PRESENTATION GENERALE

La Kunsthalle est le centre d’art contemporain de la Ville de Mulhouse.

Installée à la Fonderie, bâtiment qu’elle partage avec l’Université de Haute-Alsace, La Kunsthalle présente des expositions et des rendez-vous fondés sur un intérêt pour la recherche et la production d’œuvres.

Chaque année un principe d’accueil en résidence est ouvert à un commissaire associé ainsi qu’à des artistes invités dans le cadre de programmes d’échanges et de recherches.

Grâce à sa programmation et son engagement, La Kunsthalle s’inscrit dans un réseau d’art contemporain qui la rapproche des centres d’art de la région frontalière et au-delà.

LES EXPOSITIONS

Dans un espace de 700m², La Kunsthalle accueille ou produit des expositions temporaires consacrées à la création contemporaine. Les expositions explorent la scène artistique à travers des invitations monographiques ou thématiques.

Par le biais de sa programmation, La Kunsthalle soutient la création et la diffusion artistique.

Au cours d’une saison culturelle, La Kunsthalle s’inscrit dans des temps forts comme la Régionale, événement transfrontalier régional ; elle associe également les jeunes diplômés de la Haute école des arts du Rhin à participer à l’un de ses projets.

LES RESIDENCES

En accueillant des artistes et des commissaires d’exposition en résidence, La Kunsthalle s’affirme comme un lieu de production d’œuvres et de réflexion sur l’art.

Résidence AIR Nord Est : en partenariat avec plusieurs institutions artistiques représentatives des régions du Grand Est de la France. Ce programme favorise l’échange interrégional d’artistes.

Résidence universitaire : en partenariat avec l’Université de Haute-Alsace. Un artiste est accueilli durant deux mois sur un projet de recherche. L’artiste est appelé à développer un projet qui tient compte des disciplines et secteurs de recherche enseignés à l’université mulhousienne.

Résidence de commissariat : le temps d’une saison culturelle, un commissaire d’exposition est associé à la programmation des expositions de La Kunsthalle. Sa collaboration et son inscription dans la ville passent par une présence régulière à Mulhouse, pendant laquelle il construit et met en œuvre un projet artistique.

Résidence Atelier Mondial: La Kunsthalle est partenaire de ce programme international d’échanges et de résidences réservé aux artistes du Rhin Supérieur. L’Atelier Mondial attribue des bourses de voyage et/ou de recherche de 3 à 6 mois vers une vingtaine de destinations dans le monde.

LES WORKSHOPS

A travers des ateliers-workshops qui mettent en relation un artiste et un groupe de travail, La Kunsthalle développe avec son public une démarche active et créative. Inscrits dans la durée et dans une démarche de partenariat avec différents acteurs locaux, ces ateliers-workshops permettent généralement la production d’une œuvre qui trouve sa place à La Kunsthalle.

LA FONDERIE

La Kunsthalle occupe 700 m² dans l’ancienne fonderie mécanique de la SACM (Société Alsacienne de Construction Mécanique). Un bâtiment achevé en 1924 qui signale la persistance d’une aventure industrielle qui a fortement marqué l’histoire mulhousienne et qui puise ses origines dans la première partie du XIXe siècle.
Aujourd’hui, la Fonderie amorce une nouvelle vie et regroupe plusieurs entités : la Faculté des sciences économiques, sociales et juridiques (FSESJ), la Bibliothèque de l’Université et de la Société Industrielle (BUSIM), la section économique et sociale du Service Commun de Documentation de l’Université de Haute-Alsace, un restaurant universitaire, le Centre de Recherche sur les Economies, les Sociétés, les Arts et les Techniques (CREAT), les Archives municipales et de l’Agglomération mulhousienne et la Kunsthalle Mulhouse, centre d’art contemporain et ses ateliers pédagogiques d’initiation artistique.

LA SAGA DE LA SACM

La « Fonderie » (d’Giesserei, en dialecte mulhousien), est à la fois l’entreprise dans sa désignation globale et un bâtiment industriel servant de fonderie, dans son aspect fonctionnel.
Telle qu’elle se présente aujourd’hui, la Fonderie s’affirme comme la résultante d’une histoire industrielle, sociale, politique, humaine qui a débuté en 1826, lorsque André Koechlin crée sur ce site la première usine « André Koechlin et Cie » qui deviendra Société alsacienne de Constructions mécaniques en 1872.
A la fin du XXe siècle l’histoire de Mulhouse a été marquée par l’effondrement de son industrie, y compris de ce « symbole » que constituait la SACM.
A présent, la SACM est entrée dans l’Histoire et comme le note Marie-Claire Vitoux dans le livre SACM : quelle belle histoire : « L’entreprise s’est inscrite dans un territoire à plusieurs échelles. Se créant sur elle-même, elle n’a cessé de bâtir, rebâtir, surbâtir son espace usinier(…). Cette mémoire ne surgit que lorsque l’histoire est finie, le devoir de mémoire ne s’impose que lorsque la fin a eu lieu, surtout quand elle fut vécue douloureusement. Rien ne sert de minimiser ou de relativiser la tristesse et l’angoisse nées de la destruction quasi complète du site industriel et des logements ouvriers ».

UN BATIMENT EMBLEMATIQUE

La grande nef qui mesure 100 mètres de long, 42 mètres de large et 15 mètres de haut a été conçue par l’architecte Paul Marozeau en 1922, marquant à cette époque la volonté de la SACM de relancer fortement ses activités au sortir de la Grande Guerre (1914-1918) et voulant s’inscrire avec cette nouvelle fonderie mécanisée dans le concept d’ « usine moderne ». Ce caractère novateur et ambitieux justifie en partie l’impérieuse nécessité qu’il y a eu à sauvegarder cet élément de patrimoine.
Utilisée en tant que telle jusqu’en 1961 le bâtiment a heureusement échappé à la destruction qui lui était promise au seuil des années 1990.
La détermination des défenseurs du patrimoine soutenus par le journal régional de Mulhouse, L’Alsace ont permis de sauver le bâtiment de la logique de destruction qui depuis les années 70 avait fortement entaché le devoir de mémoire à Mulhouse. La Fonderie s’inscrit donc comme l’affirmation qu’on ne peut pas faire table rase du passé mais aussi, comme la volonté de s’appuyer sur l’histoire et le passé pour imaginer l’avenir.

LES GRANDES DATES D’UNE HISTOIRE

→     1826 : création de la société « André Koechlin et Cie » qui fabrique des métiers à tisser, des machines à vapeurs, des ponts tournants… et des locomotives.
→     1840-1870 : les années « locomotives » qui assurent à la firme un développement exceptionnel en France et à l’étranger. En 1864, AKC fête la construction de sa 1 000e locomotive.
→     1872 : constitution de la Société Alsacienne de Constructions Mécaniques (SACM).
→     1903 : l’usine se lance dans la fabrication de machines rotatives pour l’imprimerie et de machines utilisant la photogravure pour la reproduction des illustrations.
→     1913 : les deux sociétés scindées, ELMAG à Mulhouse, SACM à Belfort. L’une en Allemagne, l’autre en France… durant la Grande Guerre, les usines ont travaillé.
→     1923 : la Fonderie emploie à Mulhouse 5 469 salariés (4 940 ouvriers et 529 employés) mais le groupe compte 16 000 salariés et 8 usines.
→     1924 : la nouvelle fonderie mécanisée construite par l’architecte Marozeau est opérationnelle.
→     1926 : centenaire de l’activité : la société a fabriqué 1 528 machines à vapeur, 3 200 chaudières, 89 000 métiers à tisser (depuis 1928), 150 000 machines de filature de coton, 1 150 machines à imprimer sur étoffes, 42 000 machines de filature de laine, 7 500 locomotives à vapeur et 5 000 tenders (depuis 1839), 22 000 machines outils, 170 moteurs à gaz…
→     Durant la Seconde guerre mondiale, la SACM « nazifiée » est affiliée à la société allemande Krupp.
→     1950 : fabrication de machines textiles, la SACM assure 50 % de la production française.
→     1952 : ouverture au nucléaire avec ALSTHOM et les programmes de l’Etat français.
→     1959 : création d’une école d’apprentissage interne.
→     Avril 1982 : société scindée en deux composantes : la filiale textile (SACM –T) et la filiale diesel (SACM-M).
→     30 octobre 1984 : dépôt de bilan de la SACM –T et mise en règlement judiciaire. Plan de sauvetage, mais 750 licenciements.
→     1986 : fermeture de l’activité textile de la SACM. Le 11 août, le tribunal de commerce prononce la liquidation des biens et la poursuite de l’activité jusqu’au 31 octobre. Les 319 derniers salariés sont licenciés. Il ne reste plus que l’activité diesel et ses moteurs (pour le char Leclerc notamment).
→     Depuis 1974, la SACM a perdu 3400 emplois et son chiffre d’affaires à été divisé par quatre.
→     1991 : mise en place de zone d’aménagement concerté « fonderie », 60 000 m² de bâtiments anciens sont rasés. « La Ville souhaite que soit trouvée une solution permettant de maintenir le bâtiment de l’ancienne fonderie ».
→     1993-1997 : La Fonderie est réaffectée à des entreprises d’insertion par la récupération de vieux textiles, ce jusqu’en 1999 où le bâtiment revient en friche, exposé aux squatteurs, tags et dégradations.
→     Décision d’installer l’université dans l’ancienne Fonderie Marozeau. On bascule d’un projet devant trouver son financement chez des investisseurs privés à un projet d’utilisation d’un équipement public, financé par des fonds publics, inscrit dans le Contrat de plan Etat-Région.
→     Février 2002 : désignation de l’équipe victorieuse du concours d’architectes ; l’équipe Mongiello et Plisson, associée au cabinet mulhousien Emergence.
→     Mars 2003 : 90 emplois supprimés, l’usine mulhousienne passe sous les 500 salariés.
→     Janvier 2005 : Mitsubishi Equipment Alsace reprend 70 salariés de Wärtsilä.
→     6 septembre 2007 : inauguration de la nouvelle Fonderie par Nicolas Sarkozy, président de la République.
→     Printemps 2009 : inauguration de La Kunsthalle Mulhouse.