emparent des objets de leur quotidien pour les interroger sur des modes plastiques allant de la sculpture à la photo, vidéo, de l’installation au dessin.
Un premier ensemble d’œuvres introduit la notion de limites. Par le truchement de déplacements, de ré-écritures, les artistes décloisonnent leur environnement. Mathieu Mercier construit une Cage à oiseaux selon un procédé vectoriel habituellement destiné à l’image de synthèse. Bertrand Lavier interroge dans Walt Disney Production le statut de la sculpture issue du quotidien en donnant valeur d’œuvre à une sculpture qui ne l’était pas initialement. Cette étude des limites laisse une place belle à l’ironie, au décalage. Elle nécessite une fine observation mais se définit par sa qualité expérimentale. Nous disons communément, «chercher ses limites», Roman Signer les teste à travers ses installations. Mircea Cantor avec son Chaplet les trace avec force et émotion sur les pourtours de l’espace pour dénoncer leur statut de frontière. Dans Here is Johnny! Jérémy Ledda considère la limite sans issue, obsessionnelle et infranchissable tandis que Laurie Franck avec Mickey et Happy End ose la dépasser et suspecter par-delà un monde désenchanté.S ’intéresser aux limites c ’est également se poser la question des équilibres, des points de ruptures. Daniel Firman en fait son objet de recherche et Gathering est la trace d’une de ses expériences. L’art de l’assemblage, très présent dans la sculpture contemporaine, permet aussi de poser plastiquement les conditions d’équilibre. Dans un jeu de dualité Kayak grillé Jean-Michel Sanejouand réunit un kayak et un rouleau de grillage, tandis que Reiner Ruthenbeck dans Tuch mit Spannrahmen imbrique tissu et métal et confronte le carré au rond. Ce jeu d’assemblages des matériaux et des formes convoque leurs caractéristiques afin de les fragiliser et d’en extraire leurs relativités.
Parallèlement, d’autres artistes s’intéressent à définir ou redéfinir des territoires ou encore à questionner leur identité. David Renaud avec Mêgo Aroug, Abyssinie représente un territoire inconnu de son public mais qui le temps d’une œuvre attire tous les regards. Par un processus qui à la fois complexifie et simplifie la lecture topographique d’un site, il déplace nos intérêts vers une région du monde que lui seul érige à travers son œuvre. Federico Guzman, par un principe de déplacements, de voyages et de rencontres, redessine une cartographie mondiale faite de focus et d’humanité. Claire Willemann avec le Puits introduit une dimension temporelle dans cette même étude du territoire. Son travail fait de perturbations spatiales invite à l’observation. Joe Scanlan, et sa Flexible Hifi, déplace la problématique du territoire dans le champ de l’industrie et à travers son intérêt pour le design, définit un espace qui ne serait plus soumis aux normes imposées, de son avis, non démocratiques. Pascal Auer enfin invente un autre territoire, virtuel et fictif, celui de son label Parasite Rec. Il développe un projet ancré dans aucune réalité géographique et qui existe selon un organigramme et une logique propre.
La définition de nouveaux espaces ne s’entend pas sans qu’il soit question d’une quête d’identité. Jimmie Durham, indien américain, se dit aujourd’hui nomade et citoyen du monde mais dans des œuvres comme Teeths il affirme ses racines et ce en quoi elles le constituent. Matthew Day Jackson dans Pitfalls of Utopian Desire se penche lui aussi avec attention sur l’histoire de son Amérique et de son possible devenir. Marie Verry s’ouvre davantage à des territoires intimes, elle laisse libre champ à ses rêves et ses visions et se construit à partir de ce monde intérieur autant qu’avec des images «réelles».
Romances sans Paroles laisse sans doute une impression mélancolique. Il pleut doucement sur la ville aurait dit Arthur Rimbaud mais nos artistes malgré leurs humeurs sombres promènent un regard poétique et ironique qui fait plutôt sourire et laisse entrevoir des mondes imaginaires, pourquoi pas visionnaires, tout à fait plaisants et attirants.

Une proposition d’Ami Barak et Sandrine Wymann.

Avec la participation de Pascal Auer, Mircea Cantor, Matthew Day Jackson, Jimmie Durham, Daniel Firman, Laurie Frank, Federico Guzman, Bertrand Lavier, Jérémy Ledda, Mathieu Mercier, David Renaud, Reiner Ruthenbeck, Jean-Michel Sanejouand, Joe Scanlan, Roman Signer, Marie Verry, Claire Willemann.

Depuis plusieurs années, Stephen Wilks donne naissance à un bestiaire qui lui sert à sonder, comprendre, révéler le monde qui nous entoure. A La Kunsthalle Mulhouse, il présente Foules, Fools un ensemble de pièces qui apparaissent, sous des traits ludiques et à travers un jeu relationnel, comme les révélateurs d’une nature humaine éphémère et conquérante.

Récemment son monde animalier a accueilli une nouvelle figure : le squelette. Avec beaucoup d’humour mais aussi sur un mode interrogatif et parfois dérangeant, il crée des personnages qui mêlent à la fois la figure du bouffon et de la mort, et viennent amplifier un discours proche de la critique sociale. Porté sur le présent, le travail de Stephen Wilks puise ses sources dans une imagerie issue de la danse macabre, à la manière du peintre expressionniste James Ensor ou du caricaturiste José Guadalupe Posada.
Masqué derrière ses figures animales, telles le cheval de Troie repris dans sa série des Trojandonkeys, Stephen Wilks a su trouver une place de choix au milieu de ses semblables. Il ne se place ni en moralisateur, ni en calculateur mais en observateur privilégié.
La notion de déplacement est omniprésente dans ses œuvres et dans ses expositions, n’apparaît pas comme une nécessité, comme un état physique qui seul permettrait la création. Ce sont davantage les œuvres qui sont en mouvement que l’artiste lui-même. Il n’est pas de ceux qui ont développé une réflexion dans la situation du marcheur ou du voyageur. Chez Wilks, le mouvement est constitutif des rapports sociaux et du jeu social qui nous entourent. Aussi, l’intégrer à sa démarche, voire l’amplifier, lui permet de créer des pièces qui s’immiscent ludiquement et subtilement à l’intimité d’un public avec lequel s’installe alors un jeu de complicité. Sur le mode de la rencontre repose toute sa pratique, elle pose la confiance et la connivence entre l’artiste et le spectateur comme le seul terrain d’étude possible.
Cette exposition, comme souvent chez Stephen Wilks, se déploie à la manière d’un cortège. Tandis que ses parades (Animal farm à Louvain en 2008) ou ses ânes (Trojandonkeys) sont des pièces qui ont le déplacement pour fondement, Foules, Fools suggère une avancée, un sens qui mène le spectateur du manège au rez-de-chaussée à la chenille du fond de l’espace. Une progression s’installe lentement, un voyage s’effectue un peu comme une procession sur un chemin de vie.
Chaque pièce de l’exposition se présente à la manière d’un tableau qui interroge notre place à «l’échelle humaine», et peut-être notre passage sur terre. La déambulation ainsi comprise n’est pas sans rappeler le principe des chemins de croix dans la tradition chrétienne : échelonnés de stations, ils évoquent les différentes étapes de la vie du Christ. Les tableaux de Stephen Wilks sont allégoriques, ils renvoient à un jeu de relations complexes que l’artiste ramène à une vanité certaine, accentuée par la présence nouvelle des squelettes dans son bestiaire.

Une proposition de Sandrine Wymann.

La troisième exposition de Lorenzo Benedetti à La Kunsthalle Mulhouse, Les sculptures meurent aussi vient clore une réflexion sur la question de l’œuvre et de son contexte. Comment une œuvre évolue-t-elle dans le temps et dans des environnements successifs ?

Après avoir provoqué le dialogue entre l’espace d’exposition et les pièces exposées, après avoir interrogé la force et le sens des œuvres à l’échelle de leurs parcours, Lorenzo Benedetti fait le constat d’une redéfinition des formes et d’un rapprochement des esthétiques des années 50 et 60. L’époque post-conceptuelle que nous vivons est celle d’un retour à la sculpture, à la forme et à la matière.
Le titre de l’exposition fait référence au documentaire d’Alain Resnais et Chris Marker «Les statues meurent aussi». «Quand les hommes sont morts, ils entrent dans l’histoire. Quand les statues sont mortes, elles entrent dans l’art» ainsi commence le film réalisé en 1953.
En d’autres termes les statues dépouillées de leurs usages ethnologiques entrent au musée, thèse hautement controversée à l’époque, sur fond d’anticolonialisme. À son tour, Lorenzo Benedetti s’intéresse à la mort des statues comme point de départ d’une réflexion sur l’objet, sur la définition de la sculpture dans une nouvelle contextualisation conceptuelle ou environnementale.  Il voit dans les travaux de Francesco Arena, Michael Dean, Alex Cecchetti, Ida Ekblad, Guillaume Leblon, Mandla Reuter, Oscar Tuazon une affirmation et revendication de la forme qui s’impose comme une intention et finalement une esthétique

Lorenzo Benedetti, né à Rome en 1972, a étudié l’histoire de l’art à l’université «La Sapienza» de Rome avant de suivre le “Curatorial Training Programme” de la Fondation De Apel à Amsterdam. Depuis la fin des années 90, il est commissaire d’exposition en art contemporain. Il dirige actuellement le centre d’art et la collection «De Vleeshal» à Middelburg aux Pays Bas.
Lorenzo Benedetti est commissaire invité de La Kunsthalle Mulhouse pour la saison 2009/2010.

L’exposition de la Régionale est devenue le rendez-vous artistique de la fin d’année aux frontières de la Suisse, L’Allemagne et la France. Cette manifestation est le seul exemple de collaboration transfrontalière entre 15 lieux d’art contemporain. Elle réunit des artistes confirmés de la scène locale et offre une large visibilité à de nombreux jeunes talents.
Pour célébrer la dixième édition de la Régionale, les trois structures françaises Accélérateur de Particules à Strasbourg, FABRIKculture à Hégenheim et La Kunsthalle Mulhouse se sont réunies autour d’un projet commun : Et si la Régionale était un pays ?

L’exposition de La Kunsthalle souhaite mettre en avant la place du code, de la mesure, de l’organisation et de la structure. Où se situent les frontières d’un espace ? Ce sont des séries de références, un principe de codification qui marquent les convergences et définissent les appartenances.
A travers des installations, du son, de la peinture, des photographies et des sculptures l’exposition dessine un espace, un territoire qui lui est propre.

Avec la participation de Barbara Bugg, Gianin Conrad, Ildiko Csapo, Chloé Dugit-Gros, Katja Flieger, Andreas Frick, Bertrand Gondouin, Anita Kuratle, Comenius Roethlisberger & Admir Jahic, Christina Schmid, Bruno Steiner, Emanuel Strässle, Selma Weber.
Une proposition de Sandrine Wymann et Bertrand Lemonnier.

Pour sa deuxième exposition mulhousienne, Lorenzo Benedetti s’intéresse toujours à l’espace de La Kunsthalle. Il se penche, à travers ce lieu fortement empreint de son histoire et de son architecture, sur les mutations qui peuvent marquer un espace.

Le jardin aux sentiers qui bifurquent, la nouvelle de Jorge Luis Borges, le mène à interroger les possibles d’une œuvre et le rapport au temps dans un processus de création puis d’exposition.
Il choisit de présenter des artistes qui puisent des formes et des matières dans l’objet existant, le paysage contemporain et qui, par leurs regards et leurs interventions, les mènent à l’état d’œuvres.
Par ailleurs, Lorenzo Benedetti questionne le principe de l’exposition en se penchant sur la combinaison œuvre-espace, sur la tension qui émane de certains rapprochements et qui induit une métamorphose sans cesse renouvelée des lieux investis.

Sept artistes, Étienne Chambaud, Ane Mette Hol,  Benoît Maire, Helen Mirra, Mandla Reuter, Luca Trevisani et Raphaël Zarka, sont invités à participer à cette exposition. Issus de la jeune scène internationale, ils représentent une nouvelle génération de plasticiens qui à travers leurs œuvres soulèvent des questions formelles dans un contexte à la fois physique, social ou historique. Mandla Reuter et Luca Trevisani sont invités à produire une pièce nouvelle.

Lorenzo Benedetti est commissaire invité de La Kunsthalle Mulhouse pour la saison 2009/2010.

Pour sa deuxième exposition, la Kunsthalle Mulhouse accueille les étudiants diplômés du Quai, l’école supérieure d’art de Mulhouse.
Au travers de ses engagements en art contemporain, Mulhouse se distingue par son choix d’être au plus proche de la jeune création : les événements ou les structures portés par la ville témoignent de cette attention aux jeunes artistes et à travers eux, aux formes émergentes. La Kunsthalle, nouveau centre d’art contemporain, s’inscrit dans cette dynamique de recherche en art et trouve sa place dans ce qui constitue la force de toute une ville acquise à l’art contemporain.
Les étudiants ont passé, à huis-clos, leur Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique (DNSEP) sur le site même de La Kunsthalle et c’est leurs travaux en art, design graphique, design textile qu’ils présentent ensuite au public du 1er au 26 juillet.
Cet ensemble représentera une exposition d’un type particulier, entre portes ouvertes et état des lieux. En quelques jours une dizaine d’étudiants sont devenus « jeunes artistes ou jeunes designers », sous l’œil attentif et critique d’un jury. Ils convient alors le public à porter son propre regard sur les projets personnels affinés durant toute une année.
Les trois options enseignées à l’école se côtoient dans un même espace : art, design graphique et design textile. Ces spécialisations rarement rassemblées dans un même espace permettent la confrontation d’approches artistiques différentes qui amènent une variation des formes, des propos et des finalités. Un moment privilégié pour découvrir toutes les facettes de l’art.

Avec la participation d’Amandine Sacquin, Clémence Fichard, Virginie Fuchs, Églantine Gilardoni,  Gladys Thiry, Emmanuelle Jenny, Jonathan Fleith, Li Ming, Loïc Beck, Marina Krüger, Fanny Couderc.

Chaque année, La Kunsthalle Mulhouse invite un commissaire pour imaginer trois expositions. Lorenzo Benedetti ouvre le premier cycle avec une attention particulière portée au bâtiment en tant qu’espace physique et lieu de mémoire.
Inspirée du film de Michelangelo Antonioni, l’exposition inaugurale La notte réunit un ensemble d’artistes – Mark Bain, Nina Beier & Maria Lund, Katinka Bock, Laurent Grasso, Bojan Sarcevic, Tatiana Trouvé, Italo Zuffi – qui placent l’ambiguïté au cœur de leur travail. Lorenzo Benedetti a délibérément choisi des œuvres minimales ou discrètes révélant au mieux l’espace d’exposition. Les artistes Mark Bain et Laurent Grasso produisent deux œuvres, sonore et lumineuse, intimement liées au bâtiment de la Fonderie.

 » La notte de Michelangelo Antonioni est le point de départ de l’exposition. On retient de ce film, réalisé en 1961, seconde partie d’une trilogie, la difficile recherche d’identité des personnages, l’ambiguïté qu’elle génère et cela confère au film une valeur artistique et une absence de récit qui le rapprochent des problématiques de l’art contemporain.
La perception, la réalité, l’identité, l’ambiguïté, la vérité sont différents thèmes présents dans cette première exposition. Dans La notte, les œuvres qui les incarnent sont mises en relation avec l’espace qui les accueille.
La notte renvoie également à la transformation et à l’évolution de l’identité – dans notre cas, elle permet un hommage particulier au lieu. L’histoire et le passé sont amenés à s’effacer lentement de nos mémoires. C’est pour cette raison que l’exposition a un lien fort avec l’architecture du bâtiment évoquant ainsi, avec intensité, des réminiscences historiques. L’architecture stricte, rationnelle et élégante du bâtiment d’origine devient un élément à part entière de l’espace d’exposition, une pièce de l’exposition dans la mesure où elle est considérée comme point de départ, point à partir duquel s’est opérée une transition architecturale, mais aussi base sur laquelle s’est construite une exposition.  » Lorenzo Benedetti.

Lorenzo Benedetti est commissaire invité de La Kunsthalle Mulhouse pour la saison 2009/2010.

 

Laurent Bechtel, "Non lieu", 2007

Pour la première fois, des artistes s’installent à La Kunsthalle. Pour la première fois, ils vont disposer des œuvres dans cet espace. Instables ou magiques, les premières fois sont toujours de curieuses expériences. Chargée d’histoire et de mémoire collective, le bâtiment de la Fonderie peut intimider. Cet espace qui offre une nouvelle liberté n’a pas quitté notre esprit durant la sélection.
David Cascaro et Jean-Luc Gerhardt (jury) ont décidé de planter le drapeau de l’art comme les inventeurs d’une terra incognita. A l’image du Drapeau maintenu en équilibre par les éléments ayant servi à sa construction (2007) de Laurent Bechtel, l’exposition La première fois est une sorte de maquette précaire. Cette balise donne aux artistes un repère pour planter leur tente ou poser leurs valises. Certains disposent seulement des images. D’autres bâtissent des pièces plus imposantes, œuvres-demeures ou œuvres-panoramas.
A l’image de ce plateau d’un seul tenant, les travaux sont exposés sans cloisonnement. Pour la première fois, il s’agit d’affecter de nouveau un lieu désaffecté. Pour la première fois, des artistes s’installent à La Kunsthalle. Pour la première fois, ils disposent des œuvres dans cet espace.

Avec la participation de Laurent Bechtel, Leif Henderson Bennett, Françoise Caraco, David Heitz, Akiro Hellgardt, Sabine Hertig, Dominique Koch, Kathrin Kuntz, Patrick Leppert, Cathrin Lüthi, Hansjörg Palm, Leta Peer, Wolfgang Rempfer, Suzanna Schär Suzanne et Peter Spillmann Peter, Verena Schönhofer, Camilla Schuler et Brigitte Gierlich, Kathrin Schulthess et Daniel Spehr, Tom Senn.
Jury : David Cascaro et Jean-Luc Gerhardt