Pusha Petrov, NEMAPARA, 2020
Vidéo en trois parties (Citći, Pišćir et Néma para na palucenska muma), durée totale 26’21
Camera : Rafael Vasilcin. Remerciements : Petrov Petronela, Rafael Vasilcin, Emil Madosa.

Pusha Petrov, Ćitći, 2020
Photographie couleur, 15 x 20 cm
Objet prêté gracieusement par le collectionneur Emil Madosa

« Pour le geste défaire je me suis arrêtée sur le plus petit accessoire de costume, le Ćitći qui accompagne le Pišćir est qui se porte à l’extrémité de l’arcade sourcilière. Il a le rôle d’une broche et représente le dernier accessoire ajouté à une jeune femme mariée. »


Pusha Petrov, Pišćir, 2020
Photographie couleur, 100 x 100 cm

« Pour la reconstruction, ce sont les mains de ma mère qui présentent la fabrication d’un Pišćir. Ses gestes filmés sont la passation d’une tradition. »


Pusha Pétrov, Néma para na palucenska muma / Aucune n’égale une mariée bulgare / The beauty of a Bulgarian bride goes unriaveled, 2020
Photographie couleur, 100 x 150 cm

« La vidéo revisite le principe de création des tresses perlées qui prolongent les cheveux des jeunes filles. Le titre, fait référence à une des chansons populaires les plus connues dans la communauté. Elle raconte la beauté féminine universelle. J’apprends ici le geste banal d’enfiler des perles sur un fil noir en vue de la réalisation de la pièce. »

Le village de Dudestii-Vechi est le foyer d’une petite communauté connue sous le nom de Palcene ou Bulgares du Banat en Roumanie. L’identité de ce groupe, forgée dans la tradition et la religion, est imprégnée d’un grand sens communautaire, qui a marqué leur costume traditionnel féminin. Ces costumes, riches de détails et longuement préparés, sont conçus selon une tradition qui témoigne de la fierté. En résulte une image riche d’identité et prête pour la fête.
Composé d’éléments minutieusement brodés et tissés à la main, avec des insertions de fil d’or, le costume féminin traditionnel est fabriqué intégralement par les femmes de la famille. Il représente une dote ou un héritage transmis de génération en génération. Son histoire est de presque un siècle et demi, il est créé habituellement pendant l’hiver, dans des conditions de faible lumière naturelle, il suscite un véritable effort générationnel.
Habillées par leurs proches, selon un protocole très précis, les femmes revêtent ce costume particulièrement important lors de différentes célébrations, notamment quand il est porté par la marraine dans une fête de mariage.
Dans le costume, le Pišćir est un accessoire particulier rajouté sur la tête. Fait de métal et de carton, la pièce a un statut sculptural qui fige la personne qui le porte et lui apporte une certaine dignité. Le costume devient une armure, d’apparence colorée et brillante, mais assez lourde à porter pour le corps et la tête.
Pour le Petit programme, Pusha Petrov propose 3 vidéos d’initiation autour du Pišćir (le chapeau), du Ćitći (l’agrafe) et des Manišćen plitći (les tresses de perles). Les trois accessoires génèrent des gestes particuliers : défaire, reconstruire et tresser des perles sur des fils. Exercices familiaux, ces trois temps de préparation filmés sont aussi la transmission d’un savoir-faire.

 

Pusha Petrov est née en 1984, elle vit et travaille à Timisoara en Roumanie.
Elle fait partie de la toute nouvelle génération d’artistes contemporains roumains. À travers ses photographies et ses installations, l’artiste cherche à guider le spectateur vers une identité cachée des objets personnels. Elle observe l’intimité des gens en se concentrant sur les détails de la vie quotidienne et les attitudes spécifiques qui préservent la singularité de chacun. En photographiant des objets ou des espaces habités, elle montre symboliquement le contexte ordinaire des gens, offrant une lecture sociologique et esthétique des modes de vie.

Le Petit Programme réunit 12 artistes familiers et partenaires fidèles de la programmation du centre d’art. Ce projet inédit et inhabituel leur consacre tour à tour une semaine de carte blanche pendant laquelle ils proposent chacun trois œuvres.
Le Petit Programme est également présenté dans l’espace d’exposition de La Kunsthalle Mulhouse, tel un projet en construction alimenté au fur et à mesure des semaines.