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Jessica Arseneau, "Deflection", 2020 | Vidéo, 11'50 - série "The Screen Under My Eyelids". Image fixe tirée de la vidéo

Dans le cadre du programme de résidences croisées ALLER & ZURÜCK, La Kunsthalle et Motoco accueillent l’artiste Jessica Arseneau à Mulhouse pour une période de quatre mois.

Jessica Arseneau travaille principalement la vidéo, la photographie, le texte et le son pour créer des installations dont l’atmosphère fait allusion à un espace poétique entre la conscience et l’inconscient. Ses œuvres entrelacent les imaginaires du futur, les mythologies et la façon dont la subjectivité humaine est transformée par le progrès technique.
D’origine acadienne, Jessica Arseneau est basée à Berlin et a Tilley Road (Canada). Elle a obtenu un baccalauréat en arts visuels à l’Université de Moncton en 2011 et un diplôme en arts médiatiques à l’Académie des beaux-arts de Leipzig en 2020, tous deux avec distinction.
Son travail a été présenté aux Rencontres internationales Paris/Berlin, à Bandung Photography Triennale, Bandung, au Festival international du cinéma francophone en Acadie, Moncton, à la Friche la Belle de Mai, Marseille, à Traverse Vidéo, Toulouse, à D21 Kunstraum, Leipzig et à la Fonderie Darling, Montréal.

À Mulhouse, Jessica Arseneau se penche sur la notion de « always-on » en tant que temporalité pour développer une installation où les divers éléments forment un espace fictif. En plus de la vidéo, elle travaille avec la programmation de lumières automatisées comme une simulation d’éclairages naturels. Les thèmes tels que l’illusion de la permanence et l’épuisement seront explorés.

En partenariat avec les Instituts Goethe de Nancy et de Strasbourg et le Bureau des arts plastiques de l’Institut français d’Allemagne (Berlin), le programme de résidences AZ –  ALLER & ZURÜCK est soutenu par l’OFAJ – Office franco-allemand pour la Jeunesse, la DRAC Grand Est et le Centre français de Berlin.

Nicolas Tardy par Meriol Lehmann

Auteur associé en 2022, Nicolas Tardy est invité à s’immerger dans l’univers des trois expositions annuelles et composer librement autour des œuvres selon son langage spécifique.

Écrivain né en 1970, vit à Marseille.
Après des études en art et multimédia, Nicolas Tardy se consacre uniquement à l’écriture poétique. Celle-ci trouve sa source dans une pratique du montage qui constitue l’écriture et lui permet d’intégrer des sources diverses, écrites directement ou prélevées, considérées sans hiérarchie.
La question de la représentation — notamment via l’ekphrasis, la poésie documentaire et la novélisation — est au cœur de son travail. Il se prête régulièrement à des lectures publiques et collabore volontiers avec des artistes et des musiciens.
Par ailleurs, il partage son temps entre l’animation d’ateliers d’écriture, des workshops en écoles d’art, de l’enseignement en écriture numérique.
Il codirige, avec Caroline Scherb les éditions Contre-mur qui publient de la poésie sous forme de livres numériques. Il est également co-fondateur de Calopsitte, association d’actions culturelles basée à Marseille, ayant pour objet de travailler la langue par le biais de l’oral et/ou de l’écrit grâce aux apports du numérique et d’explorer les possibilités du numérique en lien avec la littérature.

Sélection de publications :

  • Localisation Londres, livre, éditions Lanskine, 2022
  • Dans l’architecture, livre écrit à quatre mains avec Chantal Neveu (Qc), éditions Rhizome, Québec, 2022 (à paraître)
  • Vampirisation, livre numérique en collaboration avec Arnaud Mirland (composition, musique, chant), La Marelle, Marseille, 2021.
  • L’image contient peut-être, participation au projet Acoustic Cameras (www.acousticcameras.org), 2021.
  • Monde de seconde main, livre, Éditions de l’Attente, Bordeaux, 2019.
  • Centons dans le n°175 de la revue Estuaire « Internet », Québec, 2018.
  • Gravitations autour d’un double soleil, livre, éditions série discrete, Bordeaux, 2018.
  • Les à-côtés, dans le n°16 « Anecdotes et faits divers » de la revue Espace(s), éditée par l’Observatoire de l’Espace du Centre National d’Etudes Spatiales, Paris, 2018.
  • Esprits de l’eau, d’apres Kachina 1, Kachina 11, Kachina 12 de Ettore Sottsass dans le catalogue Une maison de verre – le Cirva, Centre international de recherche sur le verre et les arts plastiques, Éditions Parentheses, Marseille 2017
Vue de l'exposition 'Se suspendre aux lendemains' - Régionale 20 , 2019
Elise Alloin, 'Prendre position' (détail de l'installation, 2019
© La Kunsthalle - photo : Sébastien Bozon

Le projet de recherche artistique d’Elise Alloin prend appui sur une situation territoriale inédite en France : l’arrêt des réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim en février et juin 2020 jusqu’à son démantèlement dans les années à venir.
Alliant temps de recherche et de créations, le projet déployé sur 3 ans se situe sur le terrain de l’observation et du sensible, en double regard d’artiste et de chercheure. Il tisse des liens entre l’art et les différentes questions soulevées par la transition d’un territoire (incluant l’approche artistique dans un débat sociétal contemporain).
Document de présentation

Quatre axes de recherche, associés à des projets artistiques et à destination des publics, composent la démarche de l’artiste :

I. FONCTIONNEMENT D’UN ORGANISME

Appréhendée à la manière d’un organisme vivant, la centrale nucléaire est perçue comme l’articulation de mécanismes humains et matériels, voués à assurer le bon fonctionnement du site, et la sécurité de tous.
Chaque machine, chaque procédure, chaque agent, chaque geste codifié constitue un dispositif que l’artiste vient interroger.

 

II. PROCESSUS D’INTERACTION

Elise Alloin, "Prendre Position", détail, Cattenom, 2016

Une centrale est un lieu quasi inaccessible mais dont le dialogue avec le territoire est constant : l’eau du Rhin refroidit le réacteur, l’électricité produite part sur le réseau de distribution européen, le combustible y est livré et évacué par le train lorsqu’il est usagé, des centaines de personnes travaillent quotidiennement dans l’enceinte, d’autres mettent en place des protocoles de sécurité civile sur le territoire…
L’artiste, par son approche, met en lumière les modifications de ces flux, engendré par l’arrêt des réacteurs.

 

III. PERCEPTIONS INDIVIDUELLES
Elise Alloin, Carte postale, 2020 – invitation aux témoignages

Dans le bassin rhénan nombreux sont ceux qui ont une histoire singulière avec la centrale de Fessenheim. Sa fermeture marque un tournant majeur et génère un glissement de nos perceptions de ce lieu. L’enjeu n’est désormais plus fonctionnel mais patrimonial.
Par une approche empirique des paysages physiques et psychiques du territoire, l’artiste dresse peu à peu une cartographie émotionnelle du site.

 

IV. ENVIRONNEMENT NATUREL
Elise Alloin, Herbier entre Fessenheim - "Rêverie du promeneur solitaire, 7ème promenade", 2012-13

Une centrale s’inscrit dans un environnement naturel fait d’eau, de végétation, de géologie et de faune.
Elise Alloin analyse cet écosystème, qu’il soit compris dans l’enceinte de la centrale ou au dehors, dans la zone de servitude publique, dans laquelle l’intervention humaine est légiférée et où la faune et la flore se développent indépendamment.

 


En 2019, Elise Alloin a été accueillie au Centre de Recherche sur les Économies, les Sociétés, les Arts et les Techniques de l’Université de Haute-Alsace en qualité de chercheure associée. Elle participe au programme de recherche Post-atomic Lab porté par le Centre sur la transition post-nucléaire du territoire lié à la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim.
Parallèlement, elle devient artiste associée à La Kunsthalle qui l’accompagne sur le volet artistique de sa recherche. L’exposition Se suspendre aux lendemains, s’est présentée comme la première étape d’un projet au long cours.
Pendant plus d’un mois, l’artiste a été présente dans l’exposition et disposée à rencontrer les publics avec lesquels elle souhaitait partager durablement ses interrogations et ses pistes de réflexion au sujet de la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, pour mieux cerner les enjeux de l’événement, ses conséquences à court, moyen et long terme.

Pour le Petit Programme, en 2020, Elise Alloin invitait le public à entrer en correspondance avec elle en exprimant un souvenir, une émotion, une anecdote, une question, un vœu qui décrive votre lien personnel l’histoire de la centrale via une carte postale à télécharger.


Diplômée de la Haute école des arts du Rhin en 2013, Elise Alloin développe son œuvre plastique dans une dynamique de recherche par l’art.
Elise s’intéresse aux liens que nous entretenons avec la radioactivité : l’usage que nos sociétés en font construit nos paysages géographiques et mentaux, nos relations spatiales et nos circulations. Comment ce phénomène physique « invisible » modèle-t-il notre conscience des lieux, notre relation au temps, à la mémoire et à la transformation matérielle du vivant ?
Son travail s’exprime par la mise en place, dans l’espace proposé, d’éléments matériels et formels qui dessinent sa réflexion. Bien au-delà d’une démonstration, l’artiste agence les formes issues de ses recherches comme un dispositif d’expérience : une équation spatiale, posée physiquement comme une question, dont le corps du visiteur devient l’inconnue. C’est à lui de faire l’expérience du déplacement physique et mental. Sa pratique, transdisciplinaire, se construit sur le long terme, en collaborations soutenues avec des équipes de recherche : en physique nucléaire (CNRS-Institut Pluridisciplinaire Hubert Curien, Strasbourg), en sciences du vivant (Institut Océanographique de Sopot et Laboratoire de Biotechnologie Marine, Université de Gdansk, Pologne) et en sciences humaines (anthropologie contemporaine, Université de Stockholm, Suède).
Elle se nourrit également d’une riche expérience antérieure de terrain en archéologie et en conservation du patrimoine artistique.

 

La résidence de recherche, en partenariat avec le Centre de Recherche sur les Économies, les Sociétés, les Arts et les Techniques de l’Université de Haute-Alsace, est réalisée avec le soutien financier de la Région Grand Est et le soutien de la Fondation Daniel et Nina Carasso, sous l’égide de la Fondation de France.