Daniel Firman en fait son objet de recherche et Gathering est la trace d'une de ses expériences. L'art de l'assemblage, très présent dans la sculpture
contemporaine, permet aussi de poser plastiquement les conditions d'équilibre. Dans un jeu de dualité Kayak grillé Jean-Michel Sanejouand réunit un
kayak et un rouleau de grillage, tandis que Reiner Ruthenbeck dans Tuch mit Spannrahmen imbrique tissu et métal et confronte le carrée au rond. Ce jeu
d'assemblages des matériaux et des formes convoque leurs caractéristiques afin de les fragiliser et d'en extraire leurs relativités.
Parallèlement, d'autres artistes s'intéressent à définir ou redéfinir des territoires ou encore à questionner leur identité.
David Renaud avec Mêgo Aroug, abyssinie représente un territoire inconnu de son public mais qui le temps d'une oeuvre attire tous les regards. Par un processus
qui à la fois complexifie et simplifie la lecture topographie d'un site, il déplace nos intérêts vers une région du monde que lui seul érige à travers son oeuvre.
Federico Guzman, par un principe de déplacements, de voyages et de rencontres, redessine une cartographie mondiale faite de focus et d'humanité. Claire Willemann
avec le Puits introduit une dimension temporelle dans cette même étude du territoire. Son travail fait de perturbations spatiales invite à l'observation.
Joe Scanlan, et sa Flexible Hifi, déplace la problématique du territoire dans le champ de l'industrie et à travers son intérêt pour le design, définit un
espace qui ne serait plus soumis aux normes imposées, de son avis, non démocratiques. Pascal Auer enfin invente un autre territoire, virtuel et fictif,
celui de son label Parasite Rec. Il développe un projet ancré dans aucune réalité géographique et qui existe selon un organigramme et une logique propre.
La définition de nouveaux espaces ne s'entend pas sans qu'il soit question d'une quête d'identité. Jimmie Durham, indien américain, se dit aujourd'hui
nomade et citoyen du monde