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© Maryna Levchenko

[English below]

De mai à août 2022, La Kunsthalle accueille Maryna Levchenko en résidence.

Maryna Levchenko, est née à Chernihiv, basée à Lviv, elle est artiste, illustrateur et graphiste.
Elle s’intéresse aux émotions, aux sentiments en expérimentant différentes techniques, manuelles, classiques, graphiques ou numériques.
Pour le projet « Drapeau blanc » qu’elle souhaite développer à Mulhouse, elle explore, la vulnérabilité, la peur, la faiblesse, comment en temps de guerre les frontières mentales sont mises à mal et malgré tout, des îlots de résilience peuvent se mettre en place.

La résidence est réalisée en partenariat avec / In partnership with motoco.


[Eng]
From May to August 2022, La Kunsthalle welcomes Maryna Levchenko.
Maryna Levchenko, born in Chernihiv, based in Lviv, is an artist, illustrator and graphic designer.
She is interested in emotions and feelings by experimenting with different techniques, manual, classical, graphic or digital.
For the project « White Flag » that she wishes to develop in Mulhouse, she explores vulnerability, fear, weakness, how in times of war mental boundaries are challenged and despite everything, islands of resilience can be established.

Adrian Pepe, "Woolen Landscapes" (détail) - 260 x 160 x 4cm - Felted Woven Tapestry

[English below]

Dans le cadre du programme de résidences NAFAS, La Kunsthalle et motoco accueillent Adrian Pepe, artiste résidant au Liban, au mois de mai 2022.

Adrian Pepe vit et travaille à Beyrouth, au Liban. Son travail autour de la fibre textile observe l’artisanat par le prisme socioculturel, esthétique, écologique et méthodologique. Il étudie les liens que nous tissons avec les objets au fil du temps. Son approche associe la culture, l’histoire et la performance avec l’art, la mode et le design intérieur.
Ses études l’ont conduit aux Etats-Unis, où il a successivement obtenu une licence en Beaux-Arts, un master en Design pour le développement durable (Savannah College of Art and Design), puis il a les ateliers de design de renommée internationale BDDW pour parfaire sa formation et produire des pièces de collection. Plus récemment, il a occupé le poste de directeur de la création pour Bokja Design, studio de design et d’artisanat textile à Beyrouth.
Dans sa pratique, en filigrane, il créé des objets et des expériences pour engager une réflexion sur la matérialité, sur nos paysages culturels en mutation et notre condition présente.

Projet lors de la résidence
The First Red | Une exploration de l’utilisation du pigment ocre sur des fibres brutes
L’ocre est un pigment naturel dérivé de la terre, qui produit une large palette de jaunes, de rouges et de bruns. Sa première utilisation remonte au paléolithique, il y a plus de 200 000 ans. Considéré comme le plus ancien pigment naturel connu, sa couleur a été observée dans l’art rupestre à travers le monde. L’ocre aurait également été utilisée dans la pratique de l’ornementation corporelle, dans la teinture des vêtements, on lui confère aussi des vertus en médecine et un pouvoir collant dans la fabrication d’outils. Son utilisation dans l’Antiquité est, pour l’artiste, l’expression en couleur de la nature évolutive de l’ingéniosité humaine.
L’ocre est le point de départ du projet The First Red : l’application de la couleur sur des fibres animales et végétales d’origine locale servira à la création de tapisseries à grande échelle. Les fibres brutes peuvent inclure la laine du mouton Awassi, la fibre de chanvre, entre autres. À travers le processus de teinture, de filage, de broderie manuelle et de feutrage, les fibres brutes sont transformées en artefacts matériels chargés de sueur, d’émotions, de mythologies et de symbolisme.

Co-financé par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et le ministère de la Culture, ce programme est mis en œuvre par un consortium de partenaires composé de l’Institut français de Paris (chef de file), de l’Association des Centres culturels de rencontre et de l’Institut français du Liban.
Il est réalisé avec le soutien du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), des collectivités territoriales (Régions Sud, Hauts-de-France, Centre-Val de Loire, Nouvelle-Aquitaine, ainsi que la Ville et la Métropole de Lyon), le comité français des Villes créatives de l’UNESCO (Villes d’Angoulême, Enghien-les-Bains, Limoges, Lyon, Metz), et en partenariat avec plus de cinquante structures hôtes.
Le programme NAFAS bénéficie du mécénat de GALOP (concessionnaire exclusif d’Hermès au Liban).


[Eng]
As part of the NAFAS residency program, La Kunsthalle and motoco welcome Adrian Pepe, artist in May 2022.

Adrian Pepe is a fiber artist residing in Beirut, Lebanon. His work focuses on craftsmanship from sociocultural, aesthetic, ecological and methodological perspectives. He studies the relational ties we form with objects over time. His integrated approach interweaves culture, history, and performance with art, fashion, and interiors. He graduated with a Bachelor of Fine Arts and a MA in Design for Sustainability from the Savannah College of Art and Design (SCAD) in the United States. He went on to join the internationally renown American craft studio BDDW where he trained and produced heirloom pieces. More recently, he acted as Creative Director for Bokja Design, a textile craft studio in Beirut. Simultaneously, he shared his trade in material textile practices as a professor for first year students at The Académie Libanaise des Beaux-Arts (ALBA). Throughout his work, he performs a sort of creative shadowgraphy, crafting objects and experiences as tools to enable an open discourse on materiality, our morphing cultural landscape, and present condition.

Project
The First Red | An exploration of the use of the pigment ‘ochre’ on raw fibers
Ochre is a naturally occurring pigment derived from the earth, giving tones of yellow, red and brown. The earliest use of ochre by ancient humans dates to Paleolithic times, over 200,000 years ago. It is considered the oldest known natural pigment used by humankind. The color has been seen in rock and cave art in various sites around the world. It is believed that ochre was also used in the practice of body adornment in the form of body paint and tattoos, clothes dye, and medicine – within the context of wound healing and as adhesive in tool making. The use of ochre in antiquity is a colorful expression of the evolving nature of human ingenuity.
Ochre will be the starting point for this project: applying the color to locally sourced animal and plant fibers for the creation of large scale tapestries. Raw fibers may include wool from the Awassi Sheep, hemp fiber, among others. Through the process of dyeing, spinning, hand-guided embroidery, and felting, the raw fibers are transformed into material artifacts laden with perspiration, emotions, mythologies, and symbolism.

 

Dans le cadre du programme de résidences croisées ALLER & ZURÜCK, La Kunsthalle et Motoco accueillent l’artiste allemande Klara Meinhardt à Mulhouse pour une période de quatre mois.

Klara Meinhardt (née en 1987) vit et travaille à Leipzig. Elle a obtenu son diplôme de Meisterschüler en arts média à l’Académie des arts visuels de Leipzig.
Klara Meinhardt a participé à des expositions nationales et internationales, dont la plus récente au Musée des Beaux-Arts de Leipzig.
Utilisant le cyanotype comme médium, Klara Meinhardt explore le contact entre l’image, la sculpture et la performance. Avec ses vêtements-images, qu’elle coud à partir de toiles exposées, elle remet en question les modèles de perception en fusionnant différents thèmes, comme l’histoire de l’art et la culture pop.
www.klarameinhardt.com

En partenariat avec les Instituts Goethe de Nancy et de Strasbourg et le Bureau des arts plastiques de l’Institut français d’Allemagne (Berlin), le programme de résidences AZ –  ALLER & ZURÜCK est soutenu par l’OFAJ – Office franco-allemand pour la Jeunesse, la DRAC Grand Est et le Centre français de Berlin.

© Aurélien Finance

Les Musées Mulhouse Sud Alsace accueillent Aurélien Finance en résidence-mission, dans le cadre d’une collaboration entre le Musée des Beaux-arts et La Kunsthalle de Mulhouse, le Musée du Papier Peint et l’Écomusée d’Alsace.

Aurélien Finance pendant 2 mois de résidence, interrogera le public sur certains clichés qui ont la vie dure comme l’idée que  les musées seraient « des lieux poussiéreux et trop élitistes ». Avec une pointe d’ironie, il décide de détourner et d’utiliser comme matière première la poussière collectée dans ces quatre  institutions afin de se jouer de ces a priori pour mieux les dépasser.

« L’art lave notre âme de la poussière du quotidien. » Pablo Picasso
Au fil des ans, mon intérêt pour la culture a pris un vrai sens, en prenant conscience de l’importance de connaître. C’est la poussière, un ennemi commun qui fait peur tout comme la culture probablement trop « élitiste » que je veux mettre en scène. Les clichés m’ont toujours amusé et ont nourri mon imaginaire, il est temps de les détourner et de les utiliser comme matière première, afin de sensibiliser le public à la culture et à la connaissance. Les musées seraient trop poussiéreux et ringards. Le résultat sera tout de même l’invention de la fête à la poussière. Aurélien Finance

Théâtralisé, le travail d’Aurélien Finance se construit autour d’histoires absurdes inventées, inspirées du réel, des mythes ou des contes. Qu’il s’agisse de performances dans lesquelles il se met en scène, ou bien de créations aux formes colorées, ses œuvres détournent l’univers textile par la déconstruction des codes traditionnels. Il pratique des savoir-faire ancestraux pour en expérimenter les limites dans une approche ludique emprunte d’humour et de poésie. La broderie, le crochet, le tricot l’intéresse pour leur aspect performatif, répétitif et cathartique. Ces créations deviennent alors des objets transitionnels desquels naissent des personnages imaginaires, des êtres organiques, des excroissances rescapées d’une mémoire oubliée… Sa dyslexique (désorientation de l’écriture ordonnée) s’affiche dans son travail comme un atout. Elle ouvre une pensée par l’image qui trouve son sens dans sa globalité. (Galerie Robet Dantec)

Biographie
Né en 1994, originaire de Mulhouse, Aurélien Finance est diplômé d’un DNSEP en 2018 à la HEAR, avec les félicitations du jury.
Après un Bac pro Métiers de la mode et du vêtement, il a intégré l’école préparatoire aux Beaux arts /Gérard Jacot à Belfort, sans cesser de s’intéresser au textile.
Cette matière a également été une piste de recherche pour son mémoire, Les contes de F.A,  à travers l’objet transitionnel qui aujourd’hui continue de nourrir son travail plastique.
L’artiste s’intéresse aux savoirs faire liés au textile, aux techniques d’art populaire qu’il a expérimentés tout au long de ses études, en les appréhendant comme un langage, une métaphore de l’être humain. Il explore également le patrimoine des savoirs faire, en lien avec la mémoire, avec lesquels il soulève différents questionnements de notre société.
Aurélien Finance est représenté par la Galerie Robet Dantec (Belfort).

La résidence bénéficie du soutien du Ministère de la Culture – DRAC Grand Est.

Vue de l'exposition 'Se suspendre aux lendemains' - Régionale 20 , 2019
Elise Alloin, 'Prendre position' (détail de l'installation, 2019
© La Kunsthalle - photo : Sébastien Bozon

Le projet de recherche artistique d’Elise Alloin prend appui sur une situation territoriale inédite en France : l’arrêt des réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim en février et juin 2020 jusqu’à son démantèlement dans les années à venir.
Alliant temps de recherche et de créations, le projet déployé sur 3 ans se situe sur le terrain de l’observation et du sensible, en double regard d’artiste et de chercheure. Il tisse des liens entre l’art et les différentes questions soulevées par la transition d’un territoire (incluant l’approche artistique dans un débat sociétal contemporain).
Document de présentation

Quatre axes de recherche, associés à des projets artistiques et à destination des publics, composent la démarche de l’artiste :

I. FONCTIONNEMENT D’UN ORGANISME

Appréhendée à la manière d’un organisme vivant, la centrale nucléaire est perçue comme l’articulation de mécanismes humains et matériels, voués à assurer le bon fonctionnement du site, et la sécurité de tous.
Chaque machine, chaque procédure, chaque agent, chaque geste codifié constitue un dispositif que l’artiste vient interroger.

 

II. PROCESSUS D’INTERACTION

Elise Alloin, "Prendre Position", détail, Cattenom, 2016

Une centrale est un lieu quasi inaccessible mais dont le dialogue avec le territoire est constant : l’eau du Rhin refroidit le réacteur, l’électricité produite part sur le réseau de distribution européen, le combustible y est livré et évacué par le train lorsqu’il est usagé, des centaines de personnes travaillent quotidiennement dans l’enceinte, d’autres mettent en place des protocoles de sécurité civile sur le territoire…
L’artiste, par son approche, met en lumière les modifications de ces flux, engendré par l’arrêt des réacteurs.

 

III. PERCEPTIONS INDIVIDUELLES
Elise Alloin, Carte postale, 2020 – invitation aux témoignages

Dans le bassin rhénan nombreux sont ceux qui ont une histoire singulière avec la centrale de Fessenheim. Sa fermeture marque un tournant majeur et génère un glissement de nos perceptions de ce lieu. L’enjeu n’est désormais plus fonctionnel mais patrimonial.
Par une approche empirique des paysages physiques et psychiques du territoire, l’artiste dresse peu à peu une cartographie émotionnelle du site.

 

IV. ENVIRONNEMENT NATUREL
Elise Alloin, Herbier entre Fessenheim - "Rêverie du promeneur solitaire, 7ème promenade", 2012-13

Une centrale s’inscrit dans un environnement naturel fait d’eau, de végétation, de géologie et de faune.
Elise Alloin analyse cet écosystème, qu’il soit compris dans l’enceinte de la centrale ou au dehors, dans la zone de servitude publique, dans laquelle l’intervention humaine est légiférée et où la faune et la flore se développent indépendamment.

 


En 2019, Elise Alloin a été accueillie au Centre de Recherche sur les Économies, les Sociétés, les Arts et les Techniques de l’Université de Haute-Alsace en qualité de chercheure associée. Elle participe au programme de recherche Post-atomic Lab porté par le Centre sur la transition post-nucléaire du territoire lié à la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim.
Parallèlement, elle devient artiste associée à La Kunsthalle qui l’accompagne sur le volet artistique de sa recherche. L’exposition Se suspendre aux lendemains, s’est présentée comme la première étape d’un projet au long cours.
Pendant plus d’un mois, l’artiste a été présente dans l’exposition et disposée à rencontrer les publics avec lesquels elle souhaitait partager durablement ses interrogations et ses pistes de réflexion au sujet de la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, pour mieux cerner les enjeux de l’événement, ses conséquences à court, moyen et long terme.

Pour le Petit Programme, en 2020, Elise Alloin invitait le public à entrer en correspondance avec elle en exprimant un souvenir, une émotion, une anecdote, une question, un vœu qui décrive votre lien personnel l’histoire de la centrale via une carte postale à télécharger.


Diplômée de la Haute école des arts du Rhin en 2013, Elise Alloin développe son œuvre plastique dans une dynamique de recherche par l’art.
Elise s’intéresse aux liens que nous entretenons avec la radioactivité : l’usage que nos sociétés en font construit nos paysages géographiques et mentaux, nos relations spatiales et nos circulations. Comment ce phénomène physique « invisible » modèle-t-il notre conscience des lieux, notre relation au temps, à la mémoire et à la transformation matérielle du vivant ?
Son travail s’exprime par la mise en place, dans l’espace proposé, d’éléments matériels et formels qui dessinent sa réflexion. Bien au-delà d’une démonstration, l’artiste agence les formes issues de ses recherches comme un dispositif d’expérience : une équation spatiale, posée physiquement comme une question, dont le corps du visiteur devient l’inconnue. C’est à lui de faire l’expérience du déplacement physique et mental. Sa pratique, transdisciplinaire, se construit sur le long terme, en collaborations soutenues avec des équipes de recherche : en physique nucléaire (CNRS-Institut Pluridisciplinaire Hubert Curien, Strasbourg), en sciences du vivant (Institut Océanographique de Sopot et Laboratoire de Biotechnologie Marine, Université de Gdansk, Pologne) et en sciences humaines (anthropologie contemporaine, Université de Stockholm, Suède).
Elle se nourrit également d’une riche expérience antérieure de terrain en archéologie et en conservation du patrimoine artistique.

 

La résidence de recherche, en partenariat avec le Centre de Recherche sur les Économies, les Sociétés, les Arts et les Techniques de l’Université de Haute-Alsace, est réalisée avec le soutien financier de la Région Grand Est et le soutien de la Fondation Daniel et Nina Carasso, sous l’égide de la Fondation de France.

        

            

                      

       

"Il était une faim", 2019 © Mélanie Boissié

Le vernissage de l’exposition Algotaylorism s’est poursuivi avec une performance culinaire de Mélanie Boissié.

Le projet panache des temps d’ateliers de création, menés par l’artiste en collaboration avec de jeunes mulhousiens, au sein d’ÉPICES et des temps de restitution à La Kunsthalle lors des vernissages.

Le domaine numérique et ses algorithmes bouleversent l’appréhension de notre alimentation.
En s’inspirant des paramètres algorithmiques – constantes, variables et structures – et en suivant un protocole d’expérimentations et de recherches autour de la nourriture, Mélanie Boissié questionnera l’acte fondamental de cuisiner lors d’ateliers au sein de l’association Épices et le résultat de leurs recherches seront à découvrir et tester lors des vernissages.

En partenariat avec l’association Épices. la résidence culinaire bénéficie du soutien de la Direction Régionale des Affaires Culturelles Grand Est.

Aurore Daunis - photo : Elfie Pahr

Les Musées Mulhouse Sud Alsace accueillent Aurore Daunis en résidence-mission, dans le cadre d’une collaboration entre le Musée des Beaux-arts et La Kunsthalle, centre d’art contemporain de Mulhouse, le Musée du Papier Peint et l’Écomusée d’Alsace qui invitent l’artiste à s’interroger sur les idées reçues des publics à propos des institutions culturelles.

Engagée dans la résidence de recherche Cliché, je m’intéresse à la façon dont les publics perçoivent leurs musées. Je vais à leur rencontre pour leur demander ce qu’ils pensent du lieu, s’ils s’y sentent à l’aise, ce qu’ils pensent des expositions, de l’art en général. J’expérimente avec eux la carte mentale et nous avançons par association d’idées. Pour cela, je mets en place une maquette de « vestiaire », pour inciter à s’alléger des idées reçues. Le projet consiste à collecter cette matière faite de mots, d’idées et de témoignages pour en proposer un panorama appliqué sur des paravents qui seront à terme visible dans chacun des musées partenaires de la résidence. Et si on laissait les clichés au vestiaire ? Vous n’êtes pas obligé de les reprendre en partant.
Aurore Daunis

Biographie

Après une formation en design industriel à Marseille, Aurore Daunis a poursuivi des études universitaires à Strasbourg pour finalement s’y installer en tant que designer indépendante. En traversant quelques territoires, elle a pu se nourrir et s’inspirer de savoir-faire locaux (la coutellerie à Thiers, la verrerie et la cristallerie en Alsace, le football à Saint-Étienne, le recyclage en Autriche, le bassin minier dans les Hauts-de-France, etc.) Arrivée à Mulhouse en décembre 2017, son activité se concentre toujours sur les appels à projets, à résidences et commandes. Elle consacre par ailleurs une petite partie de son temps à la création d’accessoires à partir de plastiques récupérés.

Qu’il soit question de carton, de bois, de verre ou de terre, que l’on s’adresse à un public jeune ou initié, à une salle de classe ou à un séminaire d’entrepreneurs, le design est avant tout une question d’attitude. Je travaille ainsi sur des projets en solo ou avec des groupes, et ma démarche s’inscrit habituellement dans un schéma méthodique d’analyse / recherche / développement, avec une préférence pour les études sur le terrain : visites de chantiers, d’ateliers, d’établissements, etc. Ainsi chaque projet se présente comme un nouveau défi à la matière, au temps et à l’espace dans mon univers de designer. AD

Tanja Boukal, 'Rewind:Industry', 2018

La Kunsthalle et les archives de Mulhouse accueillent Tanja Boukal, artiste autrichienne, pour trois mois non consécutifs en 2018, dédiés à une résidence de recherche et de production.

Le point de départ pour Tanja Boukal sont les archives de DMC et plus particulièrement le fonds documentaire de Thérèse Dillmont (1846-1890), brodeuse, écrivaine aristocrate autrichienne et designer pour le compte de l’entreprise.
A partir de l’Encyclopédie de l’aiguille (T. Dillmont, 1884), elle souhaite reproduire des échantillons, réaliser un travail photographique du site et collecter d’anciens clichés afin de mettre en scène les traditions, connaissances et compétences disparues des travailleurs. Cet oubli met en péril tout un savoir-faire.

La résidence se poursuit en 2019 et 2020 sous la forme de workshops publics  avec les projets Broder la Machine et Broder la Machine II

En 2020, à l’occasion de l’exposition Le monument, le labeur et l’hippocampe« , deux vidéos ont été réalisées autour des recherches de l’artiste à Mulhouse : Films avec Tanja Boukal.

Tanja Boukal s’intéresse aux gens et à la façon dont ils interagissent avec leur environnement et la société. À travers son travail, elle observe ce qu’ils sont capables de faire lorsqu’ils se trouvent dans des situations inhabituelles. Elle s’intéresse à leurs solutions, leurs stratégies, leur volonté d’atteindre leurs objectifs et leur joie de vivre. Par le biais de techniques artisanales – en partie traditionnelles – elle crée la rencontre avec les personnes et/ou les situations.
L’artisanat – connu depuis des milliers d’années comme l’art des hommes et des femmes ordinaires, représente pour elle la créativité humaine et la joie de vivre. Leur aspiration est de rester dans la mémoire, de créer quelque chose de significatif. Ces techniques l’aident à souligner l’importance des personnes représentées.
Pendant plusieurs mois de résidence à Mulhouse, Tanja Boukal s’est intéressée au fonds documentaire de DMC et au travail de Thérèse de Dillmont (1846-1890), brodeuse, aristocrate
autrichienne formée aux travaux d’aiguilles à l’Académie de broderie de Vienne, auteure de l’Encyclopédie des ouvrages de dames et designer pour DMC.

Projet à Mulhouse à découvrir ici : www.boukal.at