Aline Veillat, performance 'Teezeit im Schlaraffenland' (l’heure du thé au pays de cocagne), 2016

Résidence universitaire : 2017-2019  – La culture et  la mémoire du risque d’inondation en Alsace

Depuis 2011, La Kunsthalle Mulhouse et le Service Universitaire de l’Action Culturelle (SUAC) de l’Université de Haute-Alsace (UHA) sont engagés dans un programme de résidence d’artistes en milieu universitaire. La résidence est fondée sur un principe de coopération et de collaboration. Elle a pour objet de croiser les champs de l’art et de la recherche universitaire par le biais de rencontres entre des artistes, des enseignants/chercheurs et des étudiants. L’un de ses principaux objectifs est le partage des compétences et la rencontre des parties.
Ces résidences s’adressent à des artistes pour lesquels la notion de recherche et de documentation est au cœur de la démarche.
Suite à un appel à candidature Aline Veillat a été sélectionnée par un jury d’experts de l’université et du monde de l’art.

Aline Veillat, artiste chercheur indépendante

Titre de travail : Main dans la main, les pieds dans l’eau

 » Pour ce projet, autour de la culture du risque inondation, j’aborde la question en considérant les cours d’eau du territoire et le massif des Vosges comme des non-humains, des agents « naturels » avec qui il faut composer et « entrer en relation ». Ces acteurs ont des capacités de transformation évolutives et régulatrices de l’écosystème, centrales pour la bio diversité. Ce sont des transformateurs de paysages, tout comme l’humain, mais aussi avec l’humain. Car le risque d’inondation est certes toujours lié à des facteurs « naturels », mais aussi à des facteurs venant de la forte anthropisation du territoire. C’est une conjonction de facteur où, comme le dirait Ludovic Coupaye (2013), « se combinent diverses actions, réalisées par une multiplicité d’agents – la participation des agents humains se coordonne avec celle des agents non-humains. »
Par cette approche, je propose de questionner nos capacités à aimer et à comprendre l’essence même d’un cours d’eau afin de cultiver notre capacité à « travailler » et à « vivre » main dans la main avec ce non-humain. »

Méthode:
« Ma démarche artistique s’amorce toujours par une recherche interdisciplinaire. Mon approche est holistique, avec une méthodologie que l’on pourrait qualifier de « bottom up », sans hiérarchie des savoirs. Par une lecture oblique et des rapprochements inattendus de savoirs, je modèle des « catalyseurs d’imaginaire » qui serviront à ma propre pratique, mais aussi à favoriser des échanges entre disciplines.
De manière général dans mon travail, j’aime interroger le naturel versus l’artificiel, les relations contingentes humain/non-humain, et la place et les qualités de ce non-humain. De plus, les questions de paysage et de territoire (au sens de l’art) sous-tendent la plupart de mes projets. »

Aline Veillat est née à l’Ile de la Réunion et a grandi au Maroc. Depuis quelques années elle vit et travaille comme artiste chercheur indépendante à Bâle en Suisse. Elle participe actuellement à différents projets de recherche particuliers : Transrisk sur la culture des risques inondation avec l’Université de Haute Alsace et la Kunsthalle Mulhouse ; Eco-Data sur les impacts anthropiques et du changement de climat sur une forêt alpine avec l’institut des pratiques esthétiques de la FHNW et le laboratoire WSL de l’ETHZ ; et sur un projet sur le sol envisagé comme un organisme vivant, projet développé en tant que chercheur associé à l’IMéRA en collaboration avec l’IMBE de l’Université d’Aix-Marseille. Elle est titulaire d’un Doctorat en Esthétique, sciences et technologies des arts de l’Université Paris 8 et d’un post diplôme en art et média numériques de l’Ecole cantonale d’art de Lausanne. Son travail artistique a été exposé internationalement, notamment en de nombreux pays d’Europe, en Chine, aux USA et à Puerto-Rico.
www.alineveillat.com